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Face au chômage des diplômés: L’université parie sur la professionnalisation des cursus

Par L'Economiste | Edition N°:2308 Le 29/06/2006 | Partager

. Les établissements à formation régulée trop convoités. Les facultés de droit et d’économie restent encore encombréesRéussir le bac est capital, mais il n’est pas l’unique enjeu pour le candidat, loin s’en faut. L’orientation vers une filière qui garantit un accès facile au marché de l’emploi est une finalité mobilisatrice tant pour les lycéens que leurs parents. Aujourd’hui, plusieurs alternatives s’offrent aux lycéens et permettent de suppléer partiellement au mécanisme moribond de l’Education nationale. Ce dernier s’adosse sur des conseillers pédagogiques qui n’ont pas dans la plupart des cas la formation requise pour bien encadrer les élèves. De plus, le volume horaire dédié demeure insuffisant. Internet offre un éventail d’informations utiles sur les offres de l’enseignement supérieur, mais il y a également les émissions TV ainsi que l’initiative de quelques académies comme celle de Casablanca qui, grâce à son partenariat avec le Centre de jeunes dirigeants (CJD), permet aux élèves de découvrir les différents métiers et secteurs de l’économie. Les universités participent, elles aussi, à l’effort d’information en mettant à la disposition des futurs bacheliers des brochures détaillant les filières, les conditions d’accès et les débouchés. Pas de doute que les établissements à accès régulé sont les plus valorisants aux yeux des parents et élèves. Constat confirmé par Mohamed Berkaoui, président de l’Université Hassan II: «Les filières dispensées dans les établissements à accès restreint sont relativement appréciées». Les classes préparatoires suivies de formation d’ingénieur ou en commerce sont les plus cotées et aussi celles dont la capacité d’accueil est paradoxalement la plus limitée. On retrouve là une situation d’hypocrisie générale qui caractérise le système: Pour la masse qui va dans les facultés, la sélection est officiellement inexistante; et puisqu’on ne peut radicalement réformer le système dans son ensemble, on creuse les inégalités en favorisant des niches de performance via le dispositif de grandes écoles d’ingénieurs ou écoles de commerce, et tant pis, si cela accroît le contingent des chômeurs diplômés. Le marché de l’emploi est très demandeur de profils écoles d’ingénieur surtout suite à l’augmentation des investissements dans des secteurs à fort contenu technologique. Le Premier ministre a récemment invité les directeurs d’écoles d’ingénieur à accroître dans la limite du possible la capacité d’accueil de leurs établissements. La médecine reste également très prisée malgré le fait que la profession soit rattrapée par le chômage. La sélection dans les facultés de médecine est sévère puisque sur un nombre impressionnant de candidatures, seule une centaine de bacheliers sont admis. Les formations dans le commercial ont également le vent en poupe. L’engouement pour des profils comme les chefs de vente, les chefs de réseau ainsi que les commerciaux explique le fort taux d’employabilité des lauréats des ENCG par exemple. Portés par la réforme, les établissements à accès ouvert (sans sélection) tentent de dépoussiérer leur image de grands pourvoyeurs de chômeurs. Certaines filières restent plus attractives que d’autres, ce qui ne manque pas d’entraîner des déséquilibres dans la répartition des effectifs. L’essentiel s’oriente vers les facultés de droit et des sciences économiques qui souffrent de carences en ressources pour assurer un encadrement correct. Certaines filières accueillent des effectifs importants ou font l’objet d’une pression à l’entrée. C’est le cas de la filière d’économie et gestion dont l’intérêt croît parallèlement à l’appréciation de fonctions de management, de contrôle de gestion, d’analyse financière et de comptabilité. Pour mieux coller au marché de l’emploi, beaucoup de facultés proposent des licences professionnalisantes qui accordent une place à la pratique via les stages. «Des licences professionnelles sont en cours d’accréditation et dont certaines seront mises en place dès la prochaine universitaire», souligne le président de l’université Hassan II Aïn Chock. Certaines comme les facultés de lettres ont anticipé les besoins du marché ont mettant en place des formations professionnalisantes en communication et sont aujourd’hui sollicitées pour former des employés pour les centres d’appel.


Préinscription en ligne

A partir de la prochaine rentrée, les bacheliers auront la possibilité d’effectuer leur préinscription à partir du site web de la Faculté des sciences juridiques économiques et sociales de Casablanca www.uh2c.ac.ma. Cela devrait soulager les futurs étudiants du déplacement pour remplir de la paperasse. Les guichets d’inscription seront également moins encombrés ce qui faciliterait le traitement des dossiers. «Cette démarche s’inscrit dans le cadre des dispositions prises pour informatiser l’ensemble des processus liés à l’inscription et à la scolarité des étudiants».


La sélection à l’entrée? Non, merci!

Pour améliorer la qualité, la sélection à l’entrée des facs n’est pas une panacée, selon Mohamed Berkaoui et Taoufik Ouazzani Chahdi, respectivement présidents de l’Université Hassan II Aïn Chock de Casablanca et Sidi Mohamed Ben Abdallah de Fès. - L’Economiste: Que pensez-vous de l’idée d’instaurer une sélection à l’entrée de l’université?- Mohamed Berkaoui: Notre objectif est d’accroître le nombre d’étudiants plutôt que de le réduire et ce pour augmenter la proportion des jeunes qui poursuivent des études supérieures. Dans ce sens, il ne semble pas opportun de chercher à renforcer la sélection à l’entrée de l’université, mais il convient de poursuivre l’oeuvre de réforme de l’ensemble du système d’éducation formation pour pourvoir notre société en cadres de haut niveau et en nombre suffisant.   - Taoufik Ouazzani Chahdi: Il n’est pas question de mettre en place une sélection car le pays a encore besoin de cadres qualifiés dans tous les domaines. Nos effectifs au supérieur sont encore en deçà de certains pays de la région (Algérie, Tunisie…). De plus, des créneaux tels que l’offshoring (Casashore), le paramédical (manque de 10.000 infirmiers) et les centres d’appel nécessitent d’urgence des ressources qualifiées.Propos recueillis par Morad EL KHEZZARI

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