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Fermeture des Carrosseries Rahali et de la SOMAMI

Par L'Economiste | Edition N°:17 Le 20/02/1992 | Partager

Deux sociétés très connues dans le secteur du poids lourd et de la carrosserie industrielle, la SOMAMI et les Carrosseries Rahali, sont mises en liquidation. C'est l'assemblée générale des actionnaires qui a prononcé la dissolution anticipée de ces deux sociétés, suite aux difficultés qu'elles ont connues en 1991 après avoir perdu la carte "DAF". Ces deux entreprises sont notamment connues à travers la personnalité et l'itinéraire de leur fondateur et principal dirigeant, M. Mohamed Rahali, personnage très médiatisé qui symbolise aux yeux du grand public, le "self made man" qui a réussi en partant de presque rien.
Malgré ces difficultés, M. Rahali garde une volonté intacte d'entreprendre. Ce grand gaillard portant jeune ses soixante-dix ans recommence, dans le même secteur, avec de nouveaux partenaires, à travers une société qu'il a créée: la SEFAMAR. Pour le lancement de son activité, la SEFAMAR a décroché un bel atout: la carte MAN, deuxième constructeur mondial du poids lourd. MAN est un groupe industriel allemand très diversifié. Il emploie actuellement plus de 65.000 personnes, dans plusieurs pays.
La SEFAMAR assemblera des châssis MAN et les carrossera. M. Rahali nous a confié qu'il escomptait un transfert de technologie en matière de carrosserie, domaine dans lequel l'Europe a accompli de grands progrès au cours des dernières années.

Créée avec un capital de 100.000 DH, la SEFAMAR augmentera son capital, dès le mois d'avril, pour le porter progressivement à 24 Millions de DH. Deux partenaires marocains feront leur entrée à cette occasion: Haj Ahmed Benabdeljalil (Bennes Marrel et SMEF notamment) et M. Benmoussa, tous deux connus dans le secteur de la carrosserie industrielle. Le capital sera détenu à égalité par les trois associés. MAN fera son entrée ultérieurement, toujours selon le principe de l'égalité des parts.
La SEFAMAR n'héritera pas directement du terrain sur lequel sont établies les Carrosseries Rahali depuis 1960. Situé en première ligne sur la Route côtière Casablanca-Mohammédia, ce terrain de 1,8 ha (dont 80% couverts) appartiendra à une société civile immobilière qui sera créée par les trois partenaires et qui le louera à la SEFAMAR.
M. Rahali espère que la SEFAMAR démarrera son activité en Juin. L'effectif montera progressivement de 210 ouvriers en 1992 à 350 en 1996, selon les projections effectuées par les trois associés. L'investissement prévu est de 5 Millions de DH dans l'immédiat. M. Rahali se fait plus discret sur les montants qui seront investis dans l'avenir.
L'organisation de la nouvelle société, qui sera présidée par M. Rahali, octroie à ce dernier un rôle plus technique que managérial. La gestion sera probablement confiée à un directeur général et supervisée par les deux autres partenaires qui ont eux-mêmes une expérience industrielle non négligeable.

Dans l'itinéraire de M. Rahali, une page est ainsi tournée: celle de l'entreprise familiale dans laquelle il s'était investi et avait investi sa famille. Carrosseries Rahali, créée en 1960 puis la SOMAMI, lancée en 1971, étaient totalement contrôlées par la famille Rahali.
Ayant obtenu la carte puis l'autorisation d'assemblage des véhicules DAF, la SOMAMI s'est développée parallèlement aux lignes de transport interurbain qu'elle fournissait en véhicules. Rahali passait de la carrosserie artisanale de ses débuts, à la carrosserie industrielle, tout en restant essentiellement cantonné dans les gammes basse et moyenne.
A partir du milieu des années 80, le marché devient de plus en plus concurrentiel et les deux entreprises commencent à décliner, malgré l'existence d'un important parc de véhicules DAF dont l'entretien seul représente un marché captif non négligeable. Vers la fin des années 80, les deux partenaires, Rahali et DAF, sont au bord de la rupture. Les deux entreprises perdaient alors 15.000 à 20.000 DH par véhicule produit. DAF souhaite piloter la SOMAMI et prendre une part (de préférence majoritaire) dans le capital. En 1990, la rupture est consommée: avec la perte de la carte DAF, la SOMAMI est condamnée.
Aujourd'hui, M. Rahali évoque ces avatars avec beaucoup d'humour. Ceci semble indiquer qu'il conserve suffisamment de ressort pour repartir à l'assaut de nouvelles parts de marché.

Nadia EL ASRI.

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