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En marge du Salimme 92 : Maîtriser la maintenance pour la qualité et la productivité

Par L'Economiste | Edition N°:17 Le 20/02/1992 | Partager

Le quatrième Salimme s'est tenu du 11 au 15 Février à Casablanca. 120 entreprises du Maghreb ont délégué leur représentant à la recherche d'accords de partenariat et d'échange d'idées sur la qualité, l'ingenierie, la sous-traitance... La maintenance dans un secteur qui utilise et produit les machines était la préocupation majeure.


LES principaux objectifs de la conférence sur le projet de maintenance OFPPT/PNUD étaient de cerner la problématique de la maintenance au Maroc, qui devient de plus en plus une "dimension stratégique du management".
M. Halab, Directeur Général de l'OFPPT, a sommairement énuméré les actions qui ont été entamées à travers le premier projet OFPPT/PNUD qui avait démarré en 1986 et s'était terminé en 1988.
Il a ensuite souligné "qu'au vu des résultats obtenus et de l'intérêt porté par les opérateurs économiques à ces actions, un second projet maintenance a démarré dès la fin 1990 et s'étalera sur trois années". Les principaux objectifs poursuivis sont au nombre de quatre:
· le premier, consiste à accroître la capacité opérationnelle de la cellule maintenance de l'Office en matière d'Assistance-Conseil aux entreprises et autres organismes.
· le second objectif est de promouvoir la fonction maintenance en encourageant la création de comités de maintenance au sein des groupements professionnels.
· le troisième objectif est de susciter le développement de "Sociétés de Conseils en Maintenance" en les assistant dans leur organisation et dans la formation de leurs agents.
· Le quatrième et dernier objectif est de constituer un fond documentaire spécifique à la maintenance.
M. Halab explique que la structure de mise en place de ce second projet repose sur une cellule centrale à Casablanca. Une antenne régionale basée à Fes est opérationnelle depuis Février 1991.

L'autre antenne située à Marrakech est ouverte depuis Décembre 1991.
M. Halab précise "qu'en plus de la possibilité de faire appel, en cas de besoin, à des consultants ad hoc, le projet est appuyé par une équipe de consultants de D.G.S. International (société belge) spécialisée dans l'ingénierie de maintenance".
"Ce projet, conclut M. Halab n'a nullement la prétention de résoudre tous les problèmes de maintenance qui se posent aux entreprises et aux divers organismes ..." Problèmes qui, si l'on s'en tient aux propos de M. A. Cherkaoui, Directeur Général de la Coopération Internationale au Ministère des affaires étrangères et de la coopération, restent cruciaux.
Selon M. Cherkaoui, en effet, la situation actuelle vis-à-vis du PIM (Programme Investissement Maintenance) tient compte du pré-et post-investissement se caractérise par notamment:
- l'insuffisance de cadres spécialisés dans le PIM;
- la faiblesse des budgets alloués au PIM;
- l'insuffisance des structures maintenance dans les unités de production...
- une maintenance conçue uniquement comme une intervention en cas de panne (curative et non préventive);
- le déséquilibre existant entre l'acquisition de technologies modernes et la détérioration rapide ou précoce du patrimoine ainsi acquis.
Ainsi explique-t-il, dans les PVD les coûts d'entretien et de réparation sont 5 à 10 fois plus élevés que dans les sociétés comparables des PID (Pays Industriellement Développés). Il faudrait donc investir 10 fois plus dans les PVD pour le même résultat.

Un tracteur dure 20 ans en Allemagne et 4 ans Maroc

Un tracteur dure 20 ans en Allemagne, au Maroc 4 ans pour le même travail. Une société de transport dans le Nord dépense 30% de ses recettes en dépenses d'équipement. Au Sud il faudrait dépenser 70% souligne M. Cherkaoui.
Le budget de maintenance par rapport au budget total d'équipement et de fonctionnement est variable pour la Santé (1,5%), l'OFPPT (2%), l'ORMVA (7%). En revanche, d'autres secteurs semblent privilégier la maintenance. C'est le cas des bases aériennes avec 95%, des ports avec 44%, de SODEA avec 33%, de la SNEB avec 67% et l'ORMVA de Tadla avec 98%. (Chiffres 1990)
Les entreprises privées disposent d'une fonction maintenance dans les proportions suivantes: l'industrie (90%), les travaux publics (100%), l'agriculture (58%) et le transport (100%).
Par ailleurs, la part du personnel engagé dans la maintenance par rapport à l'effectif total permanent est de 15% pour l'industrie, de 12% pour les travaux publics, de 21% pour l'agriculture et de 8% pour les transports.

Concernant le programme de formation au PIM qui, précise M. Cherkaoui commence au primaire pré-scolaire (nodule éducatif à l'entretien dans le primaire et l'école coranique) les objectifs peuvent se résumer comme suit:
- créer une culture technologique;
- organiser la formation pour la maintenance:
- préparer les manuels pour la maintenance;
- organiser des laboratoires pour la maintenance;
- créer une collaboration avec l'industrie.
M. P. de Groote, Administrateur Délégué de DGS international, précise quant à lui, que la maintenance dans le tiers monde en particulier, doit faire face à un défi colossal à cause d'influences complexes qui lui sont souvent opposées. Il cite des contraintes d'abord d'ordre physique comme la dégradation naturelle, l'usure des composants, et les influences climatologiques. Parmi les contraintes d'ordre technique, il souligne l'évolution constante et l'introduction de technologies nouvelles. Les contraintes d'ordre humain (les systèmes de motivation du personnel, l'évolution sociale et culturelle), organisationnel et de gestion (les nouvelles approches du management, le développement de l'assistance par ordinateur).
A titre de référence, en France, la maintenance des équipements de production coûte annuellement 15% du PNB. En moyenne, dans les pays européens, le coût de maintenance varie de 12 à 14% du PMB sur une base annuelle.

L'ex-R.F.A dépense 125 milliards Dollars US pour la maintenance des équipements de production (source: EFNMS 1990)*.
165 des plus importantes entreprises industrielles aux U.S.A. dépensent chaque année en moyenne 5% de leur chiffre d'affaires pour maintenir en état leurs équipements de production.
En 1990, environ 2 millions de personnes étaient employées dans la maintenance dans environ 350.000 entreprises industrielles en Europe de l'Ouest (source: EMFNMS 1990).
On rejoint ainsi un fait important souligné par non seulement les différents conférenciers mais aussi les intervenants au débat. La fonction maintenance peut résorber un nombre important de jeunes diplômés qualifiés qui sont au chômage. Seulement la dimension de cette fonction est encore sous estimée.
Pourtant, M. de Groote, conclut que l'époque de la course au pompier est bel et bien révolue. Epoque où la maintenance rimait avec panne. Aujourd'hui, la maintenance c'est le choix d'une politique à moyen ou long terme où le poids du prévisionnel est primordial. C'est la question de la gestion des défaillances selon M. de Groote.

Naïma HADER

* European Federation Of National Maintenance Sociéties.


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