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Courrier des Lecteurs

Euro: Un défi, une opportunité

Par L'Economiste | Edition N°:271 Le 13/03/1997 | Partager

Dans deux ans, l'Euro deviendra une réalité. Le Maroc comme beaucoup de pays du Sud de la Méditerranée sera intégré dans une grande zone monétaire. Des bouleversements sont attendus.


«EURO grève», critères de convergence, polémique sur le choix des pays qui vont démarrer l'Euro. Il ne se passe pas un jour sans que la monnaie unique ne soulève de problème sur le vieux continent. Et pour cause, le dossier est d'une importance capitale. L'Union monétaire devra fasciner l'Europe du 21ème siècle. L'Euro sera probablement une monnaie aussi forte que le Dollar, même si pour l'instant il est difficile de faire des prévisions sur sa parité avec la monnaie américaine.
A l'évidence, une zone Euro se constituera en Méditerranée, favorisant ainsi le développement du commerce régional. L'Euro doit avoir un statut de monnaie unique en 1999. Après une phase de transition, elle deviendra une réalité en 2002. Les vagues qui montent actuellement dans le vieux continent vont déferler sur les rives du Sud de la zone.
Autant que les autres pays, le Maroc est directement concerné, plus particulièrement en raison de l'orientation de son commerce extérieur. En 1995, 66% des échanges commerciaux se faisaient avec l'Europe. A elle seule, l'UE comptait pour 88% dans ces échanges.

Second élément induit par le premier: les monnaies européennes représentent une forte proportion du panier sur lequel est basée la valeur du Dirham, l'Euro en sera de même, quels que soient les pays qui seront éligibles le moment venu.
Etant donné que toute la région tend vers une zone de libre-échange, l'économie marocaine devra réussir sa mise à niveau pour affronter les prochaines échéances. Discipline budgétaire, faible taux d'inflation, monnaie stable sont les ingrédients pour intégrer l'économie mondiale en général et assurer un taux de croissance plus fort. En soulignant, lors du Forum d'Euromoney, que le Maroc respecte pratiquement les critères de convergence, vu les résultats réalisés en 1996, M. Mohamed Kabbaj, ministre des Finances et des Investissements Extérieurs, désirait certainement rappeler que la rigueur est incontournable. Il s'agit là d'un défi permanent.

Pressions concurrentielles


Sur les marchés financiers, des bouleversements sont attendus dès 1999, début de la phase de transition. En pratique, l'Euro devra entraîner la fixité de la parité entre les monnaies des membres. Les salles de marché, qui enregistrent des flux de l'ordre de 20 milliards de Dollars en devises européennes, seront ainsi amenées à se réorienter de manière à compenser la perte des gains réalisés sur les opérations internes. Par conséquent, prévoit M. Redouane Chafei, directeur de la Division Recherche et Dévelop-pement à Wafabank, "les trans-actions de change vont se déplacer vers les pays émergents». Il est attendu que l'usage d'une même monnaie dans l'UE, accompagnée par le développement des moyens de transmission instantanée, provoque des pressions concur-rentielles dans les zones de forte activité économique. Dans ce contexte, le Dirham devra puiser sa force dans un fort taux de croissance, lequel doit rester supérieur à celui de l'Europe.
Pour le secteur bancaire, il s'agira d'augmenter les investis-sements dans les salles de change, notamment en formation.

Si l'on considère, par ailleurs, que la globalisation pourrait entraîner une modification sensible des flux d'échanges, il sera également nécessaire de développer l'appréciation des risques pays.
En somme, l'appareil financier doit se restructurer en termes de nouvelles compétences, de produits et de moyens pour saisir les opportunités qu'offre le marché mondial. M. Chafei indique que les banques sont tenues de grandir et de rechercher des alliances avec les grands établissements inter-nationaux. D'ailleurs, des regroupe-ments sont en cours ou annoncés. L'ouverture sur l'extérieur est également devenue plus prononcée. En témoigne l'option internationale manifestée par la BMCE. Wafabank tente également de s'ouvrir davantage sur l'Europe avec Banco Bilbao Viscaya. Sur un autre registre, les banques étrangères installées sur place, notamment Bex Maroc, ABN Amro, Citibank Maghreb et BMCI, affichent clairement leur caractère multi-national.

Alié dior NDOUR

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