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    Enquête

    ESITH: Trois nouvelles filières à la rentrée de septembre

    Par L'Economiste | Edition N°:758 Le 01/05/2000 | Partager

    . La maintenance matériel de confection et un cycle de master en confection-logistique
    . L'Etat subventionnera la reconversion des diplômés-chômeurs dans les formations de confection habillement en versant 25.000 DH par élève

    Face aux immenses besoins en ressources qualifiées de l'industrie textile, l'Ecole Supérieure des Industries du Textile et de l'Habillement (ESITH) est bien seule, malgré l'appoint de centres de formation de l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFFPT). En moyenne, une quarantaine d'ingénieurs et 280 techniciens spécialisés sortent de l'ESITH chaque année. Le taux d'insertion frôle les 100%. A elle seule, la capacité de l'école est très limitée pour venir à bout du sous-encadrement des entreprises textiles. Le taux d'encadrement de ce secteur est d'un ingénieur pour 1.000 salariés, soit dix fois moins que la moyenne européenne (1 ingénieur pour 100 employés).
    D'où l'idée du Conseil d'orientation de doter l'école d'un «ambitieux plan de développement», confie M. Abdelaziz Jaouani, directeur adjoint chargé des Etudes. Celui-ci est déjà validé par les organes exécutifs ainsi que le Ministère de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, actionnaire de référence de la société gestionnaire de l'école, ESITH SA via l'OFPPT. Deux axes importants à souligner: le renforcement des capacités de formation initiale et le triplement de son activité de formation continue et d'assistance aux entreprises, afin de renforcer entre autres sa capacité d'autofinancement. A son offre actuelle, l'école va ajouter trois nouveaux produits dès la rentrée de septembre prochain: la maintenance de matériel de confection, le cycle de master confection-logistique destiné en priorité aux ingénieurs d'autres horizons (électricité, mines, travaux publics, etc) au chômage. Pour animer son cycle master, l'ESITH bénéficiera de l'assistance de l'Ecole Nationale Supérieure des Industries Textiles (ENSIT) de Mulhouse et de l'Ecole Supérieure des Industries du Vêtement de Paris qui lui dépêcheront leurs enseignants.
    Il y a enfin deux formations diplômantes en bonneterie et habillement qui débouchent sur une qualification (diplôme) de technicien spécialisé au bout d'une année. Ces dernières ciblent les bac+4 de branches scientifique et technique et rentrent dans le programme officiel de reconversion de la population de diplômés-chômeurs afin d'améliorer leur employabilité. Compte tenu des places disponibles (20), il faut s'attendre à des «bagarres» pour se frayer une place. Les responsables de l'Ecole assurent que la sélection se fera par examen de dossier.

    Statut particulier


    Aux prises avec la montée du chômage de jeunes diplômés, l'Etat s'est étroitement impliqué, y compris financièrement. Il mettra la main à la poche en prenant en charge la moitié du coût de la scolarité, soit 25.000 DH par étudiant. Avec un coût annuel de 50.000 DH par élève, l'ESITH est sans conteste la moins chère du réseau de grandes écoles publiques. Dans les autres établissements, la fourchette de coût d'un élève est comprise entre 120.000 et 150.000 DH, révèle M. Jaouani.
    Le statut assez particulier de l'établissement lui permet, il est vrai, de faire appel à des compétences de haut niveau grâce un mode de fonctionnement plutôt original. Le tabou du paiement de frais de scolarité n'existe pas, et les ménages participent au financement du budget de l'institution (20.000 DH par an) en complément de la subvention de l'Etat et de ressources propres dégagées de l'assistance technique aux entreprises. De par son statut, l'école est un cobaye pour ce qui pourrait demain se généraliser à d'autres grandes écoles. Créée en 1996 par financement public, l'ESITH a été transférée en gérance-libre au Dirham symbolique à une société anonyme, ESITH S.A. Dans le tour de table de la société de gestion, figurent l'OFPPT (65% du capital), les industriels textiles via l'Amith (20%) et la Fédération des Chambres de Commerce, d'Industrie et de Services (15%). A noter que c'est l'une des rares expériences d'école de formation de haut niveau pilotée conjointement par les industriels et les pouvoirs publics.
    Au fil des années, l'ESITH s'est forgée une réputation de centre d'excellence dans le secteur textile-habillement et d'interface entre l'industrie et le marché de l'emploi. C'est dans ce cadre d'ailleurs qu'elle s'est vu confier par le gouvernement le pilotage de la restructuration des programmes de formation professionnelle en textile-habillement. Il s'agit d'orienter le contenu des modules vers l'approche par compétences. Ce chantier est conduit avec l'appui des Canadiens. Le Collège LaSalle apportera son expertise dans le domaine de l'habillement, alors que le Ministère de l'Enseignement du Québec interviendra pour les aspects pédagogiques. Par ailleurs, grâce aux réseaux d'anciens élèves, l'Ecole est constamment sollicitée pour la recherche des profils.


    Une étude sur le pressing et la blanchisserie


    FACE aux demandes pressantes, des opérateurs de nettoyage et de la blanchisserie se plaignant de ne pas trouver de personnel qualifié sur le marché, le gouvernement a réagi. C'est à l'Ecole Supérieure des Industries du Textile et de l'Habillement associée au cabinet français Cofitex que le Ministère de l'Emploi et de la Formation Professionnelle a confié la réalisation de l'étude d'identification des besoins en formation dans l'entretien textile. Le travail est actuellement à mi-chemin, assure M. Abderrahmane Farhate, directeur des Etudes adjoint à l'ESITH, qui fait partie de l'équipe d'experts. Ce jeudi 4 mai, au siège de l'école, il sera procédé à l'analyse des situations de travail au cours d'un atelier qui regroupera plusieurs professionnels. Le but est de tracer le portrait de la profession. Les conclusions de l'étude devraient être rendues au gouvernement en principe, à la fin du mois de juin.
    Pour les enquêteurs, la collecte de l'information fut un véritable calvaire. L'opacité est la règle dans l'écrasante majorité des 3.200 pressings et unités de nettoyage recensés à travers le pays. A l'exception d'une douzaine de PME organisées, la plupart de ces micro-entreprises exercent dans l'informel. De ce fait, la question du nombre d'employés relève du tabou, car bien souvent les salariés ne sont pas déclarés, ni à la Sécurité Sociale et encore moins au Fisc. En revanche, dans les blanchisseries de collectivités (hôpitaux) et de l'hôtellerie, la tâche était beaucoup plus aisée.


    Comment y accéder


    Comme pour les autres écoles d'ingénieurs, l'admission à l'ESITH est ouverte aux candidats qui ont réussi le concours national des grandes écoles. Cependant, les responsables de l'Ecole réservent, au terme d'un concours interne, une proportion de places aux personnes justifiant d'un niveau bac+2 des facultés des sciences (CEUS, DEUG) et aux détenteurs de BTS, DTS, DUT. Le concours interne de l'Ecole est prévue cette année les 3 et 4 juillet prochains.

    Abashi SHAMAMBA

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