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Enseignement: Toujours des insuffisances

Par L'Economiste | Edition N°:1539 Le 13/06/2003 | Partager

. Président de la Cosef et conseiller du Souverain, Meziane Belfquih dresse un tableau encore bancal du système éducatif. Malgré la réforme, des efforts colossaux sont à fournirSans ambages, Abdelaziz Meziane Belfquih a analysé et livré aux nombreux participants à la conférence «Management de la réforme du système éducatif», organisée par l'ISCAE le 11 juin, les différents volets de la réforme de l'enseignement. Il n'a pas non plus omis d'émettre ses propres opinions et ses constats, notamment sur les dysfonctionnements. Et ils sont nombreux. Cet ancien ministre et aujourd'hui conseiller de SM le Roi connaît bien ce dossier pour avoir présidé la Cosef (Commission spéciale éducation-formation). Pour rappel, cette dernière a été formée pour repenser le système éducatif, avec pour grand défi: la transformation de l'école. Feu SM Hassan II l'avait décidé depuis le discours du Trône de 1998. Un an après, tout était prêt pour démarrer le travail. En bout de course, une charte pour les différents niveaux de l'enseignement a été élaborée. Lors de la conférence, le conseiller a abordé différents volets, dont l'environnement de la réforme dans le contexte actuel, ses ambitions, ses enjeux et une évaluation des réalisations. Pour lui, «l'ensemble éducatif et par essence un système évolutif, vivant en mouvement et en changement permanent». D'où des ajustements continus. Chiffres à l'appui, le conseiller du Souverain plante le décor avec une radioscopie qui a mis à nu une grande partie des défaillances du système. Pour «fixer les idées», le président de la Cosef donne des chiffres parlants. Ainsi, 6 millions de jeunes Marocains vont à l'école. Près de 4% de la population active y est employée. Quant à l'analphabétisme, il est passé de 87% en 1980 à 55% en 1993 pour s'arrêter aujourd'hui à 47%. Ce qui est encore trop.Aujourd'hui, «92% d'enfants de l'âge de six ans vont à l'école». C'est un grand pas en avant, mais ce n'est pas acquis pour l'ensemble du système. En effet, sont pointés du doigt un taux d'analphabétisme anormalement élevé, le très faible taux de scolarisation des enfants en âge de l'être ou encore la forte disparité entre milieu rural/urbain et fille/garçon. S'ajoutent le rang relativement marginal que continue à jouer la formation professionnelle ainsi qu'un rendement extrêmement faible face à un coût onéreux.Comparé à des pays similaires, le rendement du système éducatif marocain reste loin derrière la Tunisie, l'Iran et la Jordanie, par exemple. La dégradation de notre système est due, estime Belfquih, entre autres “à la tolérance d'un seuil en dessous de la moyenne inhérent au principe des quotas”. Même dans des matières comme les mathématiques où le Maroc est réputé être un vivier de génies, le résultat reste en deçà des pays précités. Autres dysfonctionnements cités, les distorsions entre les différentes phases de l'enseignement (fondamental, secondaire, supérieur). Vient ensuite la problématique de la baisse alarmante de la maîtrise de la langue (y compris l'arabe) et de compétences d'expression et de communication.S'y ajoute le paradoxe du surnombre d'enseignants, alors que d'autres composantes sont sous-encadrées. Concernant les enseignants, le constat montre une dégradation de la motivation, renchérit le conseiller.Autre contraste: l'ampleur des besoins face à la quasi-saturation des dépenses publiques (6% du PIB sont consacrés à l'éducation). Soit une part située entre 24 et 27% du Budget général de l'Etat. Au final, comparé à ses concurrents, le Maroc affecte plus de ressources pour des résultats médiocres.Et les parents d'élèves? Ces “contrôleurs qualité de l'école”, comme l'a défini un participant dans la salle, sont totalement absents du processus.En définitive, souligne le président de la Cosef, “notre système ne réserve que peu de place à la gestion proactive”. Ce qui se traduit par une faible satisfaction des exigences du marché de l'emploi. Mais le constat majeur et généralisé réside, selon Belfquih, dans «le manque de crédibilité de l'école auprès de la société».Néanmoins, les ambitions de la réforme impriment une note d'espoir. Les grandes lignes de cette mise à niveau de l'enseignement s'articulent autour de notions telles que l'ouverture à la modernité, le goût de l'effort, la motivation, la tolérance… «Un chemin long, tortueux et difficile», avoue Belfquih. Car, en fait, il s'agit de réforme, dont la complexité réside dans la globalité. En somme, une réforme multidimensionnelle (sociale, culturelle, politique, administrative, économique, institutionnelle, managériale…). «Ce qui nécessite une approche particulière qui s'inscrit dans la durée». En d'autres termes, un management pour réformer sans détruire et gérer un système appelé à disparaître.


Seuls 5 sur 100 décrochent la licence!

Parmi un échantillon de 100 élèves, inscrits en 1re année du primaire, combien d'entre eux arrivent à décrocher le baccalauréat et accèdent à l'université? Selon Meziane Belfquih, 28 quittent l'école entre la 1re et la 5e année. En plus, 7 quittent en 6e année, soit 35 qui n'achèvent pas le primaire. Par ailleurs, 10 quittent en 7e année, 7 en 8e et 12 en 9e, soit 64 élèves sur 100 ratent le parcours.Une fois au lycée, seuls 21 des 36 lycéens qui restent atteignent la fin du secondaire. Ainsi, 15 lycéens quittent en cours de route. Pour le président de la Cosef, seuls 13 élèves sur 100 obtiennent leur bac. Parmi eux, un à deux intègrent le marché de l'emploi. Le reste, soit 11 ou 12, dont 5 seulement parviennent à décrocher un diplôme universitaire (Deug ou licence). En termes de coût, un licencié coûte en moyenne 9,3 années d'études compte tenu notamment des départs et des redoublements.Amin RBOUB

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