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Economie

Ensembles artisanaux, filatures et tanneries : Artisanat : L'Etat veut se désengager

Par L'Economiste | Edition N°:207 Le 07/12/1995 | Partager

La journée d'information sur l'artisanat s'annonçait banale alors qu'une privatisation était annoncée. C'est l'orientation également des études sectorielles faites par le département de l'artisanat.

L'artisanat figure aussi parmi les cibles de l'Etat dans sa quête budgétaire.

En apparence, la journée d'étude sur l'artisanat qui a été tenue le vendredi 1er décembre sous la présidence de M. Jettou, ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, a mis en relief la nouvelle ligne d'action du Ministère.

En parallèle, le transfert du secteur au privé a été proposé comme solution à la "lourde charge" du secteur pour l'Etat. Les recettes prévues sont également importantes. Les acheteurs potentiels sont attendus essentiellement parmi les professionnels de l'artisanat.

Electricité et eau pèsent sur le budget de l'artisanat

Par ailleurs, le Ministère a procédé à des études sectorielles qui ont porté sur la création de villages pilotes d'artisans, les ensembles artisanaux, les unités de filature et de tannerie, la modernisation du secteur de la poterie, en contrôlant l'utilisation du plomb, et enfin une étude sur les associations professionnelles.

Concernant les unités de filature et de tannerie, l'étude relève qu'elles sont une lourde charge pour le département. Raison: ce sont des unités "budgétivores". Leurs dépenses en électricité et en eau grèvent le budget de fonctionnement de l'artisanat respectivement de 27,88 et 8,5%. Aussi le département veut-il se désengager de cette charge au profit du privé. Les procédures de cession sont même proposées: par adjudication (5 tanneries et 2 filatures), par voie de gré à gré (7 tanneries et 5 filatures) et par matériel mis à la réforme (2 tanneries et 4 filatures). L'évaluation de ces unités est également faite. 15 unités de tannerie sont recensées avec une superficie de 50.646,26m2. Les locaux sont évalués à plus de 17,7 millions de DH, les terrains à 49,4 millions, les machines à plus de 13,13 millions, dont 20 sont neuves, 139 révisées et 87 réformées.

Les unités de filature sont quant à elles au nombre de 12, occupant une superficie de 11.690,60m2. Les terrains sont évalués à 22,17 millions de DH, les bâtiments à 6,7 millions et les équipements à 7,74 millions. Il est utile de noter que 11 unités de tannerie appartiennent à l'Etat, 2 aux communes et 2 autres aux Habous. Pour les filatures, le patrimoine foncier se présente comme suit: 10 unités appartiennent à l'Etat et 2 aux communes.

Le même scénario est prévu pour les ensembles artisanaux. L'Etat ne pouvant plus supporter les charges de fonctionnement et de maintenance, qui s'élèvent à 5 millions de DH, l'administration chargée de l'artisanat veut se retirer de la gestion de ces ensembles artisanaux au profit d'un privé responsabilisé. Ici également l'évaluation est déjà mise sur pied. La superficie occupée est de 170.069,60m2 avec une concentration dans la ville de Meknès. La valeur totale réelle des ensembles s'élève à 360 millions de DH, l'Etat cherchant par là à faire l'économie de ces dépenses de fonctionnement et de bénéficier de recettes juteuses.

Les fours traditionnels sont nuisibles

La modernisation du secteur de la poterie et de la céramique a été également à l'ordre du jour. Cette étude a porté sur la technique de cuisson et d'émaillage.

En effet, il ressort d'enquêtes sur le terrain que 96% des ateliers de poterie utilisent des fours traditionnels. Cette technique de cuisson est fortement consommatrice d'énergie et surtout très nuisible à l'environnement. La normalisation des fours à gaz fabriqués au Maroc et les "fours communautaires" sont deux projets envisagés par le département de l'artisanat pour remplacer les fours traditionnels.

L'émaillage est la technique de couverture des pièces d'argile par une pellicule dure qui rehausse la qualité esthétique du produit et permet son étanchéité. Cependant, cet émaillage a une forte teneur en plomb, ce qui est nocif pour la santé car pouvant entraîner une intoxication au plomb, surtout quand il s'agit de poterie culinaire. Les manifestations dominantes de cette intoxication sont les troubles digestifs dans 78% des cas, une pression artérielle élevée dans 14%, une atteinte neurologique dans 6%, une anémie franche dans 2%. Pour contrecarrer les effets dangereux inhérents à ce problème, des émaux de substitution sont en cours d'étude.

Parmi les perspectives du département de l'artisanat figure également la création de villages d'artisans. Il y a déjà des propositions sur les lieux d'implantation des trois premiers villages pilotes : Ouled Azzem dans la province de Taounat, Ighram dans la province de Taroudant et dans la préfecture de Hay Ben Msik-Sidi Othmane à Casablanca. Ces villages seront appelés à valoriser la production, à favoriser la création d'emplois et à améliorer la commercialisation.

Malika EL JOUHARI

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