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Evolution du dollar: «Attention danger!»

Par L'Economiste | Edition N°:1659 Le 10/12/2003 | Partager

. Certains économistes américains indépendants tirent la sonnette d’alarme. Alors que le gouvernement de Bush essaye de minimiser la baisse du billet vert. Henri Bourguinat évoque deux scénarios: un renforcement de la baisse, ou un raffermissement“En 2001, j’ai été invité à l’OCP par Mohamed Berrada pour animer un séminaire sur la hausse du dollar. Aujourd’hui, c’est plutôt pour expliquer sa baisse”, a indiqué en préambule Henri Bourguinat, professeur à l’Université Montesquieu de Bordeaux, spécialiste des marchés monétaires et auteur de plusieurs ouvrages dont le plus récent “L’euro au défi du dollar”, publié en 2001. Invité par son ex-élève et ami, Mohamed Berrada, président de la RAM, Bourguinat a tenté, en l’espace de deux heures, d’expliquer la chute vertigineuse du dollar et les différents scénarios à pronostiquer. La monnaie américaine est entrée depuis plusieurs mois dans une zone de turbulences. Mardi, 9 décembre en fin de matinée, le billet vert touchait un nouveau plus bas historique par rapport à l’euro et s’échangeait à des plus bas en onze ans face à la livre sterling. Le dollar poursuit donc sa descente aux enfers, tombant chaque jour plus bas au mépris de bonnes nouvelles économiques aux Etats-Unis, et rien ne semble pour le moment vouloir stopper sa chute. Cet accès de faiblesse contraste avec le dynamisme à faire pâlir de jalousie la zone euro. Alors que deux années auparavant on assistait au scénario contraire : chute de l’euro face au dollar. “Le change c’est comme le tango, il faut être à deux pour le danser. Sauf que dans le cas actuel, les deux partenaires dansent dans le sens inverse”, indique le professeur. La situation actuelle est, selon lui, aussi bien préoccupante que difficile à cerner. “Bienheureux celui qui saura prédire comment sera l’évolution du dollar”, affirme-t-il. Aux Etats-Unis, l’évolution de la monnaie nationale est une pomme de discorde. Pour l’establishment, la situation n’est nullement alarmante, dixit le président Georges Bush. Plus modéré, Alan Greenspan, président de la Réserve Fédérale, souligne que la situation du dollar est moyenne dans la mesure où les Etats- Unis disposent de réserves dans lesquelles ils peuvent puiser aisément. Les analystes de HSBC, quant à eux, prévoient que le dollar s’échangera entre 1,35 et 1,40 euro d’ici fin 2004. En revanche, ceux de Morgan & Stanley pronostiquent une stabilité de la situation actuelle. “De l’autre côté de la barrière, certains économistes indépendants ne cessent de tirer la sonnette d’alarme et pensent qu’il est temps d’intervenir pour empêcher l’effondrement de la monnaie américaine”, affirme Bourguinat, qui rappelle que “l’obligation de l’humilité l’empêche de faire des prévisions”. Prudent, il avance tout de même deux scénarios, “un approfondissement de la baisse ou alors un raffermissement du dollar”, explique-t-il. Deux éléments font, cependant, pencher la balance vers la première hypothèse. Le billet vert est en effet miné par le talon d’Achille de l’économie américaine: le déficit abyssal des comptes courants et du budget fédéral.Pour la balance courante, le déficit est de 503 milliards de dollars et 2003 ne sera pas meilleure selon les analystes. Pour ce qui est du déficit budgétaire, il a atteint 5,2% du PIB. “Ce qui, en Europe, serait catastrophique. Le seuil des 5% est très sensible”, explique Bourguinat en donnant comme exemple la crise mexicaine et celle des pays asiatiques. A l’origine de ce déficit, un déséquilibre entre les importations et les exportations américaines. Les USA importent 1,5 fois plus qu’ils n’exportent et ce pour diverses raisons: la désindustrialisation des Etats-Unis, la rude concurrence de pays tels que la Chine, etc.Alors que pendant les mandats de Clinton, les Etats-Unis avaient réussi un rééquilibrage des différents soldes budgétaires, la politique monétaire de Bush va dans le sens inverse. “Les événements du 11 septembre et la guerre en Irak y sont pour beaucoup”, rappelle Bourguinat. La spectaculaire croissance américaine (qui a dépassé les 8% au troisième trimestre) contribue d’ailleurs à alimenter les déficits parce qu’elle stimule la demande pour des biens et des services étrangers.“L’Amérique continue de fonctionner en dépit de ces déséquilibres jumeaux mais c’est dangereux”, estime-t-il. Si le gouvernement américain persiste à soutenir ce double déficit, cette solution lui coûtera énormément cher. Mais du moment qu’il emprunte sur le marché international dans sa propre monnaie, ça ne pose pas de problèmes de change. Selon certains analystes, le déficit courant ne compromet pas l’équilibre interne. “Les sommes prélevées pour rembourser les emprunts n’influent pas négativement sur l’économie américaine qui possède une forte capacité de résorption interne”. Par ailleurs, la demande sur les actifs en dollar est quasi-permanente de par le monde. Sur les billets émis par la Réserve Fédérale, 75% sont utilisés à l’étranger.Toutefois, une poignée d’économistes américains parmi les meilleurs, selon Bourguinat, ne cessent de mettre en garde contre la situation actuelle. “Un pays, quel qu’il soit, accumulant les déficits doit prévoir des excédents pour rembourser ses emprunts”. “Mais, tant que le reste du monde garde confiance dans la croissance de la première économie mondiale et donc, dans le dollar, le problème du financement de ce déficit ne se pose pas”, souligne le professeur Bourguinat tout en mettant un bémol : cette situation rencontre des limites. L’attrait des Etats–Unis pourrait être moins soutenu”, ajoute-t-il. En outre, les Etats-Unis détiennent 55% du portefeuille mondial en actions et 30% en obligations. “Que se passerait-il, si les investisseurs décident de changer d’avis?”, s’interroge le professeur. Les derniers chiffres avancés par Morgane & Stanley vont dans ce sens. Le montant des transactions opérées sur le marché par les investisseurs européens a atteint en septembre 2003, 403 millions de dollars contre 27 milliards mensuellement entre janvier et août 2003. Si cette évolution négative se poursuit, les conséquences en seraient désastreuses aussi bien pour le dollar, l’euro que pour l’économie mondiale. La question qui se pose actuellement est de savoir comment va se comporter le dollar? Les deux hypothèses émises par Bourguinat font état d’un approfondissement de la baisse ou d’un raffermissement. Quoique ce dernier penche plutôt pour la première. “Une deuxième période de baisse est nécessaire”. Cette correction devrait en revanche se faire contre d’autres monnaies que l’euro, le yen ou le yuan par exemple. øA contrario, la forte croissance de 8% enregistrée lors du troisième trimestre, la non-intervention des banques centrales sur les taux auraient comme conséquence un probable raffermissement du billet vert. “Quoiqu’il en soit, l’attitude de détachement dont font état en ce moment les autorités monétaires américaines n’augure rien de bon”, indique Bourguinat. En ajoutant qu’une conférence internationale, en présence de la Chine bien sûr, pour poser ces différents problèmes serait la bienvenue.


La Chine, cette inconnue

Les systèmes de change des nombreux pays asiatiques ne permettent ni des transactions transparentes, ni d’être sûr que le taux correspond à une valeur correcte des monnaies. Le premier risque pour les grands argentiers du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) est l’absence de flexibilité des taux de change dans de nombreux pays asiatiques, à commencer par la Chine, dont les monnaies sont arrimées au dollar par un lien fixe. Les Etats-Unis ont lancé une campagne pour obtenir de la Chine qu’elle laisse davantage flotter le yuan, dont le niveau représente une concurrence très sévère pour les entreprises américaines.Les Européens et les Japonais sont également inquiets, à cause de la faiblesse du dollar face à l’euro et au yen. La faiblesse du dollar et par conséquent du Yuan, aggrave les déficits commerciaux des pays à monnaie forte, comme ceux de la zone euro.Fédoua TOUNASSI

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