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    Evasion 94 dévie de sa cible

    Par L'Economiste | Edition N°:133 Le 09/06/1994 | Partager

    Evasion 94 a été l'occasion pour les professionnels marocains de présenter une riche gamme de produits aux nationaux d'abord. Mais, envahi par une vague de visiteurs inattendus, il n'a pas eu l'impact prévu.

    Le salon Evasion 94 organisé par la FNAV, qui a dressé son chapiteau la semaine dernière sur la Corniche de Casablanca, a plié bagage en laissant des appréciations diverses et contradictoires. Certes, l'initiative est jugée intéressante par le public. Cependant plusieurs réserves ont été émises. Les experts en communication trouvent l'organisation de la manifestation trop chère: entre 1.200.000 et 1.300.000DH en coûts fixes et variables. Les professionnels du tourisme regrettent l'insuffisance de tours opérators étrangers et l'absence de certains opérators marocains importants. Par ailleurs ils déplorent les erreurs de ciblage qui ont drainé vers le Salon une majorité de visiteurs trop jeunes et sans pouvoir d'achat, et un excès d'animation. "Je suis déçu quant au volet commercial de la manifestation, avoue M. Alami, PDG de Atlas Voyages. Jeudi, l'inauguration officielle a pris tout l'après-midi, vendredi il y a eu très peu de monde intéressant du point de vue de notre cible. Samedi matin, l'apparition de clientèle potentielle consommatrice de loisirs a été noyée par un show qui ne devait en aucun cas avoir sa place dans se Salon: un défilé de mode suivi d'un concours de danse. Ensuite la séance de tombolo a duré un heure".

    M. Mahrouch, directeur général de FM Tours, fait remarquer la confusion qui a régné dans les esprits concernant la vocation et les spécificités de ce Salon. "Les lacunes communicationnelles des organisateurs ont nourri une confusion entre le Salon marocain de promotion du tourisme et Evasion 94. Le SMPT, qui fut stoppé net à la troisième édition avec la crise du Golfe, avait pour but de dresser une plate-forme de rencontres et de réflexion entre opérateurs marocains et étrangers du tourisme. Tandis que Evasion 94 a pour objet de présenter les professionnels marocains du tourisme ainsi que leurs produits, aux nationaux en priorité. Il s'agit également de faire prendre conscience à ces derniers des avantages du recours aux agences dans l'organisation de leurs voyages au Maroc et à l'étranger". M. Mahrouch ajoute que les organisateurs ont voulu faire d'une pierre deux coups, et intéresser à ce Salon un certain nombre de clients potentiels étrangers. L'appel n'a pas été entendu. Malgré ces défaillances, il reste optimiste, à condition de confier l'organisation du Salon à une entité de professionnels sous une forme juridique autonome ou sous forme de groupe économique à but non lucratif. En effet, les membres de la FNAV ont déjà le souci de la gestion de leurs agences. "Il faudra en outre motiver les opérateurs marocains et internationaux pour qu'ils puissent trouver dans cette manifestation une plus-value et un intérêt à y être présents".

    La perception européenne

    Evasion 94 ambitionnait de susciter une réflexion sur le développement du tourisme. A ce titre, les conférences ont donné lieu à d'intéressants échanges de points de vue. Celui de Gaël de La Porte, DG de Jet Tours (un des plus grands opérateurs français), sur les perspectives du tourisme européen au Maroc, a révélé des défauts, jusque-là insoupçonnés, du produit marocain. Une étude de l'ONMT a démontré que le Maroc est extrêmement mal perçu au niveau des principaux pays émetteurs de touristes à travers le monde, en premier lieu l'Allemagne et la Grande-Bretagne. "Effarant lorsque l'on pense que la campagne Eblouissement des sens était censée corriger cette perception sur ces marchés", souligne M. Mahrouch. M. Saïd Mohid, directeur du marketing à la RAM, a développé la stratégie de la compagnie en tant que vecteur de développement du tourisme marocain.

    Il rappelle qu'au niveau des marchés étrangers la compagnie a su se forger au cours de la dernière décennie une image de transporteur touristique. "Dans ces conditions, notre développement ne peut se faire que dans le cadre de l'activité touristique. Ce qui nous a fait prendre une décision stratégique l'année dernière: localiser une sous-flotte de la RAM dans les zones touristiques, Agadir, Marrakech, Tanger". Parallèlement. La RAM a engagé d'autres types d'action: baisse des coûts au sein de la compagnie, recherche de destinations que la concurrence ne dessert pas, telles que l'Irlande, l'Europe de l'Est...La RAM tient à montrer son implication dans la promotion du tourisme marocain, notamment en étant partenaire de Escapades Internationales. "Nous offrons des packages pour des prix avoisinant ce que coûterait un voyage à l'intérieur du Maroc".

    Les femmes seules

    Les efforts de la RAM conjugués à ceux des autres opérateurs du tourisme devraient contribuer, à moyen ou à long terme, à développer chez le Marocain "une nouvelle culture du voyage", pour reprendre l'expression de M. Fouad Lahbabi, président de la FNAV. D'après les professionnels, le Marocain manifeste le goût de voyager et apprécie particulièrement les voyages organisés pour la prise en charge, la fiabilité des réservations, la sécurité, les interprètes.

    Les responsables des agences ont aussi noté que les femmes voyagent de plus en plus, seules, en famille ou avec des amies. Il est vrai que certaines nouvelles attitudes sont adoptées par le voyageur marocain, mais il reste encore beaucoup à faire, notamment lui apprendre à planifier ses vacances.

    Bouchra LAHBABI

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