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Economie

Ethique et anticorruption
La CGEM s’offre une charte de responsabilité sociale

Par L'Economiste | Edition N°:2412 Le 30/11/2006 | Partager

. Une volonté de mise à niveau international. La nécessaire prise de responsabilité sociale des entreprises comme gage de crédibilité. Un programme ambitieux et inédit Cette charte de responsabilité sociale (RSE) ardemment soutenue par Moulay Hafid Elalamy, président de la CGEM, est encore en cours d’élaboration et se propose de complémenter un dispositif déontologique désertique en termes de RSE.Une thématique d’actualité d’autant plus qu’hier s’est tenu un Conseil de gouvernement consacré essentiellement à l’examen de projets de loi et de décrets relatifs à la prévention de la corruption.La Charte RSE de la CGEM se veut effectivement rompre avec des normes comportementales d’entreprises jugées trop souples et flexibles en matière d’éthique et de morale vis-à-vis de leurs partenaires et de la société en général. C’est pourquoi elle s’appuie, pour affronter ce vaste chantier, sur le droit international public existant pour remettre à niveau les références déontologiques en cours dans le milieu de l’entreprenariat marocain. Responsabilité sociale de l’entreprise et contribution au développement durable, tels sont les deux principaux mots d’ordre relayés par la charte, qui arbore 9 articles traitant de volets économiques, sociaux et environnementaux.« Nous nous engageons à promouvoir les droits fondamentaux et les atteintes légitimes des parties prenantes…prendre en compte leurs intérêts matériels et moraux lorsqu’ils sont affectés par des comportements managériaux ou par des activités des entreprises avec lesquelles nous opérons », déclare Elalamy, dans le cadre d’une campagne d’information en faveur d’une gouvernance citoyenne des entreprises. . Modifier les comportements économiques des entreprisesSont donc préconisées toutes initiatives encourageant la démocratie d’entreprise, notamment en termes de création de syndicats et de renforcement de la démocratie d’entreprise. Mais aussi toutes les mesures qui pourraient remédier à la précarisation et à la segmentation vers le bas du marché du travail. La thématique sur la prévention de la corruption est abordée de manière directe et franche. Refuser les paiements illicites car irréguliers ou illégitimes, en vue d’acquérir un marché, est tout bonnement banni. La Charte encourage d’ailleurs les entreprises à considérer la régularité des comptes de leurs fournisseurs comme le critère d’achat principal. Le respect de la transparence est par ailleurs évoqué comme un impératif autant pour les employeurs que les employés (renforcement des dispositifs de contrôle interne, mécanismes d’audits indépendants, etc.). Et si le respect des intérêts des clients et des consommateurs est avancé comme un gage de qualité primordial à la crédibilité des entreprises dans le cadre d’une concurrence international, il n’en reste pas moins que l’apport principal de cette charte réside dans l’appel à un engagement sociétal des entreprises plus important et généralisé. L’entreprise est vivement invitée à contribuer dynamiquement au développement humain des collectivités locales dans lesquelles elle s’installe. La Charte recommande de ce fait d’encourager l’emploi local et la formation, mais aussi l’accessibilité des produits présentant un caractère d’intérêt général. Elle préconise aux entreprises de prévenir ou d’atténuer les déséquilibres écologiques dus à leurs activités, mais également de lutter contre la pauvreté sans oublier leur contribution à la promotion de la culture, des arts et du savoir. La Charte tente donc de banaliser des pratiques qui souvent n’existent pas encore chez les PME surtout, mais chez les grandes entreprises aussi.C’est pourquoi améliorer, respecter, prévenir ou renforcer sont autant d’objectifs louables parsemant cette charte innovante. Une charte qui tente d’offrir un cadre d’initiative alternatif pour les entreprises qui voudrait sortir des rouages gangrenés de l’économie marocaine. Mais où sont les lois? Car dans le contexte frénétique d’investissement et de rentabilité qui accompagne le boom économique animant depuis quelques années les marchés marocains, notamment dans les secteurs de la construction, de l’industrie et de l’immobilier, élaborer un plan d’éducation des entreprises marocaines est un projet, certes ambitieux, mais nécessaire pour tendre vers l’assainissement, contre l’opacité actuellement régnante. Cependant, aucune des dispositions citées dans la charte ne revêtent de caractère obligatoire. Il n’existe encore au Maroc aucune législation éthique en termes de RSE émanant d’organismes privés ou publics qui peuvent se prévaloir de la force de la loi. Un handicap majeur dans les pays en voie de développement où les recours à la justice sont plus limités si ce n’est parfois inutiles.C’est donc dans un cadre de réglementation que cette charte a été conçue. Toutefois, pour les entreprises désireuses d’emboîter le pas lancé par la CGEM , un label sera décerné sur la base d’audits réalisés par un tiers expert indépendant. Une première pour le Maroc qui a tout intérêt à investir ce chantier RSE au plus vite.


Indispensable référentiel international

Parce que le Maroc ne dispose pas encore de cadre normatif national qui peut se prévaloir d’un appui politique et judiciaire suffisant à en faire une priorité, la référence internationale s’impose.Dans le cadre de l’Union européenne, le Protocole sur la politique sociale du Traité de Maastricht a ouvert deux voies pour le dialogue social: législative et conventionnelle. Plusieurs accords-cadres entre fédérations patronales et syndicats européens ont, depuis, été conclus, en plus de la création Forum plurilatéral de la société civile sur la RSE et d’un Livre vert. Tandis qu’aux Nations Unies, un «Pacte mondial» («Global Compact») lancé en 2000 s’engage à respecter dix principes portant sur les droits de l’homme, sur le droit du travail, la protection de l’environnement et la gouvernance (lutte contre la corruption). Najlae NAAOUMI

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