×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Enquêtes dans les écoles sur la pollution de l'air

Par L'Economiste | Edition N°:31 Le 28/05/1992 | Partager

Depuis le début de l'année, le Ministère de la Santé Publique a lancé plusieurs enquêtes afin de définir l'impact de l'environnement sur les individus, de quantifier et qualifier le degré de pollution de nos villes, et permettre la mise en place d'une stratégie environnementale s'appuyant sur des textes.

Pour les besoins des enquêtes sur la pollution de l'air, deux établissements scolaires de Rabat et de Temara, soit plus d'une centaine de sujets, ont été désignés pour les suivis médicaux. Par ailleurs, une autre étude permettra de mesurer le taux de pollution de Rabat, d'en déterminer les causes et surtout d'élaborer des textes limitant les émanations de gaz d'échappement.
Une enquête sur la pollution atmosphérique et l'impact de l'environnement sur la santé humaine est actuellement menée conjointement par des équipes de chercheurs de la Division de l'Hygiène du milieu du Ministère de la Santé Publique, de l'Institut National d'Hygiène et des enseignants du CHU Ibn Sina.

Le recours à des experts du laboratoire de la préfecture de police de Paris et d'un bureau d'études dont des consultants de l'O.M.S a permis de fixer les modalités et la stratégie à suivre. Rappelons que la protection de l'environnement, l'écologie, au Maroc sont des notions récentes, encore au stade embryonnaire. Une Commission Interministérielle a vu le jour en 1989. Elle est présidée par le Directeur de la Division de l'Hygiène du milieu du M.S.P., et regroupe des représentants du service de la médecine du travail, de l'Institut National d'hygiène, de l'Ecole Mohammedia des Ingénieurs, des Ministères du Transport, de l'Energie et des Mines, de la Météorologie Nationale, de la Direction de l'Environnement du Ministère de l'Intérieur, de la Sûreté Nationale, de la Gendarmerie Royale et de la Protection Civile. Pour réaliser ce premier travail, les promoteurs de l'enquête ont délibérément choisi un centre urbain, Rabat, et un centre à vocation plutôt rurale, Temara. Et plus précisément, deux établissements primaires selon des paramètres topographiques, météorologiques... L'école primaire du quartier Al Kamra de Rabat est située dans une zone à forte concentration de véhicules de toutes catégories. L'axe routier y est donc très animé, la gare routière est proche, les feux rouges nombreux, les constructions basses...

De plus l'école se trouve au milieu d'un pâté de maison, ne bénéficiant d'aucun brassage et balayage important d'air. La pollution due aux émanations de gaz d'échappement y paraît évidente. En revanche, l'école de Temara se situe sur la côte, donc loin de l'autoroute et de la circulation automobile, dans une zone exposée à la brise marine. Ainsi plus d'une centaine d'élèves sont suivis par ces chercheurs. L'un d'eux nous explique le choix des enfants car "ils constituent une population saine; en pleine croissance d'où une très forte sensibilité aux modifications atmosphériques imputables à la pollution automobile." Dans un premier stade, l'étude a porté sur les conditions socio-familiales des enfants: lieu du domicile, aération de la maison, type de combustible domestique utilisé, présence de parents fumeurs, trajet de l'enfant du domicile à l'école... A part quelques cas de bronchites saisonnières, les enfants de Temara ne présentent aucun problème de santé. Ils sont sains. Par contre, quelques cas d'allergie, et de bronchites répétitives ont été notés chez les enfants d'Al Kamra. La situation n'est pas jugée alarmante puisqu'aucune intoxication saturnique, liée au plomb et qui pourrait être imputée aux gaz d'échappement n'a été diagnostiquée. Les premiers résultats de cette enquête seront connus en Juin à l'occasion d'une journée-colloque sur les travaux de la Commission Interministérielle. Des études complémentaires, ainsi que d'autres travaux seront poursuivis jusqu'en Septembre. Parallèlement à l'étude de l'incidence de la pollution urbaine sur les individus, une autre enquête sera réalisée par l'Institut National d'Hygiène et l'Ecole Moham-media des Ingénieurs, afin d'évaluer le degré de la pollution atmosphérique urbaine. Rabat a été désignée par ces travaux. Le choix a été motivé en raison de la proximité des centres de recherches habilités pour cette opération. L'étude s'articulera autour des émanations de gaz émises par les véhicules et la ventilation des quartiers. Les points de prélèvements ont été décidés selon un certain nombre de paramètres topographiques, urba-nistiques (proximité d'immeubles, taille et hauteur des bâtiments...) D'après les chercheurs, "le dessin urbanistique, la présence de longues artères constituant des couloirs d'air, la hauteur des immeubles, les espaces entre eux constituent autant de facteurs importants pour la ventilation des quartiers. Les mouvements d'air étant plus importants et accélérés lorsque les artères d'une ville sont longues". La quantification des niveaux de pollution par oxydes de souffre, d'azote et de carbone permettra l'élaboration de textes définissant le seuil maximum toléré par agent polluant. Ainsi, dans trois à cinq ans, des services de contrôle des véhicules mesureront au moyen de soudes les gazs d'échappement émis par des véhicules suspectés de pollution.

Dans le cas où le seuil de tolérance d'un ou plusieurs agents (oxyde de souffre, azote, carbone) viendrait à être franchi, le conducteur du véhicule "pollueur" sera verbalisé. Ce type de mesure incitera les plus réticents a être vigilants en matière de protection de l'environnement. Par ailleurs, parmi d'autres mesures on prône particulièrement l'utilisation de pots catalyti-ques, et donc de l'essence sans plomb. Même si le plomb ne représente pas le danger n° 1 des émanations de gaz d'échappement, cette mesure bénéficie d'un avis favorable d'autant plus que ce type d'hydrocarbure est actuellement disponible dans diverses stations d'essence et qu'il est sans danger de dégradation pour l'environnement.
Rappelons que le catalyseur, type de pot fréquemment placé dans les véhicules des pays d'Europe Centrale soucieux de préserver leur environnement par la réduction du taux de pollution automobile, opère une percée dans le reste de l'Europe qui l'a longtemps boudé et qui lui reconnaît à présent certaines qualités.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc