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Economie

Environnement et économie de marché : L'écologie accusée d'être une arme protectionniste

Par L'Economiste | Edition N°:111 Le 06/01/1994 | Partager

Les jeunes entrepreneurs marocains redoutent que le discours écologique en vogue en Europe ne soit une arme protectionniste. C'est ce qui se dégage d'une rencontre entre un député européen et des associations de jeunes entrepreneurs (1)

"L'économie de marché n'a pas donné un prix a la nature ". "On a pollué sans payer". "Lutter pour l'environnement ne demande pas un retour à la nature. Cela exige des techniques de pointe et une croissance économique". Ces propos ne sont pas des slogans politiques mais des constats dressés par M. Manfred Vohrer, membre du Parlement européen. Devant un parterre composé de jeunes entrepreneurs, M. Vohrer a tenu un discours "moitié technique, moitié politique" sur la relation entre l'économie de marché et l'environnement. Par petites phrases, le conférencier allemand aura finalement réussi à marquer les esprits et à susciter les interrogations de l'auditoire . Pour preuve, autant sa communication était brève et concise, autant le débat était animé et long, au point que fatigué, le député européen demandait par gestes diplomatiques "à être libéré' .

Le conférencier part d'un constat: l'économie de marché a prouvé son efficacité en tant que système. Sa force motrice est la compétition entre les différents acteurs économiques. Toutefois, elle renferme en elle-même ses propres limites. "L'économie de marché est incapable de résoudre les problèmes sociaux", souligne le député européen, de la fraction des libéraux. Dans ce contexte, le conférencier s'interroge si l'économie de marché peut ou non résoudre le "problème écologique". Au coeur de la problématique se pose la question de savoir comment "internaliser", dans le calcul du prix du marché, le coût de la pollution . Pour répondre à cette question, le conférencier propose une grille d'instruments.

Une présomption de responsabilité

En premier lieu, le député européen rappelle le principe "pollueur-payeur". Il estime toutefois que le contenu de cette règle reste limité. Dans une conception plus large, il plaide pour le principe de la responsabilité objective. C'est une sorte de présomption. L'agent économique doit "faire tout ce qu'il peut pour éviter la pollution". En second lieu, le conférencier propose d'effectuer une "étude d'impact sur l'environnement avant de mettre sur pied un investissement ". Un seul risque se pose: les contraintes écologiques peuvent, dans ce cas, limiter la créativité de l'entrepreneur. Le conférencier souligne à ce propos que la rentabilité peut concilier l'écologique et l'économique. Il ne propose toutefois pas de modalités pratiques.

En troisième lieu, le député européen estime que l'internalisation des frais peut prendre la forme d'un instrument fiscal: taxes, redevances. Ces impôts peuvent frapper la consommation des ressources, impliquée directement dans les problèmes de pollution.

En quatrième lieu, M. Vohrer propose l'encouragement des activités de recyclage et enfin l'information des consommateurs sur les problèmes de pollution. Les secteurs de prédilection auxquels peu vent s'appliquer ces différentes mesures sont l'énergie, le transport, les déchets et l'agriculture. A ce niveau, des solutions de rechange (co-génération) existent désormais pour suppléer l'utilisation des ressources polluantes. Le Parlement européen soutient, selon M. Vohrer, l'idée de taxer le C02 au même titre que le transport du pétrole.

Pour l'agriculture, la mise en place en Europe d'un système compensatoire devrait bénéficier aux agriculteurs qui respectent la norme écologique. L'assistance a placé le débat sur l'écologie sous l'angle des relations Nord-Sud. Des interrogations exprimées, il ressort une crainte majeure, celle de voir dans la norme écologique communautaire une arme à double tranchant: d'une part elle constitue une forme de néoprotectionnisme contre les marchandises du Sud ; d'autre part, elle entraîne un vaste mouvement de délocalisation industrielle vers les pays d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie

A.Z.

(1) En collaboration avec le Club des Jeunes Entrepreneurs de Casablanca, la Fondation Friedrich Naumann-Stiftung a organisé, le 22 décembre 1993, un dîner-débat sur le thème "l'économie de marché et la protection de l'environnement". Etaient conviés pour écouter le Dr. Manfred Vohrer, député européen, l'association marocaine des jeunes entre preneurs, l'association marocaine des jeunes pro moteurs et l'Espod.

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