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Entretien avec M Jettou, Président de la FEDIC : Faute de créativité, ruée vers la chaussure homme

Par L'Economiste | Edition N°:67 Le 18/02/1993 | Partager

La chaussure doit se diversifier, les industrie se remettre en cause et suivre les tendances. M. Driss Jettou, Président de la FEDIC, répond aux questions de L'Economiste sur le Sitec 93.

- L'Economiste: Quelles sont, à chaud, vos impressions sur cette seconde édition du Sitec?

- M. Jettou: D'une manière générale, la fréquentation du salon a été supérieure à celle de l'année dernière. Du fait que nous avions axé notre promotion sur le partenariat, nous avons pu accueillir beaucoup de visiteurs qui sont eux-mêmes fabricants industriels que d'acheteurs à proprement dit. Et cela est très positif pour l'avenir de cette industrie au Maroc.

Ces personnes sont venues, non pour acheter des produits, mais pour juger du niveau auquel nous sommes arrivés au point de vue technique, environnement général, législation du travail, et pour voir s'ils auront en face d'eux des partenaires intéressants. Je pense que ce côté, que nous ne pouvons mesurer, est extrêmement important. J'y vois des prémices d'un développement futur beaucoup plus intéressant pour le Maroc que des opérations d'achat ponctuelles.

- Qu'est-ce qui a changé par rapport à l'an passé?

- Les professionnels marocains sont cette année beaucoup plus motivés. Au début de la manifestation, ils étaient très pessimistes, car le taux de fréquentation dans les salons, même étrangers, a baissé de 40-50%. Mais au fil des heures, ils ont repris confiance.

Maintenant, certaines entreprises exposantes ont le niveau international, du moins côté collections. Mais, pour d'autres, qui exposent pour la première ou la seconde fois, ce salon doit être le passage obligé pour se remettre en cause, voir quels sont les changements à apporter soit au niveau de leurs méthodes de fabrications, soit au niveau de leurs collections exposées. Ces entreprises devront s'adapter aux marchés qui évoluent à une vitesse alarmante. En disant cela, je pense surtout à la chaussure. La plupart des entreprises marocaines exposent des chaussures classiques, des chaussures tout cuir, et dans 80% des cas de la chaussure homme. Actuellement, l'heure est à la diversification. En dehors de la chaussure homme, il y a la chaussure femme, la chaussure de sport, de loisirs...

- Pourquoi la chaussure femme est absente du salon?

- Par rapport à la chaussure homme, le problème se situe beaucoup plus sur le plan de la création que sur le plan technique. En effet, du point de vue création et mode, la chaussure femme évolue plus vite. Il est donc plus difficile et contraignant de se maintenir et de suivre le train des tendances. Il s'agit d'un train infernal où il faut se remettre en cause au jour le jour, innover, être à l'écoute des tendances de la mode...En dehors de cela, les fabricants de chaussure homme ne doivent pas se cantonner uniquement dans le tout cuir. C'est un marché qui devient de plus en plus restreint, car les comportements ont changé. De plus, le sportswear prend de plus en plus le pas sur le classique.

- Quel est aujourd'hui l'état de l'industrie de la chaussure?

- Nos exportations qui dépassent les 4 millions de paires ne représentent même pas 2% des exportations françaises. Au niveau mondial, notre part dans le commerce international est épsilone. Alors que géographiquement nous bénéficions d'une position privilégiée, c'est-à-dire le bassin méditerranéen qui est la zone où se créent se conçoivent les collections. C'est aussi la zone où se réalisent les innovations techniques, la conception et la construction de matériel de chaussure . Il faut donc sauter le pas et passer au stade supérieur pour exporter 20, 30 voire 50 millions de paires. Cela peut paraître exagéré, mais les Portugais, il y a une dizaine d'années, exportaient le même volume que le nôtre actuellement. En 1992, ils ont exporté près de 80 millions de paires de chaussures. Ce n'est pas irréalisable pour nous. Mais il faut créer un environnement favorable au développement de cette industrie.

- Quelles sont les insuffisances de l'environnement?

- Le premier problème qui se pose est l'absence de zones industrielles. Il s'agit d'un élément extrêmement important dans la prise de décision d'investir. Lorsque nous mettons deux partenaires en face, la première question qui se pose est où réaliser l'éventuel projet et où trouver le terrain. Ainsi, le problème de terrain industriel, d'énergie électrique, de financement, de taux d'intérêt élevé, de formation professionnelle... sont des problèmes qui se posent et auxquels il faut trouver rapidement et d'extrême urgence des solutions.

- Les différentes discussions avec l'autorité de tutelle ont-elles pu aboutir à des ébauches de solutions?

- Ces rencontres ont été très positives. Mais nous aimerions voir un début de concrétisation aux promesses ou plutôt aux projets prévus. Mais il faut aller très vite si le Maroc veut profiter de la délocalisation. Il y a une place à prendre aujourd'hui et pas demain.

L'I.T.A.T.C, l'Institut de Technologie Appliquée de Transformation du Cuir

Créé en 1990, en étroite collaboration entre l'Association des Transformateurs du Cuir, (aujourd'hui la FEDIC) et l'OFPPT, l'ITATC accueille chaque année 270 stagiaires qui reçoivent une formation de techniciens ou d'ouvriers qualifiés. Cette formation est dispensée au sein de 11 filières, dont 4 pour la chaussure, 2 pour la maroquinerie, 2 pour le vêtement en cuir et trois filières communes. Le nombre de stagiaires formés depuis la création de l'institut s'élève à 240, le nombre actuel est de 350. La première promotion est sortie au mois de Mars 1991. Le taux d'insertion pour la chaussure est de 100% et de 80% pour le vêtement en cuir et la maroquinerie.

Propos recueillis
par Meriem OUDGHIRI

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