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Culture

Festival de Casablanca
Théâtre de rue: La vie est un spectacle

Par L'Economiste | Edition N°:2324 Le 21/07/2006 | Partager

A quoi sert le théâtre de rue? «A démocratiser la culture pour permettre à un large public d’accéder au spectacle», a précisé d’emblée Caty Avram, cofondatrice -avec Pierre Berthelot- de la compagnie Générik Vapeur, créée en 1984 à Marseille. La compagnie a inauguré, le 15 juillet à la Place des Nations Unies, l’ouverture du festival de Casablanca. Le show a sublimé les Casablancais qui se sont réconciliés avec leur espace. Et c’est là son mérite. Le théâtre de rue revendique ainsi une réappropriation de l’espace public par la population. Une ville comme Casablanca nécessite une réhabilitation de son environnement notamment culturel. Mais le véritable défi est d’amorcer une culture de citoyenneté participative. Le citadin participe à l’évolution de sa ville sans pour autant passer par des instances représentatives. Voilà une manière subtile d’inciter les citoyens au civisme. . L’Economiste: Le théâtre de rue est-il définissable? - Caty Avram: Certainement. Mais chaque compagnie le définit selon sa propre démarche. Générik Vapeur, à titre d’exemple, intègre la musique pour travailler sur des faits de sociétés. On tend vers l’universalisme en abordant les préoccupations quotidiennes des gens. L’humour et la dérision sont souvent des ingrédients indispensables pour ce type de spectacle. Le théâtre de rue répugne l’académisme en jouant notamment dans des espaces accessibles à un large public: jardin, boulevards… Ces endroits se meuvent en tant que décors principaux de nos représentations. Certes, on confectionne des engins pour l’animation, mais c’est la ville qui constitue le fond d’écran. . Quelle est la spécificité de votre approche artistique? - Dans le spectacle vivant, il est impossible de dissocier le rêve et le détournement des symboles. La vie quotidienne inspire par ses objets. L’utilisation de tracteurs, de chevaux et de bicyclettes comme outils de spectacle fait que le public est sensible à notre démarche. Il se retrouve ainsi dans une représentation artistique constituée d’objets qui meublent son quotidien. Tout le jeu consiste donc à leur donner un autre sens. . C’est une manière de détourner l’attention pour pousser le spectateur à s’interroger sur son existence…- Exactement. Nous sommes dans l’insolite. L’artiste joue avec les choses même interdites. Le but est de proposer une vision. Une autre manière de voir. L’essentiel, c’est que le public soit exalté sans avoir l’impression de recevoir de leçons. . Il n’y a donc pas de démarche pédagogique ou prophétique? - Non. Nous cherchons une certaine liberté pour aller au plus près de ses rêves. Ouvrir pour soi-même et pour les autres une brèche d’imagination. Autrement dit, offrir la possibilité d’interpréter la vie et le monde en fonction de ses impressions et de ses humeurs. . C’est une démarche qui rappelle un peu le mouvement surréaliste…- Nous sommes très imprégné par le surréalisme. Nous évitons d’être trop théorique ou intellectuel. Nos œuvres tendent vers la simplicité et l’efficacité notamment graphique. C’est en partie grâce à ce mouvement que le théâtre de rue a vu le jour. Sans les surréalistes, nous serions encore loin dans la tradition de l’art. Le théâtre était confiné dans le sacré. Il souffrait d’une image élitiste. C’est le cas de l’opéra actuellement. C’est pourquoi la compagnie Générik Vapeur considère le théâtre comme un service public. Au même titre que la santé ou l’éducation, il a un statut de droit fondamental. . Le théâtre de rue vise-t-il à conquérir d’autres espaces?- En Europe, ce mouvement est très actif. Il cherche de nouveaux territoires pour s’extirper de son carcan classique. Le théâtre de rue pousse les gens à sortir pour découvrir des endroits jusque-là ignorés ou marginalisés. L’idée est d’inventer des espaces culturels variés.


Citoyenneté participative

Il y a des endroits qui ne sont pas gérés par les pouvoirs publics. Ce sont des interstices où la population se rencontre et se mélange. Une sorte de no man’s land urbain. Casablanca et Marseille sont des villes qui se ressemblent. Deux capitales méditerranéennes qui tentent de prendre leur destin en main. Les citoyens ont un rôle à jouer en tant que force de proposition. C’est une intelligence à avoir face aux pouvoirs publics, une sorte de citoyenneté participative. «Le théâtre de rue s’inscrit dans cette logique. Les citadins vont proposer des jardins, des éclairages, des parcours émotionnels(1)…», a souligné Caty Avram, codirectrice de la compagnie Générik Vapeur. L’idée est de rendre la ville à ses habitants en organisant, ponctuellement, des animations dans les espaces communs. ------------------------------------------------(1) Les parcours émotionnels visent à stimuler les sens. Tout en se baladant, on écoute de la musique, on sent des odeurs et l’on découvre des expositions notamment.


Apothéose

Créé en 1990, le Groupe F va clôturer, samedi 22 juillet à la plage de Sidi Abderrahmane (porte n°12), le festival de Casablanca. Il est spécialisé dans la conception et la réalisation des feux d’artifice et de spectacles pyrotechniques. Le spectacle final «Ballade océane» sera ainsi composé de feu et de couleurs. Le Groupe F adapte ainsi l’élément feu à tout type de sites et d’événements puisqu’il le conçoit comme un spectacle à part entière. Couleur, rythme, intensité dramatique et originalité des figures caractérisent ce genre de création. Propos recueillis par Faiçal FAQUIHI

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