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Affaires

Figuig: Des tentes écoles pour les enfants nomades

Par L'Economiste | Edition N°:2209 Le 08/02/2006 | Partager

. L’objectif est de généraliser leur scolarisation. Mais les conditions d’enseignement sont difficiles. Les instituteurs jettent souvent l’éponge  Le chemin de l’école n’est pas le même pour tous. Pour les enfants nomades, on a pensé à des tentes classes pour les accueillir. Ces établissements scolaires mobiles, de l’avis de tous, permettent de remédier à l’abandon scolaire, notamment parmi les populations du désert marocain. C’est ainsi qu’il a été décidé, dans le cadre du soutien à l’éducation de base du projet Meda, de créer 12 tentes écoles dans 4 communes rurales de la province de Figuig; à raison de 3 par commune. Sur les 12 sites prévus, seuls 7 sont opérationnels au terme de l’année scolaire 2005/2006.La décision est-elle judicieuse? Les objectifs escomptés sont-ils atteints, après 2 saisons scolaires? Deux thèses s’opposent. L’une voyant le verre à moitié plein estime l’expérience -même encore au stade embryonnaire- prometteuse. L’autre focalise toute l’attention sur la moitié vide. Aussi s’interroge-t-on sur les conditions à réunir pour concilier acquis et contraintes.Pour Nourdine Lazrag, directeur d’école à Maatarka, ces tentes classes, implantées en plein désert, sont coupées du monde. «L’enseignant souffre tout ce qui est humainement possible de souffrir. Il n’y a ni eau, ni électricité, ni latrine. Solitaire, ce dernier vit dans un sentiment d’insécurité», ajoute-t-il. L’absence de desserte et le manque de moyens de transport dans cette région, caractérisée par des conditions climatiques impitoyables en été comme en hiver, compliquent davantage la vie et rendent la mission plus ardue pour l’enseignant non habitué au mode vie des  nomades. Et c’est sans compter sur la leishmaniose, une infection cutanée transmise par la puce du rat, du chat et du chien. Quant au rendement pédagogique, souligne encore Lazrag, il laisse à désirer en l’absence d’une formation pédagogique spécifique à cette réalité scolaire. Plusieurs enseignants préfèrent jeter l’éponge que de continuer dans ces conditions. Ahmed Houch, délégué provincial du MEN à Bouarfa, estime, lui, que «la tente classe est un acquis précieux, un bijou dans le désert». C’ est la solution la plus commode pour la scolarisation des enfants des nomades. Cela évite aussi l’abandon scolaire. Si, aujourd’hui, l’enfance nomade scolarisée, qui représente dans la province 37%, peut accéder au savoir, apprendre à lire et à écrire, c’est grâce à cette nouvelle infrastructure scolaire qui s’inscrit dans l’esprit même de l’INDH.Toutefois, le délégué reconnaît l’existence de certaines contraintes qu’ il juge «mineures». Il est nécessaire, affirme-t-il, d’améliorer la situation matérielle, morale et professionnelle des enseignants par des motivations pécuniaires, une indemnité encourageante et une formation appropriée à cet environnement sociopédagogique. La responsabilité incombe à tous les acteurs. Organismes élus, autorités locales, associations de parents d’élèves et bailleurs de fonds-Meda doivent conjuguer les efforts et  travailler de concert. Les populations nomades, de leur côté, sont sollicitées pour favoriser l’intégration de ces ressources humaines au service de leur progéniture.En somme, la tente classe, encore au stade d’expérimentation, s’avère une solution efficace à la généralisation de la scolarisation et  à la lutte contre l’abandon scolaire. Il faut préserver cet acquis et le développer pour assurer le droit d’éducation aux enfants des nomades, privés jusque-là. Il suffit de peu. Quelques dessertes, un groupe électrogène, des citernes d’eau, fosses septiques, et une formation pédagogique spécifique feront de cette innovation un espace pédagogique fonctionnel au service de populations longtemps marginalisées et exclues. Et les enseignants exerçant dans ces contrées, il faut les encourager plus que les autres. C’est une véritable mission publique qu’ils ont à accomplir au bénéfice des enfants du Maroc.


Mieux que rien

Sur les 12 sites prévus, seules 7 tentes classes ont vu le jour dont 3 à Maatarka, autant à  Bouchaoun et une seule à Tendrara. Les communes rurales de Béni-Guil et Tendrara attendent la réalisation des tentes  écoles promises. Un instituteur est affecté dans chaque tente à niveaux multiples. Ces classes reçoivent au total 176 écoliers, dont 56 filles, au terme de la saison scolaire 2005-2006.La tente école est un ensemble composé d’un pavillon de 16 m2 et d’alvéoles indépendantes en polyester coton. Elle se compose de 6  murs latéraux mobiles et de 4 toits dont le principal est surélevé. Le logement de l’enseignant, contigu à la salle de cours, s’étend sur 10 mètres  carrés; il est éclairé au moyen d’une fenêtre en PVC. Une cantine scolaire est à la disposition de l’enseignant et des apprenants. «Les conditions de scolarité sont certes difficiles pour tout le monde. Mais c’est mieux que rien», souligne un parent d’élève.Mohammed ZERHOUNI

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