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Etats-Unis, Inde, Chine, Pakistan: En Asie du Sud, la partie se joue à quatre!
Par le colonel Jean-Louis Dufour

Par L'Economiste | Edition N°:3362 Le 15/09/2010 | Partager

Même s’ils ont tendance ces jours-ci à s’améliorer, les rapports entre la Chine et les Etats-Unis sont souvent difficiles, à propos de l’Asie notamment. Que l’Amérique livre des armes à Taïwan déplaît à la Chine; Washington lui reproche d’affirmer sans nuance que les îles Spratley et Paracel lui appartiennent(1) ; Washington incite Pékin, qui s’en irrite, à traiter ces questions conformément au droit des gens. Il est un autre problème, tout juste redevenu d’actualité. Le New York Times s’est fait l’écho de rumeurs d’un déploiement de 7 à 11.000 soldats chinois au Cachemire pakistanais. Le fait n’est pas entièrement confirmé. Cependant, toute extension de la présence chinoise au Cachemire, dont Pékin administre déjà la partie extrême-orientale, concerne l’Inde au plus haut point. De son côté, Islamabad a tout intérêt à soigner sa relation avec Pékin. Car le moment approche où les Etats-Unis se désengageront d’Afghanistan et jugeront moins indispensable leur alliance avec le Pakistan. Du coup, l’Inde juge opportun de cultiver ses rapports avec Washington. En Asie méridionale, ces quatre puissances sont les acteurs d’un grand jeu diplomatique qu’il ne paraît pas superflu d’observer. Après tout, la prochaine guerre mondiale, si elle devait survenir, aurait plus de chance de débuter en Asie qu’en Europe ou en Afrique…A New Delhi, le 10 septembre, le commandant américain de la zone Pacifique a rencontré le ministre indien de la Défense. Celui-ci ira ensuite à Washington s’entretenir avec son homologue. Les sujets de conversation ne manqueront pas, guerre d’Afghanistan, terrorisme islamiste, troupes chinoises au Cachemire...Au Cachemire pakistanais, des entreprises chinoises remettent à niveau l’autoroute et la voie ferrée qui permettent, via le Karakoram, de relier le Xinjiang aux ports pakistanais de la mer d’Arabie. Engagés il y a trois ans, ces travaux devraient durer deux années encore; 700 Chinois y sont affectés. Que des unités chinoises aient été déployées pour assurer la sécurité des chantiers ne serait pas surprenant. Après tout, la région n’est pas sûre; des militants islamistes y transitent, des attentats ont eu lieu… Cependant, la présence dans cette région de soldats dépêchés par Pékin pourrait viser un autre but que la protection de ses travailleurs. Islamabad dément sans démentir. Il reconnaît la présence au Cachemire d’une petite mission chinoise, chargée de venir en aide aux victimes des inondations. A Pékin, les médias ont d’ailleurs rendu compte des efforts consentis par la Chine pour faire parvenir des secours d’urgence aux Pakistanais. Un convoi de 110 camions aurait récemment livré 2.000 tonnes de vivres dans les zones dévastées. L’Inde affirme, quant à elle, qu’un millier de militaires chinois sont arrivés dans la région. D’ailleurs, une action humanitaire peut très bien servir de couverture à Pékin pour une discrète montée en puissance de son dispositif au Cachemire. Vrais, faux ou amplifiés, Islamabad a tout intérêt à ce que ces bruits circulent. L’aide de la Chine, qu’elle soit humanitaire ou militaire, ne saurait nuire au Pakistan! Elle devrait inciter les Etats-Unis à considérer avec plus d’attention un Pays des purs qu’ils ne se pressent guère d’aider dans son malheur. Ce pays a pourtant besoin qu’on vienne à son secours. Les inondations ont ravagé la vallée de l’Indus, cœur utile et fertile du pays, une vallée de surcroît proche de la frontière avec l’Inde. Pour gérer sa situation, critique à bien des égards, économique, humain, stratégique, le Pakistan compte en principe sur un puissant mentor. Le choix d’Islamabad a toujours été de s’appuyer sur les Etats-Unis. Le Pakistan a fait partie de l’Otase(2), une fidélité qui mérite récompense. D’autant plus que le retrait américain d’Afghanistan pourrait ouvrir les portes à une expansion militaire chinoise en Asie méridionale. Les Etats-Unis veulent parer à cette menace tout en évitant que l’Inde établisse une suprématie trop absolue sur le sous-continent. Washington cherche donc à approfondir son partenariat avec New Delhi tout en aidant le Pakistan à garder la tête hors de l’eau. Cette politique d’équilibre entre les deux frères ennemis est délicate. L’Inde et les Etats-Unis apprécient peu l’irruption chinoise au Cachemire même si les intentions de Pékin ne sont pas claires. Il est peu probable qu’il s’agisse d’une volonté d’expansion territoriale. L’attention de la Chine pour ces territoires disputés (portions du Cachemire, îles Spratley, îles Paracel, îlots de Senkaku) semble plutôt liée à ses énormes besoins en énergie.Pour appuyer ses revendications, la Chine modernise son Armée populaire de libération (APL) chargée d’assurer la sécurité des lignes d’approvisionnement, en particulier celles entre la Chine et le Golfe. La voie routière ou ferroviaire du Karakoram au travers du Cachemire permet de beaucoup raccourcir le trajet entre les ports du Pakistan, où est débarqué le pétrole, et le territoire chinois.Cet effort militaire de la Chine est logiquement lié à l’expansion de son économie. On note depuis dix ans un engagement accru de l’APL. Ses missions, souvent évoquées par les médias, se diversifient: stabilité interne, cataclysmes naturels, émeutes, troubles divers, au Xinjiang notamment, maintien de la paix dans le monde (Moyen-Orient, Afrique), lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden… Ces missions de l’APL, jointes à ses progrès techniques, amènent ses chefs, hier discrets, à intervenir plus largement dans les domaines de la politique et de la stratégie.L’intrusion chinoise au Cachemire dissimule peut-être une manœuvre singulière. L’état-major de l’APL a sûrement noté la volonté de l’Inde de moderniser sa marine. En faisant planer un risque terrestre aux frontières nord de l’Inde, les Chinois peuvent vouloir pousser New Delhi à renforcer ses forces terrestres au détriment de sa flotte. Mais cela ne signifie pas que la Chine soit prête à se lancer dans une nouvelle aventure militaire contre l’Inde(3) . Pour l’heure, l’intervention chinoise au Pakistan est suffisamment modeste pour ne pas inciter l’Inde à renforcer son dispositif au Cachemire. New Delhi et Washington se contentent d’observer la situation, bonne occasion pour ces deux capitales de collaborer plus étroitement. A condition pour les Etats-Unis d’être prudents! L’Inde est fort jalouse de son indépendance, le Pakistan redoute suffisamment un rapprochement militaire entre l’Inde et les Etats-Unis pour ne pas être tenté de se tourner vers la Chine. Une guerre est loin d’être probable. Toutefois, une combinaison d’insécurité latente, de méfiances réciproques, de prétentions revendiquées, créent en Asie méridionale une tension quasi permanente et qui va croissant. C’est là une ambiance malsaine tant elle implique les stratégies de pays considérables aussi différents que les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Pakistan, et dont les intérêts sont situés aux antipodes les uns des autres.------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Voir encadré.(2) Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est, ou traité de Manille (1954), qui se voulait le pendant de l’OTAN dans la lutte contre le communisme soviétique sous direction américaine. Huit pays en faisaient partie: Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Philippines, Thaïlande. L’Organisation a été dissoute en 1966.(3) Comme elle le fit en 1962, pour s’approprier par la force le plateau d’Aksin-chin, ou «désert des pierres blanches» (47.000 km2), non loin du Karakoram, à 5.000 mètres d’altitude.


Conflit territorial en mer de Chine méridionale

Les îles Spratley et les îles Paracel sont deux archipels coralliens inhabités de mer de Chine méridionale qui font l’objet d’un conflit territorial complexe impliquant la Chine, Taïwan, le Viêt Nam, les Philippines, la Malaisie et Brunei. Les intérêts des différents pays sont les zones de pêche dans les deux archipels, le pétrole et le gaz naturel pour les Spratley, et la maîtrise d’une position stratégique.Les premiers sondages pétroliers remontent à 1968. Un ministre chinois avait alors déclaré que le potentiel des îles Spratley était de l’ordre de 17 milliards de tonnes de brut. Depuis les revendications se sont intensifiées. En 1976, une compagnie pétrolière philippine a découvert un gisement dans une île du sud de la mer de Chine mais appartenant sans conteste aux Philippines. Ces champs fournissent 15% du pétrole consommé par ce pays.Toutefois, aucun des pays revendiquant les Spratley n’a encore accordé de concession, pour éviter de provoquer une crise. D’ailleurs les compagnies pétrolières internationales se gardent de prendre le moindre engagement avant que le litige ait été réglé.Ces îles, une fois dotées de moyens d’observation et d’écoute peuvent aussi constituer une base appréciable pour observer les flottes croisant dans ces eaux, essentiellement l’US Navy et la marine chinoise.D’après Wikipédia

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