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Feuilleton de l'été
«Les amants de Fès«
2e épisode: Mamoun, Jaâfar et les autres

Par L'Economiste | Edition N°:2335 Le 07/08/2006 | Partager

Les Benabed sont une famille de négociants de Fès. Le Père, l’haj Abed, épouse une riche veuve fassie dont il eut plusieurs enfants, mais seuls survécurent Neftaha, la fille cadette, et Mekki, le fils aîné. L’haj Abed tombe amoureux de la fille d’un de ses fournisseurs français, établi à Tanger. Il finit par la prendre pour deuxième femme et l’apprend à son fils Mekki.Sophie avait beaucoup de caractère et sa propre philosophie de la vie. Lorsque François Duvet lui présenta l’hadj Abed, qui était en visite à Tanger, son cœur se mit à battre très fort. Ce bel homme l’avait envoûtée. Elle le lui fit comprendre en le priant de venir leur rendre visite plus souvent. Elle s’était rendu compte qu’elle ne pouvait plus se passer de lui.L’hadj Abed avait aussi mordu à l’hameçon et ses nombreux voyages à Tanger n’étaient que prétextes pour revoir sa bien aimée. Avec l’accord de Sophie, il décida de se présenter officiellement pour demander sa main, en sachant qu’il allait essuyer un refus de la part de son père. De toutes les manières, il s’y était préparé. Monsieur Duvet ne s’était pas douté un seul instant que sa fille adorée allait tomber amoureuse de son vieux client. Il la laissait souvent en sa compagnie pour lui montrer les balles de marchandises. N’était-elle pas venue pour lui donner un coup de main. Mais de là à penser qu’elle allait s’amouracher de cet homme… Quand l’hadj proposa à Sophie de devenir sa femme, elle était folle de joie et accepta sur-le-champ. Elle savait que son père allait user de tous les moyens pour empêcher cette union. Mais elle était déterminée et souhaitait vivre auprès de l’hadj coûte que coûte. Se marier avec un étranger et surtout son «prince», comme elle l’appelait, était une aventure si excitante et si enivrante.. Marier sa fille à un ArabeEffectivement, il avait et l’allure et les moyens matériels d’un prince. Il était bel homme, grand, élégant et avait le cœur sur la main. Comme ils s’y attendaient, Monsieur Duvet refusa de leur donner sa bénédiction. Comment cet homme osait-il? Sophie aurait pu avoir l’âge de sa petite fille. Avait-il perdu la tête? Monsieur Duvet avait mille et une raisons de refuser ce mariage. Et puis, il était hors de question de marier sa fille à un Arabe. Il menaça de la renvoyer par le premier bateau en partance pour la France. Mais rien n’y fit. Elle était tenace et ne voulait pas plier au chantage de son père. Contre son gré, elle irait jusqu’au bout. Après maintes difficultés, l’hadj Abed et Sophie finirent par avoir le dernier mot. Ils se marièrent et habitèrent le riad de l’hadj à Tanger. Monsieur Duvet, qui finit par leur donner sa bénédiction, garda au fond de lui beaucoup d’amertume et de regrets. S’il avait su, il n’aurait jamais permis à sa fille de venir le rejoindre au Maroc. Quant aux deux nouveaux mariés, ils étaient heureux. Sophie était comblée. Cadeaux et bijoux lui étaient offerts, chaque fois que l’hadj revenait à la maison. Il était toujours à ses petits soins. Si menue et si fragile, il l’entourait de beaucoup d’attention comme un présent d’une extrême valeur. . Savoir et connaissanceMekki fut présenté à la seconde épouse de son père et dut promettre de ne souffler mot à personne, surtout pas à sa mère lalla Khnata. Ce sera à son père de le faire au moment opportun. Il trouvait Sophie jeune, jolie et surtout amusante, mais, au fond de lui, il regrettait l’attitude de son père face à laquelle il était impuissant. Sa mère n’avait d’autre choix que celui de se résigner, car la loi musulmane autorise le mari à prendre quatre épouses à la fois sous réserve toutefois d’être équitable envers elles et ce, dans tous les domaines et sans favoritisme aucun. En somme c’est une condition pratiquement impossible à réaliser. Il est donc recommandé de prendre une seule épouse. Les séjours à Tanger de l’hadj Abed se firent de plus en plus nombreux et plus longs, jusqu’au jour où il tomba malade. Il décéda à Fès. Le mariage et le bonheur de l’hadj Abed et Sophie avaient été de courte durée hélas. Ils n’auraient vécu ensemble que l’espace de six mois.A la mort de son père, l’hadj Mekki héritait d’une immense fortune, mais aussi d’une lourde responsabilité. Il était maintenant le chef d’une famille nombreuse qui comprenait, outre sa femme et ses enfants, sa mère, sa tante paternelle lalla Tam, rentrée au Maroc après le décès de son époux au Sénégal, ainsi qu’une autre tante, lalla Batoul, qui ne s’était jamais mariée. Mamoun, le fils aîné de l’hadj Mekki, avait vingt-trois ans. Après le m’sid, il avait été orienté, lui aussi, vers le commerce dès son plus jeune âge pour reprendre le flambeau de la famille. Jaâfar, le second, ne voulait aucunement devenir marchand de tissu comme les siens. Il voulait continuer ses études car il était avide de savoir et de connaissances. Il était féru d’idées novatrices et n’hésitait pas à utiliser les bibliothèques particulières de ses maîtres d’université. Après l’école coranique traditionnelle, on l’inscrit à la madrassa, école attenant à la mosquée où l’on dispensait les cours dans la salle de prière. Elle avait pour fonction d’assurer un isolement propice au travail et servait d’hôtellerie aux étudiants étrangers.A l’université la Quaraouine de Fès, un des plus prestigieux centre religieux et intellectuel du monde arabo-musulman, il reçut un enseignement basé sur la théologie, les sciences morales, spirituelles et religieuses. Ces études préparaient à des fonctions politiques et juridiques. Saïd, seize ans, avait un véritable penchant pour l’agriculture. Il avait même créé, au fond du riad, un petit potager où il passait le plus clair de son temps, le bichonnant et s’en émerveillant. Profitant des vacances scolaires, il aimait s’activer dans la ferme de son père, où il veillait à la nourriture de petit élevage de poules et de moutons. . Crêpes au miel, tagine de khlieNoufissa, onze ans, fréquenta vers l’âge de huit ans dar l’fkiha, maison où les petites filles apprenaient à réciter le Coran et recevaient les bases essentielles d’une formation religieuse. De temps à autre, elle se rendait chez la maâlma qui lui enseignait la broderie et la couture, car, avant même la puberté, les petites filles, sous la houlette de leur mère, commençaient à préparer leur trousseau de mariage. Les études n’étaient ni le domaine où l’on souhaitait les voir exceller, ni une priorité pour elles. Les épouses avaient pour unique mission de s’occuper de leur mari, leurs enfants et leur foyer. C’était le rôle que les hommes leur avaient définitivement assigné, un horizon indépassable de toute leur existence.Lalla Mériem, comme la plupart des femmes de sa génération, s’occupait, certaines après-midi, à faire des travaux de broderie, domaine où elle excellait. Dans son entourage, on la surnommait la femme aux «doigts d’or». Les vendredis après-midi, elle recevait les membres de sa famille, tantes, nièces, cousines ainsi que des amies avec lesquelles elle passait un peu de bon temps. Elles bavardaient, chantaient ou jouaient de la musique avec les incontournables tambourins de la maison (tarr, bendir, et taârija). Ce matin-là, le ciel était lourd, gris et chargé de pluie. Comme à l’accoutumée, aux aurores dada Yasmine vaquait à ses occupations dans la cuisine à la lueur de son candil. Elle préparait le petit-déjeuner du matin: crêpes au miel et tagine de khlie. Quant à ses filles, Anbar et Jouhara, elles se dépêchaient de pétrir le pain de la journée que leur père, Ba Fateh, porterait au four du quartier. Dans la cour, sur la vasque de la fontaine, deux oiseaux s’ébrouaient dans l’eau murmurante et glacée. Une nuée de moineaux s’éleva dans le ciel pour rejoindre leurs petites niches dans la grande muraille de l’enceinte. La grosse chatte de la maison, Minoucha, but le lait que lui avait versé dada Yasmine dans son bol. Elle alla ensuite se blottir contre ses jambes sur la hidora et commença à ronronner. La voix du muezzin retentit dans le silence du matin annonçant la prière du fajr et Ba Fateh se dépêcha de porter une bouilloire d’eau chaude à son maître, l’hadj Mekki, pour ses ablutions. En empruntant l’étroit escalier qui menait au premier étage, Ba Fateh, muni de sa lampe et de son eau, trébucha et échappa de justesse à une sérieuse chute, qui lui aurait été fatale vu son âge avancé.. Mardi 3e épisode: Un grand projet pour Mamoun

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