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Enquête

Enquête L'Economiste Sunergia : Etudes: Les filières de la promotion

Par L'Economiste | Edition N°:202 Le 02/11/1995 | Partager

Au-delà de l'origine sociale, les études constituent le meilleur tremplin pour devenir cadre, même si une partie des jeunes diplômés est touchée par le chômage. Par ailleurs, il faut changer de fonction pour évoluer, les entreprises n'encourageant pas la promotion interne.


Télécoms et gestion aujourd'hui, informatique hier, droit et médecine avant-hier chaque époque a eu ses modes en matière d'études. Côté parents, l'embarras a toujours été le même pour savoir sur quelle filière orienter un enfant après le bac. Car les besoins du moment ne sont jamais connus et ceux de demain encore moins. Les métiers changent de poids entre le début des études et leur achèvement. L'enquête ne peut donc donner qu'un bilan, a posteriori, des grandes filières.
D'abord, 357 cadres sur 459 déclarent qu'ils ont un diplôme (Bac compris). Les autres sont donc des autodidactes.
Le croisement diplôme/catégorie professionnelle montre d'abord une évidence: les diplômes de médecine et de pharmacie mènent naturellement (84,4%) à la profession libérale. Certains sont devenus chefs d'entreprise, car il fut un temps où ces professions enrichissaient leurs hommes, et les capitaux accumulés s'investissaient dans l'agriculture ou l'informatique. Les dernières générations des professions libérales, trouvant des marchés saturés, s'accrochent à des postes sécurisants dans les hôpitaux, l'Administration et finissent par se déclarer "fonctionnaires moyens".

Mais là où la compétition est ouverte, c'est dans la grande entreprise. Ingénieurs et diplômés se disputent les postes de direction. L'enquête révèle que les ingénieurs ont gagné, occupant 39,3% des postes de "cadres supérieurs", loin devant les diplômés des écoles de commerce et de sciences économiques (29,4%) et des juristes avec 18,2%. Tous ces diplômes facilitant l'ascension vers les sommets sont coiffés au poteau dès lors qu'il s'agit de créer une entreprise; les diplômés BTS et DUT l'emportent alors. Car s'ils ne créent pas leur entreprise, ils vont être confinés dans les rangs de cadres moyens ou de fonctionnaires moyens, où ils retrouvent les gros Droits et Sciences éco qui n'ont pas percé.
La filière détermine donc la poussée hiérarchique, sauf pour les "gros commerçants", catégorie réfractaire aux diplômes.
Ceci laisse supposer que les techniques de gestion resteront encore élémentaires dans la distribution traditionnelle, que la parole sera supérieure à l'écrit et que la relation personnelle l'emportera sur le circuit formalisé.

Le tiers formé à l'étranger


Outre les filières, une autre question a porté sur le pays des études, Maroc ou étranger. En moyenne, le tiers des sondés répondent qu'ils ont fait des études à l'étranger, et les moins de 35 ans dans une proportion moindre (30% contre 41%). Le flux s'est ralenti depuis que l'Etat est moins généreux en bourses et que les universités françaises sont devenues difficiles d'accès.
Par catégories, c'est dans les professions libérales que les cadres formés à l'étranger dominent. Ils sont à 75% pharmaciens, médecins (spécialistes surtout) et architectes.
Les universités marocaines ont donné la même proportion de chefs d'entreprise que les universités étrangères, et plus de cadres supérieurs. En revanche, leurs lauréats dominent les classes de cadres moyens et de fonctionnaires moyens.
En définitive, la formation à l'étranger paye plus, mais ne garantit rien.
Par pays, la France a accueilli la majeure partie des étudiants à l'étranger, soit 73,2%, loin devant la Belgique (6,7%), la Suisse, la Tunisie et les USA (4% chacun).

Mobilité dans l'entreprise


Durant ce bon vieux temps, ils sont 17% des cadres à déclarer qu'ils avaient une voiture, dont la plupart dans le segment des petites: R5, Fiat Uno, Peugeot 205. Un seul évoque la fameuse 2CV, et quelques privilégiés une BMW ou une Golf qu'ils ont dédouanée en "rentrant". Ce sont surtout les étudiants en médecine-pharmacie ou des écoles de commerce qui avaient des voitures. Juristes et ingénieurs préféraient les bus et les métros.
Ce sont les parents essentiellement qui offraient cette petite commodité estudiantine à leurs enfants (40%). D'autres, à l'étranger surtout où l'emploi estudiantin était facile, ont travaillé pour l'acquérir. Un petit futé se l'était fait offrir par sa petite amie.
Côté logement, nos cadres, quand ils étaient étudiants, habitaient pour plus du tiers chez leurs parents. Ce qui prouve déjà que beaucoup ont étudié dans leur ville. Ceux-ci se déversent dans les cadres moyens et les fonctionnaires moyens, alors que ceux qui ont habité seuls dominent les chefs d'entreprise et les professions libérales. L'indépendance se révèle déjà à ce niveau.
Quand ils vivaient loin de leur famille, nos ex-étudiants habitaient le moyen standing, que ce soit au Maroc, en France ou en Belgique
Ce n'est qu'aux Etats-Unis, où vont les plus fortunés en raison du coût des études, qu'ils atteignaient le haut standing.

Outre le diplôme, l'expérience est un autre facteur de mobilité sociale. L'enquête révèle que l'entreprise organise mal la promotion. Ils n'ont été que 16,5% à affirmer qu'ils ont évolué dans la même entreprise, passant de cadre moyen à cadre supérieur par exemple. La même proportion change de fonction, mais reste dans la même catégorie socioprofessionnelle.
Le reste, l'écrasante majorité, ne change pas de travail. Moralité: pour gagner plus et grimper les échelons, il faut changer d'entreprise. Les employeurs qui réclament tant la stabilité ne sont pas prompts à la récompenser. Les cadres restent entre 3,5 et 4 ans dans les postes. Ils quittent pour améliorer leur salaire (30% des causes de départ), créer une entreprise (11,5%), quand ils ne sont pas attirés par des postes plus motivants. Les autres motifs sont multiples, répartis entre "voir le monde", "quitter une entreprise mal gérée" ou "retourner dans sa ville d'origine"
L'échantillon de 459 personnes, choisi ainsi pour trouver 6 catégories, a révélé 125 femmes cadres, soit 27%. Leur présence dans les postes qualifiés, si elle n'est pas égale à celle des hommes, n'en est pas moins significative. Elles se logent d'abord dans les fonctionnaires moyens et cadres moyens (20%) et les professions libérales (19%).
En revanche, la proportion chute dès lors qu'il faut être chef d'entreprise (10,4% sans doute concentrés dans la PME familiale), cadre supérieur ou gros commerçant.

Khalid BELYAZID.

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