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Politique

Faut-il interdire le PJD? Une majorité de oui

Par L'Economiste | Edition N°:1536 Le 10/06/2003 | Partager

. Les commentaires contre le PJD sont particulièrement durs. Une partie hésite et redoute «l'algérianisation» ou le passage à la clandestinité. Contre la dissolution au nom de la démocratie, ou de «l'échec» des partis traditionnelsLe site Web de L'Economiste a ouvert un forum de discussion: «Faut-il interdire le PJD?». En 5 jours, nous avons reçu plusieurs centaines de courriers. Nous continuons à en recevoir. Il est évident que nous ne pourrons jamais donner la parole à chacun d'entre vous.Une majorité veut dissoudre ce parti. Les autres contributions se partagent en deux, grosso modo: deux tiers ne veulent pas la dissolution et un tiers veut suspendre la démocratie, «tant que le pays ne sera pas développé», ou tant que les citoyens ne seront pas assez éduqués», ou bien pour assurer la sécurité, le plus souvent au nom du développement. Parmi ceux qui ne veulent pas la dissolution, les motifs se divisent en deux parties: ceux qui redoutent que la dissolution n'entraîne «l'algérianisation» du Maroc et ceux qui pensent que la démocratie doit laisser sa place au PJD.Cette majorité aussi forte en faveur de la dissolution est peut-être une surprise. Mais le site www.menara.ma, géré par Maroc Telecom, vient d'obtenir un résultat qui va dans le même sens, avec une question très différente. La question de notre confrère était moins directe: «Pour lutter contre le terrorisme, il faut: renforcer le dispositif sécuritaire: 14%; écarter les islamistes du jeu politique: 46%; lutter contre la pauvreté et l'analphabétisme: 41%. Mais là encore, les internautes de Ménara ont mis les islamistes dans leur première ligne de mire.Sur le site de L'Economiste, la procédure de consultation est différente: on ne vote pas, on doit commenter son opinion; ce qui suppose une argumentation (et donc un effort de la part de nos lecteurs: qu'ils en soient remerciés).

Pour l'interdiction

. Réagir comme l'EspagneLa bête est dans les champs... et les brebis nombreuses... Quel festin en perspective? Il faut réagir immédiatement, de toutes les façons possibles et surtout concrètes. Politiquement, on ne peut plus désormais penser faire l'économie d'un débat réel sur l'interface Islam et Politique... quel que soit le prix à payer: sinon, de toutes manières, la facture risque simplement d'être un peu plus salée. Et socialement, le temps des gargarismes et de la «pose-photo» doit être jeté à la poubelle avec les ordures qui en sont amateurs. Si en Espagne, le parlement a pu interdire l'aile dite «politique» de l'ETA pour avoir frayé avec le terrorisme, si en Grande-Bretagne le Sinn Fein est vu de travers pour son appui tacite à l'IRA, comment peut-on chez nous tolérer encore ces inconscients qui ne voient leur rôle qu'à travers le prisme de la violence tout le temps suggéré, et l'uniformité de la pensée imposée par la force s'il le faut? Les personnes manipulant l'islam avec un relent politique servent d'attracteur sur lequel viennent s'exacerber toutes les frustrations des défavorisés et des désespérés! Ne laissons plus faire le PJD, surtout pas au nom d'une démocratie qu'il sera le premier à éliminer s'il venait à avoir le choix! L'ingratitude n'est pas le premier ni le seul de leurs défauts. Ce cancer doit être traité «chirurgicalement», sans état d'âme, au nom de l'Etat!!! La société marocaine le mérite amplement!!! A. G., médecin. Ils veulent confisquer le pouvoirMalheureusement au Maroc, pour donner l'image de la diversité politique et soutenir l'idée du multipartisme, même quand il est inutile, on a permis la création de formations telles que le PJD qui est sans aucun programme politique viable. Son seul objectif est de marquer sa présence dans l'arène parlementaire et faire parler de tel ou tel de ses «partisans». Les Marocains doivent savoir que le seul but de ces individus est la prise du pouvoir. Leurs nouvelles méthodes de l'obtenir ne se limitent plus à l'acquisition de voix électorales!! Aux urnes citoyens!! SVP, arrêtez avec ces arguments débiles, le but de tout parti politique n'est-il pas de prendre le pouvoir? N'est-ce pas ça la démocratie? Essayer de convaincre le plus grand nombre de citoyens de ces idées pour pouvoir les appliquer une fois élues au gouvernement?Bassir. Pas de religion dans la politiqueLe problème qui survient quand le religieux entre dans le politique, est qu'on se retrouve vite confronté à l'extrémisme et l'intégrisme et cela quelle que soit la religion monothéiste. Ce n'est pas propre à l'islam. Le PJD ne peut s'approprier l'islam car c'est dans le coeur des croyants que se trouve leur foi, pas dans une tenue vestimentaire archaïque qui ne correspond même pas à notre histoire (je parle de ces femmes un peu fantômes et de ces hommes qui déambulent en pyjamas afghans). N'oublions pas que l'islam est une religion fraternelle et tolérante, ceux qui veulent la transformer en guerre sainte, en dirigeant leur haine, n'ont pas de place chez nous. Il faut laisser le Maroc se démocratiser grâce au dialogue, à l'ouverture vers l'éducation, à l'éradication de la misère et du chômage. Espérons que notre gouvernement nettoie Casa des bidonvilles et donne aux jeunes l'éducation qui feront d'eux des citoyens responsables et heureux.Nezha. Les Talibans hypocritesL'origine louche du PJD le qualifie: c'est de l'entrisme, comme les Khmers rouges de Pol Pot, comme les Talibans de Kaboul. Les extrêmes se ressemblent et se rejoignent. Nos jeunes ignorent l'histoire récente et ont peu de culture politique. Ils sont tentés par l'idéal de pureté: mais quand ils découvriront la vérité, ce sera trop tard. Pol Pot aussi s'était rapproché du trône. Quand il a réussi, fini l'hypocrisie: il a tué le quart des Cambodgiens pour la pureté de l'idéal agraire. Les Talibans étaient pareils: tous doux au début, démocrates qui voulaient lutter contre les Soviétiques, aidés de la CIA. Dès qu'ils ont été au pouvoir à Kaboul, fini l'hypocrisie, commencent les exécutions publiques. Quand ils n'ont pas eu assez de sang, ils ont exécuté des statues! Ils ont détruit leur pays: Moulay Omar a préféré son gendre, le richissime Ben Ladden, à la survie de ses frères. Il faut arrêter cela avant qu'il ne soit trop tard.Ahmed. L'Etat de siègeComme le corps humain, la démocratie doit marcher sur deux pieds: la majorité et l'opposition. La contradiction est son essence, le débat sa richesse, le pluralisme son âme. Le PJD a investi l'ignorance et la pauvreté des Marocains pour rafler les voix des démunis et des analphabètes. Ce parti n'a ni culture politique ni projet de société adéquat avec la conjoncture mondiale et nationale. Pourtant, dissoudre le PJD répéterait le drame algérien où le sang se mêle à la religion et à la politique. Laisser le PJD prêcher et diffuser ses idées idéologiques dans une société majoritairement non vaccinée contre la démagogie politicienne et l'endoctrinement religieux, guiderait certainement le pays vers l'impasse. Que faire alors? Déclarer l'Etat de siège comme dans les années 60. Le Roi gère le pays et accumule les trois pouvoirs: législatif, exécutif et judiciaire. Le temps que le peuple apprenne à lire, à écrire et à faire la différence entre islam et démagogie. Le peuple ignorant n'a pas de liberté, dit le sage. Lamine

La gamme des hésitations

. Au nom de l'unionSi on est pour la liberté d'expression, pour la diversité des opinions et si on s'estime apte à entretenir le dialogue quelles que soient nos différences, eh bien, il n'y aura aucune raison de dissoudre le PJD. Je pense que tous les Marocains sont en état de choc, mais ça ne doit en aucun cas nous pousser à nous diviser au lieu de nous unir.Loubna. L'istiqlal doit absorber le PJDMathématiquement (PJD = 0) est une équation sans solution dans l'ensemble des solutions sages et viables à moyen et long termes. Mais (PI + PJD = PI plus efficace et sans corrompus en 2010) est une équation discutable et soluble et ne peut qu'inciter les partis politiques à des fusions et des programmes réalistes et réalisables.B. Mohamed. Le risque «algérien»Justement, il faut tout faire pour ne pas commettre la même erreur que nos voisins d'Algérie. La dissolution par la force d'un parti n'est pas la solution. Malheureusement, on n'a pas d'autres choix que de vivre avec. Mais il faudra bien contrer et faire une opposition farouche et méthodiquement démocratique au PJD, car ces gens n'ont rien à offrir aux Marocains, ils veulent nous confisquer notre islam, ils ont pris la défense des terroristes, ils sont contre la culture, l'art, l'égalité des sexes, pour eux, l'âme ne vaut aucun centime (pourtant si précieuse pour notre dieu) et ils vendent notre pays au premier barbu venu du Moyen-Orient. La différence que je peux constater entre le PJD marocain et les talibans d'Afghanistan, c'est que ces derniers avaient une armée et sont moins hypocrites.Hamid C.. Le risque clandestinCe sera la plus grande erreur car tous ses sympathisants commenceront à travailler dans l'ombre chacun à sa manière, non focalisé, non dirigé et connu. Ce qui risque d'entraîner une guerre de société dans la guerre froide entre riches et pauvres.M.. Entre plusieurs maux…Non, il ne faut pas interdire le PJD. L'expérience algérienne, bien que l'on ne peut pas comparer les données de l'Algérie à celles du Maroc, est en mémoire. (…). Il faut au contraire mener un dialogue avec le PJD et tous les autres pour identifier les vrais problèmes. La question qui se pose est plutôt s'il n'est pas déjà trop tard, c'est-à-dire interdire ou pas le PJD pose le même problème. L'interdire sans aucune solution pour les problèmes soulevés par le PJD serait à mon avis une déclaration de guerre.Ne pas l'interdire et en même temps rester dans le laxisme actuel concernant les causes de l'extrémisme ne ferait que créer un terrain encore plus propice aux autres PJD. Donc, le problème est mal posé et la mèche déjà allumée.Dr Zoubir. Le PJD, c'est le prix de la déception Le PJD a fait sa première percée lors de l'avant-dernière législature grâce à la complaisance du pouvoir et plus particulièrement du tristement célèbre Driss Basri. L'ouverture démocratique qui a eu lieu a permis à ce parti d'exploiter intelligemment le mécontentement et le sentiment de déception créés par les partis de gauche au pouvoir. En reniant leurs principes et valeurs qu'ils ont longtemps véhiculés, ils ont créé la fracture avec ceux qui croyaient en un monde meilleur avec la gauche. Le fiasco de la Koutla a jeté une grande partie de l'électorat dans la gueule du «loup». Quant à la dissolution du PJD, je crois que ce serait une erreur. A chacun de prendre ses responsabilités, que les programmes «s'affrontent» et que la sanction soit entre les mains du peuple souverain dans des élections sincères et transparentes. Par conséquent et du moment que la constitution fait de l'islam la religion du Maroc, il est vivement souhaitable que notre religion à nous tous ne soit pas exploitée à des desseins politiques, si nobles soient-ils. Je voudrais rappeler que feu Ali Yaâta avait déclaré solennellement devant le bureau politique de son parti qu'il allait voter oui pour la constitution de 1992 parce qu'elle était conforme aux principes de l'islam. Alors attention!Le démocrate

Contre l'interdiction

. Le piège de la clandestinitéLe PJD n'a-t-il pas condamné les attentats terroristes de Casablanca?Alors, pourquoi le dissoudre? Est-ce parce qu'il n'est pas socialiste, communiste ou libéral? Le dissoudre ça serait remettre en cause la démocratie. La pauvreté et l'ignorance... voilà ce qu'il faut dissoudre pour permettre au peuple de choisir ses élus de manière réfléchie (…) Dissoudre le PJD ferait de lui un mouvement clandestin!! Ne tombons pas dans le piège et ne faisons pas de chasse aux sorcières. Ce qui dissuaderait un illuminé de se faire exploser est une société en laquelle il croit, une société lui offrant un horizon positif et qu'il essayerait de protéger plutôt que détruire...Adil. La question ne doit même pas se poserJ'ai été surpris par le sujet de votre dernier forum. Je ne suis ni islamiste ni d'accord avec tous ce que dit le PJD, mais de là à parler de dissoudre un parti politique qui a plus de 40 députés élus, à priori, par le people, c'est absurde et antidémocratique. Pour moi, la campagne contre le PJD ressemble aux méthodes des extrémistes. Tant qu'un parti respecte la loi, il n'y a pas de raison de le dissoudre. Exprimer des idées concernant la gestion des affaires publiques, basées sur des croyances religieuses, n'est pas un crime. Ismaïl. C'est illogique Pas question de dissoudre le PJD. On constate que les gauchistes vont exploiter d'une manière illogique les événements de Casa, que tout le monde condamne y compris le PJD. Je me pose la question: Pourquoi les deux chaînes de télévision nationales ont écarté le PJD et ne lui ont pas donné la chance de s'exprimer, sachant qu'il est la première force politique dans le pays? Si vraiment nous sommes démocrates, eh bien, c'est le peuple qui a le droit de choisir son destin et c'est à lui seul de décider de ce qu'il veut. Abdellah. Donner les moyens au PJDPourquoi le dissoudre! Au contraire, il faut leur donner les moyens car c'est le premier parti qui a un vrai projet de société. Les partis de gauche n'ont rien fait depuis longtemps et ne feront rien dans le futur. Tous leurs projets se basent sur construire une société sans culture ni histoire, une société à l'occidentale pure et dure.Ali (Paris)

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