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Exclusif: Ce qui va changer dans la lutte antidrogue

Par L'Economiste | Edition N°:2236 Le 17/03/2006 | Partager

. Le Maroc prépare une nouvelle stratégie. Les politiques de substitution relookées. Renforcement des effectifs, centres d’accueil pour toxicomanes, sensibilisationLA lutte antidrogue prend un nouveau tournant. Le Maroc s’apprête à dévoiler une nouvelle stratégie qui sera finalisée dans les semaines à venir. Les efforts envisagés dans le cadre de cette action devront s’atteler sur les différentes dimensions de la lutte contre les stupéfiants. A commencer par le volet répressif. Le contrôle sera renforcé aussi bien à l’intérieur du pays, pour limiter l’alimentation en drogues du «marché» local, que dans les lieux de transit vers l’étranger (ports, aéroports, postes frontières…). Cet élargissement est d’ores et déjà entamé. Le nombre de 10.000 agents de la police mobilisés dans ce cadre depuis 1995 devra être revu à la hausse. La consolidation de la coopération régionale est aussi de mise avec un renforcement du déploiement des forces marocaines dans des postes d’observation le long de la côte méditerranéenne et des patrouilles qu’effectue la Marine marocaine. Une des autres particularités de la nouvelle politique réside dans son caractère global et intégré puisque de nouveaux ministères se rajoutent à la liste classique. On y retrouve notamment la Gendarmerie royale et le département de l’Intérieur, la Justice, la Santé, l’Education nationale et l’Agriculture.Un renforcement de l’application des lois contre les responsables de ce trafic est également au programme. La loi marocaine prévoit certes des peines de prison maximales pour les délits concernant la drogue. Celles-ci vont jusqu’à 30 ans avec des amendes allant de 200.000 à 800.000 DH. «Mais les peines de 10 ans d’emprisonnement restent pour l’heure la sentence typique à l’encontre de trafiquants arrêtés au Maroc», note le département d’Etat américain dans un Rapport 2005 sur «la stratégie internationale de lutte contre les stupéfiants». Les mesures répressives n’étant qu’une partie de la solution, le dispositif comprend également la maîtrise des superficies où le cannabis est cultivé. D’autres mesures sont ainsi prévues en appui à une politique déjà mise en place et chapeautée par l’Agence de développement des provinces du Nord. Les résultats sont palpables. En témoigne une enquête 2004 réalisée par l’Agence, en collaboration avec l’ONUDC (Office contre la drogue et le crime, relevant de l’ONU). Les superficies cultivées en cannabis ont été réduites de 10% en 2004 par rapport à 2003. De 134.000 ha, elles sont ainsi passées à 120.500 ha. La baisse de 10% a également été enregistrée au niveau de la production de résine de cannabis (2.760 tonnes). La même tendance a été relevée en 2005, notamment avec le lancement du programme «Provinces sans cannabis». Ayant démarré en juin dernier dans la région de Larache, cette action a permis l’éradication de plus de 4.000 hectares. Le chiffre d’affaires total du marché de la résine de cannabis d’origine marocaine n’en est pas moins conséquent. Il est de l’ordre de 127 milliards de DH. A noter, par exemple, que les revenus générés par la culture de cannabis se situent entre 160.000 et 300.000 DH par hectare contre à peine 10.000 DH par hectare de maïs. Mais une infime partie de ces rentrées va directement au cultivateur. La recherche d’une solution alternative n’en passe cependant pas par l’adhésion des populations vivant de cette culture, dont le nombre avoisine les 800.000. Le concept de cultures de substitution cède la place à un autre, celui de revenu de substitution allant au-delà de la simple activité agricole pour concerner d’autres secteurs (tourisme, industrie et services). Un volet santé est également compris dans le cadre de ce dispositif. Il va de la création de centres pour l’accueil et l’aide aux toxicomanes à la formation de médecins spécialisés pour leur prise en charge. Un numéro vert pour les personnes dépendantes des drogues, dures comme «douces», sera aussi lancé. La lutte contre les stupéfiants passe également par l’école. Plusieurs actions de sensibilisation sont au programme. Elles viseront particulièrement les lycées. L’ensemble des écoles secondaires du pays est concerné. Une compagne «agressive» pour la sensibilisation du grand public est également en vue. Pour centraliser ces différentes opérations, une commission interministérielle de lutte contre les stupéfiants, présidée par le département de Mohamed Cheikh Biadillah est créée. Cette structure sera officialisée et devra disposer d’un siège à part entière et des moyens humains et matériels pour mener à bien cette mission.Une mission qui pose cependant la question du faible soutien de la communauté internationale. Un point souligné par la forte délégation marocaine présente actuellement à Vienne, où se tient la 49e session de la commission des stupéfiants des Nations unies.Tarik QATTAB

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