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Politique

Femmes: Débats à Paris

Par L'Economiste | Edition N°:1655 Le 04/12/2003 | Partager

. L'IMA a abrité une rencontre sur le futur code de la famille. Des doutes sur l'option réelle du PJD Le niveau de notoriété de la réforme du statut de la famille est relativement bon dans les milieux parisiens qui s'intéressent au Maroc: «Faire 70 à 80 personnes un vendredi après-midi à l'IMA est un bon score», commente une journaliste française, elle-même «ancienne du Maroc».Le site Internet «lobservateur.ma», un hebdomadaire on line lancé par Ahmed Charaï, était à l'origine de la rencontre sous le thème «Maghreb, la femme au coeur du changement». La rencontre était sponsorisée par la RAM (pour le transport d'une quinzaine d'invités), le groupe Accor pour le logement et la Banque Populaire pour la location de la salle.Dans la salle de l'Institut du Monde arabe, des étudiants, des enseignants mais aussi des juristes, qui ont à traiter des problèmes de divorces, garde des enfants… Pour ces avocats, avoués ou notaires, la réforme du statut de la famille marocaine est évidemment un changement important. Il concerne naturellement les familles maroco-marocaines installées en France et celles maroco-françaises.. «Ce qui compte c'est le droit»L'attente de ces juristes n'a pas été complètement satisfaite: ils ont besoin, comme l'a souligné une avocate parisienne, du texte lui-même: «On peut parler longtemps de tolérance ou d'égalité, mais la seule chose qui compte c'est ce que dit le droit», rappelle-t-elle, à fort juste titre. Le texte de la réforme est encore en cours d'élaboration, un mois et demi après le discours royal où Amir Al Mouminine a définitivement tranché sur l'orientation de cette réforme, en direction de l'égalité entre les hommes et les femmes et la protection des enfants.Nouzha Skalli, présidente du groupe parlementaire du Parti du Progrès et du Socialisme, a fortement souligné, devant des auditeurs relativement surpris, le «ferme engagement royal en faveur de l'égalité». Pour les auditeurs, l'idée de royauté apparemment ne va pas de soi avec l'idée de réforme forte, et pourtant c'est bien ce qui s'est passé. Nouzha Skalli rappelle combien les femmes marocaines étaient devenues dubitatives: l'échec du projet de promotion de la femme en 2000, puis tous les «bruits et rumeurs» qui entouraient les travaux de la commission ad hoc formée par le Souverain… Tout cela n'avait pas l'air d'aller dans le sens de l'égalité. La prise de position de SM le Roi à l'ouverture du Parlement a été une surprise, une «heureuse surprise», dit la députée du PPS. «Un mal s'est soudain transformé en bien», commente-t-elle. Dans une présentation très didactique mais un peu affaiblie par le manque d'équipement informatique de la salle, elle fixe les étapes. Au départ, le degré zéro de l'égalité à la veille de la réforme de 1993: le texte consacre «la soumission contre la protection». Puis, la première étape avec cette réforme de la Moudawana faite sous l'égide de Feu Hassan II. Et enfin, après dix ans de stagnation et la montée des risques, l'heureux coup de tonnerre de SM Mohammed VI, avec le projet en cours de finalisation.«Cela a toujours été un combat», analyse Najat Ikhiche, présidente de la Ligue démocratique pour les droits de la femme. «En 1993, il restait deux choses qui nous révoltaient: la tutelle et la polygamie». La judiciarisation de la polygamie et la suppression pure et simple de la tutelle sont un grand progrès, souligne la responsable de la LDDF. Mais elle est inquiète: «Le texte lui-même va-t-il bien retracer l'arbitrage d'Amir Al Mouminine?»Pour l'instant, on ne sait pas exactement ce qui va sortir: le projet n'en est encore qu'au début du processus législatif. Fuite organisée ou rumeurs complètement fausses, toujours est-il que deux points engendrent de nombreuses questions: le texte ne serait pas conforme aux directives royales en ce qui concerne le tutorat sur les enfants et la reconnaissance de la paternité.La réalité n'est pas en phase avec la Moudawana encore en application, ce qui engendre drames, misères matérielles et morales. Un peu moins du tiers des actifs employés sont des femmes, calcule Nouhza Skalli, ce qui montre que les nécessités économiques ont déjà tranché. Elle cite aussi le taux de divorce, anormalement élevé au Maroc par rapport à la Tunisie: 15,9% des mariages marocains finissent dans un divorce, alors qu'en Tunisie où l'égalité des époux existe depuis trente ans, ce taux est de 6,8%. «L'inégalité engendre un rapport de forces, qui n'est pas propice à l'amour familial et conjugal», souligne-t-elle, rappelant aussi que ce contexte d'inégalité et de rapport de forces obligé a banni du vocabulaire le mot «amour». On attendait Soumia Benkhaldoun, députée du PJD, sur des prises de positions politiques, pour ou contre la réforme. Elle a certes repris la position officielle de son parti, qui approuve, mais s'est lancée dans un discours sur la foi et le dogme, peu en rapport avec le sujet. C'est ce qui a fait dire à des auditeurs que «c'est le signe d'un double langage».De son côté, son homologue du Parlement européen, Hélène Flautre (Groupe des Verts et vice-présidente de la délégation Maghreb), a marqué sa surprise: «Nous étions déçus par le Maroc, avec tous ces espoirs qui ne trouvaient pas d'aboutissement, quand soudain l'opportunité politique s'est rouverte avec le discours du Souverain sur l'égalité des sexes». Les parlementaires européens spécialisés sur le Maghreb pensaient que les «pressions conservatrices, étaient trop enracinées au Maroc pour permettre une évolution sérieuse». Ces pressions conservatrices, fait-elle observer, dépassent largement les cercles islamistes et sont très ancrées dans la société». Pour elle et ses collègues, la réforme et surtout l'ampleur de cette réforme, ont été une «divine surprise».N. S.

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