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    Politique Internationale

    Enlèvements, viols, sida : Enfance : Un rapport accablant de l'Unicef

    Par L'Economiste | Edition N°:113 Le 20/01/1994 | Partager

    Dans son dernier rapport, l'Unicef dresse un tableau bien sombre et accablant sur la situation des enfants dans le monde. Ce rapport met toutefois en exergue les progrès accomplis en matière de santé et de nutrition. Mais si des succès ont été remportés au niveau de certaines maladies, le sida demeure le fléau numéro un.

    Accablant, le rapport de l'Unicef sur la situation des enfants dans le monde (rapport PPE : Pauvreté, Population, Environnement) cite le chiffre d'un million et demi d'enfants tués dans des conflits armés durant ces dix dernières années et quatre autres millions blessés, amputés, aveugles ou atteints de lésions cérébrales.

    Le bilan est encore lourd : 5 millions d'enfants parmi les réfugiés et 12 autres millions arrachés à leur communauté. Plus récemment, le viol des jeunes filles a été systématiquement utilisé comme arme de guerre dans l'ex-Yougoslavie. Et dans de nombreuses régions du monde, des enfants ont été torturés et contraints d'assister ou de participer à des atrocités.

    En dépit de ce sombre tableau, le rapport de l'Unicef indique que certains signes témoignent aujourd'hui d'une volonté nouvelle de protéger les enfants "des pires fléaux du monde des adultes". la Déclaration signée par les dirigeants politiques mondiaux lors du Sommet mondial pour les enfants, tenu en 1990, demandait "l'institution de périodes de trêve et de couloirs permettant l'acheminement de secours au bénéfice des enfants, là où la guerre et la violence font encore rage ". C'est également en 1990 qu'est apparu un nouveau cadre sous la forme de la Convention relative aux droits de l'enfant. Celle-ci comporte des dispositions précises pour la protection des enfants dans les conflits armés en même temps qu'elle proclame le droit de tous les enfants à des soins de santé de base, à une nutrition et à une éducation appropriées. En quatre ans, la Convention a été ratifiée par 150 gouvernements. L'Unicef espère que d'ici à 1995 les 184 pays membres des Nations Unies auront ratifié la convention.

    Les maladies en retrait

    Concernant la santé, les quelques bonnes nouvelles de ces dernières années demeurent pour l'essentiel dans l'ombre. La rougeole, par exemple, qui continue à tuer chaque année davantage d'enfants que la totalité des guerres et des famines du monde, cède du terrain peu à peu. Les décès qu'entraîne cette maladie, la plus meurtrière des maladies de l'enfance, sont tombés de plus de 2,5 millions par an en 1980 aux alentours d'un million aujourd'hui. Tandis que dans le même temps le nombre de cas non mortels de la maladie, cause importante d'incapacités et de malnutrition chez les enfants, passait d'environ 75 millions par an à quelque 25 millions.

    Selon les experts, le monde en développement, grâce à des efforts souvent demeurés méconnus, a remporté des succès similaires contre plusieurs autres fléaux qui frappent les enfants des communautés pauvres. Le succès de la vaccination de 80% des enfants a galvanisé ces efforts. En dix ans, le nombre annuel de décès dus au tétanos néonatal est ramené de plus d'un million à un peu plus de 500.000. Celui des décès consécutifs à la déshydratation entraînée par les maladies diarrhéiques est tombé de 4 millions à moins de 3 millions.

    La poliomyélite, qui a de tout temps paralysé des millions d'enfants, est elle aussi en retrait. En 1992, on a estimé à 140.000 le nombre annuel de nouveaux cas de paralysie contre environ 400.000 en 1980. Dans plusieurs régions du monde en développement le virus lui-même est sur le point d'être éradiqué.

    La carence en iode, qui provoque chaque année la naissance de 120.000 enfants atteints de crétinisme pourrait bientôt n'être plus qu'un souvenir.

    Sida, 1ère cause de mortalité infantile

    De leur côté, les nouvelles concernant la lutte contre le sida ne sont guère encourageantes. Dans plusieurs pays d'Afrique, le sida est devenu la principale cause de décès chez les enfants, avant la rougeole et le paludisme. L'OMS estime que plus de 13 millions de personnes au total, dont un million d'enfants, ont été infectées par le virus VlH. Plus de 2 millions sont mortes. En Afrique subsaharienne, un adulte sur 40 environ est infecté par le VIH, et dans certaines villes la proportion est de un sur trois ; elle est de un sur 50 en Thaïlande. Chez les enfants séropositifs, le risque de mourir avant l'âge de 5 ans est de 80%. L'OMS estime que d'ici à la fin de la décennie, l'Afrique comptera 10 millions d'enfants seuls (orphelins, enfants abandonnés). Pour les experts, l'espoir réside aujourd'hui dans la prévention, essentiellement par l'éducation en santé publique. Les résultats restent inégaux dans les différents pays. L'emploi des préservatifs a augmenté avec l'information du public ; en Thaïlande, par exemple, il est passé de 10 millions à 120 millions par an. Le message central du rapport de l'Unicef de cette année est de continuer à "investir dans le bien-être des femmes et des enfants. Il s'agit là de l'un des objectifs humanitaires les plus importants que le monde puisse se fixer". Le coût de cet investissement au cours des années 90 ne dépasserait pas de beaucoup 0,1 % du produit économique mondial annuel. .

    Meriem OUDGHIRI

    Si les femmes avaient le choix

    Si c'était aux femmes de décider de la taille de leur famille, le taux de croissance démographique diminuerait de près de 30% dans les pays en développement et, en l'an 2025, la population y serait inférieure d'environ un milliard aux projections actuelles. C'est ce qui ressort du rapport établi par l'Unicef sur "le progrès des nations". Des enquêtes menées ces dernières années dans toutes les régions du monde en développement ont fait apparaître une demande insatisfaite de planification familiale. Dans certains cas, la taille souhaitée de la famille est seulement la moitié de la taille réelle. Les femmes péruviennes, par exemple, veulent en moyenne deux enfants, mais en ont quatre. Dans les pays en développement, près de 120 millions de femmes qui ne veulent plus d'enfants n'emploient aucun moyen efficace de contraception. Dans ces pays, la proportion de femmes mariées qui recourent à la contraception est passée en une génération à environ 50%. Mais une grossesse sur cinq n'est ni planifiée ni désirée. .

    M.O.

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