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    Exportation de surgelés : Les marchés existent, les produits sont rares

    Par L'Economiste | Edition N°:133 Le 09/06/1994 | Partager

    Un expert de l'AMI revient d'un voyage de prospection en Europe pour préparer la campagne d'exportation 1994-95. Il estime que le potentiel de croissance des surgelés, notamment pour la fraise, est important. Cependant, les stations de congélation locales butent sur l'insuffisance des produits et le manque de diversification.

    La campagne 1993-94 d'exportation de produits agricoles n'est pas encore totalement bouclée. Pour autant, AMI(1) (Agribusiness Marketing Investment), le projet américain, dont l'un des objectifs est de promouvoir les ventes à l'étranger des produits marocains, prépare déjà celles de 1994-95. A ce titre, M. Patrick Fachot, expert en marketing international en service dans cet organisme, vient de boucler un long voyage de prospection en Europe: quatre pays (France, Angleterre, Allemagne et Belgique) et 9 villes visités en 21 jours. Pour lui, il s'agissait principalement de consolider les relations déjà nouées et non d'allonger le fichier clientèle qui ne contient pas moins de 738 acheteurs potentiels.

    Cinq nouvelles stations de surgélation

    Ce voyage de prospection était surtout réservé à des produits à "haute valeur ajoutée", frais ou surgelés, entre autres les fraises, les asperges, les artichauts, les choux-fleurs blancs, les haricots verts, le brocolis et les groseilles. L'AMI évalue à 1,3 million de Dollars le montant des exportations supplémentaires de fraises réalisées grâce aux actions menées durant la campagne 1993-94. Tous produits confondus, le supplément d'exportation devrait se situer à 4,2 millions de Dollars. L'objectif est d'atteindre 10 millions pour la prochaine campagne.

    Pour M. Fachot, la demande potentielle(2) augure de bonnes perspectives, principalement pour les surgelées dont la consommation est en croissance continue dans les pays occidentaux. L'expert américain annonce que des responsables d'une dizaine de grandes compagnies devront séjourner au Maroc au courant du mois de septembre avec au programme la visite des fermes et des installations de surgélation. A cette occasion, des précontrats d'achat devraient être conclus avec quelques producteurs.

    Il fait cependant montre d'une certaine inquiétude. Il estime que les sociétés de surgélation ne disposent pas d'assez de produits pour répondre à la demande. Pour illustration, il fait remarquer que les 6.000 tonnes de fraises surgelées exportées durant cette campagne l'ont été par 8 à 11 stations, alors que la demande est très forte. Certaines stations n'ont même pas pu honorer leurs engagements fermes de vente. Pis, aux 11 stations actuellement installées, viendront s'ajouter 5 autres. Résultat: la plupart devraient tourner très en deçà de leur capacité de fonctionnement si la production ne suit pas.

    Dysfonctionnement du circuit

    Autre source d'inquiétude pour M. Fachot, la plupart des professionnels n'adoptent pas une politique à long terme et préfèrent se concentrer sur les produits considérés comme les plus demandés à l'exemple de la fraise. Même si ce produit réalise de bonnes performances, il note une demande croissante sur des produits en surgelé comme le brocolis et les choux-fleurs blancs.

    Du coup, il préconise non seulement une diversification de l'offre, mais aussi une variation de la présentation des produits. En d'autres termes, il s'agit notamment, pour les stations de congélation, de préparer de l'oignon en rondelle, de l'abricot coupé, du melon en boule et de la tomate en quarts et en cubes. Au passage, il ne manque pas d'indexer "le manque évident d'organisation" au niveau du circuit ferme (producteurs de produits frais)- station de surgélation.

    Par conséquent, les produits sont toujours insuffisants ou sont souvent livrés avec du retard aux stations. Ces dysfonctionnements relèvent en partie du déficit de professionnalisme de beaucoup de petits producteurs de fruits et légumes destinés à la congélation.

    Dans la foulée, M. Fachot rappelle que la qualité et des prix compétitifs restent seuls garants de l'accès aux marchés. A ce titre, il milite pour une meilleure synchronisation entre producteurs et stations de congélation et invite ces derniers à plus de rigueur dans l'élaboration de leurs prévisions.

    Du point de vue technique, l'expert indique que les stations de surgélation mobiles, moins coûteuses que les fixes, offrent plus de souplesse en matière de gestion du fait qu'elles permettent le traitement direct des produits, évitant ainsi les livraisons quelquefois très aléatoires.

    A.D.N.

    (1) AMI est installé au Maroc depuis un peu plus d'un an. Il concentre essentiellement ses efforts sur 8 groupes de produits: les primeurs, les fruits frais, les fruits et légumes transformés, les fleurs coupées et plantes ornementales, les olives et huiles d'olives, les épices, les huiles essentielles et plantes médicinales, les raisins et vins, les légumineuses. Outre la promotion des exportations, il a entre autres activités, l'assistance aux associations professionnelles et le conseil aux exportateurs de produits agricoles. Ses prestations se font au titre de la coopération maroco-américaine.

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