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Entreprises

Farine et huile de poisson : Copelit : Histoire d'une réussite à Laâyoune

Par L'Economiste | Edition N°:149 Le 13/10/1994 | Partager

Implantée à Laâyoune, Copelit, usine de production de farine et huile de poisson, avait toutes les raisons d'échouer. Apres 7 ans d'activité, entreprise est devenue un exemple de réussite dans le Sahara.

Laâyoune, zone industrielle. Au loin, des dunes de sable. A quelques kilomètres, un petit port. Sur place, aucun signe de modernité: ni eau, ni électricité, ni téléphone, ni route. Pour avoir une pièce de rechange, le point le plus proche se trouve à 600 km (Agadir). Difficile dans ces conditions d'investir un total de 35 millions de DH dans des lieux aussi éloignés. En décembre 87, M. Sentissi, en association avec des investisseurs espagnols, tenté le pari en montant une usine de fabrication de farine et d'huile de poisson. Résultat? Après 7 ans d'activité, Copelit, (Complexe de Pêche du Littoral) grandit toujours et réalise un chiffre d'affaires annuel de 35 millions de DH.

Anticiper au lieu d'imiter

Dans la ville de Laâyoune, l'entreprise est présentée comme le modèle type d'un investissement réussi.

"Nous sommes les pionniers dans cette région. Pour nous, il n'y a pas de différence entre Casablanca et Laâyoune", commente aujourd'hui sur un ton souriant M. Sentissi, président de Copelit. Mais derrière son sourire se cache un redoutable manager comme le démontre sa méthode de travail.

Malgré l'image d'aventure que peut refléter l'idée d'investir dans le désert, chaque risque est en réalité pesé, calculé et maîtrisé avec les moyens qu'il faut.

Premier élément: le choix de la ville. Laâyoune dispose toujours d'une zone qui n'a d'industrielle que le nom: la route bitumée n'a pu être menée jusqu'au bout, on y accède donc par piste.

En 1987, le seul avantage était que la ville était destinée à devenir quelques années plus tard une zone de pêche de la sardine. "Notre activité est la suivante: nous écrasons la sardine de second choix pour obtenir de la farine et de l'huile. La farine de poisson, utilisée par les provendiers, est commercialisée localement, alors que l'huile de poisson est exportée à l'étranger. Le poisson étant migrateur, nous savions en 1987 qu'il se dirigeait vers le littoral de Laâyoune. Il était auparavant à Essaouira, à Safi puis à Agadir. Dans cinq ans, il descendra encore dans le Sud vers Dakhla ", explique M. Sentissi.

Discuter au lieu d'imposer

Ce positionnement précoce dans un marché encore embryonnaire coûtera assez cher au départ. L'outil de production, acquis à Las Palmas, pèse 800 tonnes. Le port de Laâyoune n'avait à l'époque aucune infrastructure de manutention . Il aura fallu acheminer le matériel en deux voyages sur un bateau spécial. Pour la mise en service de l'usine, les promoteurs du projet ont acquis des groupes électrogènes. Une petite station de dessalement a été installée.

Côté communications, les promoteurs ont installé un système de radiophonie mobile à faible fréquence. Après 7 ans d'attente, une ligne de téléphone fixe vient d'être installée mais l'entreprise ne dispose pas d'une ligne de fax la reliant avec l'étranger.

Après avoir fait face à tous les problèmes d'installation, se posait la question de la main-d'oeuvre qualifiée. Aussi étrange que cela puisse paraître, M. Sentissi va miser sur un jeune de 24 ans, fils d'un des actionnaires, qu'il nomme directeur. Mission: gérer le travail de 50 personnes. Il le suit de près et lui inculque les rudiments de la gestion. "J'ai pour principe de discuter les décisions et non de les imposer", poursuit M. Sentissi.

Aujourd'hui, à 31 ans, M. Hadi Belghiti est devenu un manager confirmé. "Si je suis toujours à Copelit, ce n'est certainement pas parce que je suis fils d'un des actionnaires ", précise d'emblée le jeune directeur. " J'ai gagné le pari", ajoute-t-il.

Issu d'une famille relativement aisée de Casablanca, M. Hadi Belghiti n'était pas destiné à devenir gestionnaire d'une entreprise implantée si loin de sa famille. Après des études d'économie au Canada, il avait travaillé durant 1an et demi à Las Palmas. Il revendique deux qualités: adaptation et curiosité. Et c'est avec ces deux valeurs qu'il estime avoir réussi sa mission. "Dès que j'ai posé mes pieds à Laâyoune, j'ai aimé la ville et ses habitants", dit-il. Pour lui, il faut "respecter la dignité des hommes qui travaillent avec vous, quelle que soit leur qualification" . Sévère quand il le faut, M. Hadi reconnaît aussi le mérite de ses collaborateurs, recrutés pour leur majorité écrasante dans la ville de Laâyoune. Après Copelit, trois autres unités de farine de poisson se sont installées dans les mêmes conditions. Deux autres sont en cours de construction. La concurrence sur le créneau n'inquiète pas outre mesure l'entreprise. Revendiquant son esprit d'anticipation, le président de Copelit négocie actuellement avec des investisseurs de l'Union Européenne l'installation d'une unité de valorisation de la sardine à Laâyoune. Coût du projet: 10 millions de DH.

A. Z.

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