×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Finances publiques
Le Budget retrouve la forme olympique

Par L'Economiste | Edition N°:1532 Le 04/06/2003 | Partager

. Deux raisons: Des produits de la privatisation et une campagne agricole qui présage une très bonne année fiscale . Reste un gros effort de réduction et de rationalisation des dépenses publiques!La rentrée d'argent de la privatisation de la Régie des Tabacs est une bouffée d'oxygène au Budget de l'Etat, qui doit faire face aux promesses financières des accords du dialogue social, la principale étant l'augmentation des salaires des fonctionnaires concédée il y a trois ans par le précédent gouvernement. A cela s'ajoute aussi le poids de la récente revalorisation des agents des services de sécurité. Même si la revalorisation du traitement des agents de l'Etat se traduit par une dépense récurrente et qu'une partie sera affectée à l'investissement, le produit de cession du monopole public des cigarettes, la deuxième en importance après la vente des 35% de Maroc Telecom, impactera à court terme sur les indicateurs des finances publiques. Ce n'est pas la moindre des bonnes nouvelles pour le ministre des Finances qui en est à 2 milliards de dirhams au-dessus des prévisions de recettes exceptionnelles émanant de la privatisation. S'il arrive à contenir la hausse des dépenses publiques, notamment le train de vie des administrations (ce qui n'est pas acquis d'avance), Fathallah Oualalou n'aura pas a priori à redouter de s'écarter de ses projections initiales du trou du Budget de l'Etat fixé à 3% du PIB pour l'exercice en cours. Excepté l'argent rapporté par la vente de la Régie des Tabacs, tout semble réuni en effet pour que le déficit budgétaire passe cette année en dessous du seuil maastrischien, les fameux 3%. Ce niveau, considéré comme un «bon cholestérol» par les économistes de la Banque centrale européenne, n'est pas nuisible à l'équilibre macroéconomique. Comme il y a un seuil de cholestérol nécessaire au corps humain, il existe également un niveau de déficit tolérable, donc, sans dommages pour l'économie. Au-delà de 3% du PIB, le trou du Budget de l'Etat devient mauvais comme l'est pour l'homme, un taux de cholestérol élevé.Autant le ministre des Finances insiste sur l'objectif de croissance des recettes fiscales (le chiffre d'affaires du Fisc), autant il est moins loquace sur celui de la réduction de la dépense publique. Or, l'un ne va pas sans l'autre. C'est de l'effort de contraction des dépenses de l'Etat et de réduction du train de vie des administrations que viendront entre autres, les ressources supplémentaires nécessaires au financement des énormes besoins sociaux. La très bonne campagne céréalière annoncée (80 millions de quintaux de blé) constitue un formidable levier d'élargissement de l'assiette imposable et donc, de recettes fiscales supplémentaires pour le Trésor public via la TVA surtout. Le bilan du premier trimestre semble augurer un exercice fiscal aussi meilleur que l'an passé, qui s'était achevé avec un excédent de 2 milliards de dirhams par rapport aux prévisions.Au cours du premier trimestre, les recettes fiscales ont enregistré une hausse de 13,6 points en pourcentage grâce à d'excellentes rentrées de l'IS et de l'IGR, qui font un bond de près de 21% par comparaison à la même période de l'année dernière. La forte augmentation du «chiffre d'affaires» (c'est le nouveau jargon utilisé par les experts de la direction générale des Impôts) émanant de l'IGR s'explique en partie par l'effet des augmentations des salaires dans la Fonction publique. Une deuxième explication de l'élargissement de l'assiette de cet impôt tient à la dynamique observée sur le marché de l'emploi l'année dernière. Selon les données de la direction de la Statistique, il s'est créé en 2002 un peu plus de 110.000 emplois, soit autant des bulletins de paie sur lesquels s'applique la retenue de l'IGR. La performance de l'IS s'inscrit elle dans la continuité de l'exercice fiscal précédent. L'année 2002 ayant été dans l'ensemble un excellent millésime, les grands contributeurs classiques ont dû signer des gros chèques au titre du premier acompte de l'impôt exigible en 2003. Il y a aussi dans ce chiffre, l'effet des régularisations opérées par les entreprises. Depuis la réforme instituant le système du prépaiement de l'IS au début des années 90, l'acompte est déterminé sur la base du résultat de l'exercice antérieur et en fonction du résultat réel en fin d'exercice, le contribuable peut procéder à une régularisation à la hausse ou à la baisse, selon le cas.Pour sa part, le produit rapporté par la TVA progresse de 13% par rapport au premier trimestre de l'an passé. C'est une conséquence du profil de la croissance du PIB marocain qui dépend pour l'essentiel, de la consommation privée. Toutes choses étant égales par ailleurs, une croissance tirée par la consommation des ménages est bien plus «riche» en recettes fiscales (impôts sur la consommation) qu'une croissance tributaire des exportations ou de l'investissement productif qui, la plupart du temps, bénéficie d'un régime dérogatoire en matière de TVA. Dans le cas de l'économie marocaine, la dynamique de la consommation varie selon les résultats de la campagne agricole. Une bonne année agricole signifie plus de pouvoir d'achat distribué dans les zones rurales, plus de demande de biens de consommation et donc, plus d'activité pour les entreprises. Cette dynamique est amplifiée par les effets d'anticipation d'agents économiques, entreprises et ménages qui ajustent leur comportement (consommation ou investissement) en fonction de l'embellie de l'agriculture.


Accord Maroc-UE: Un demi-milliard de dirhamsde moins-value fiscale

Les recettes fiscales sont tirées également par les transactions sur un marché de l'immobilier toujours aussi dynamique. Les droits d'enregistrement et de timbres empochés par le Fisc (le seul impôt dont il assure la gestion de l'ensemble de la chaîne, de «la facturation» à l'encaissement) sont en hausse de 9,7%, de quoi compenser le recul désormais structurel, des droits de douane. A fin mars, le manque à gagner du Trésor du fait des engagements du Maroc vis-à-vis de l'Union européenne sur le produit de la fiscalité de porte est estimé à un demi-milliard de dirhams (503 millions exactement). Selon les experts du ministère des Finances et de la Privatisation, ce repli des recettes douanières est imputable à l'application de la troisième vague du désarmement tarifaire des importations européennes. A cet effet mécanique, s'ajoute le recul du volume des importations de céréales, du sucre et des produits chimiques.Abashi SHAMAMBA

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc