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    En dépit d'une forte croissance : Le TIR se heurte à l'absence d'infrastructures et de normes

    Par L'Economiste | Edition N°:191 Le 03/08/1995 | Partager

    Le TIR connaît une forte expansion, mais les transporteurs marocains n'en profitent guère. Les causes sont l'absence de normes et une trop importante régulation du marché intérieur. Le secteur est fortement dominé par les entreprises étrangères.


    A fin juin, le trafic Transport International Routier (TIR) représente, selon l'ODEP, 841.279 tonnes, soit 3,8% du trafic global. Les exportations sont estimées à 470.673 tonnes et les importations 370.673. Les résultats du premier semestre représentent près de 55% du chiffre réalisé en 1994 pour la même période. En 1994, le trafic global TIR était de 1.526.664 tonnes, soit une variation de 12,8% par rapport à 1993. Avec ces nombreux avantages, le TIR connaît une croissance importante en volume, mais a des difficultés à voir l'avènement d'entreprises nationales dans ce secteur.
    Le marché du TIR est dominé par les entreprises étrangères, notamment françaises. En effet, les transporteurs marocains en international sont peu nombreux, à l'exception des transports frigorifiques, qui ont connu une croissance grâce au développement du secteur des exportations (poissons et surgelés).

    Selon une étude de l'Agribusiness Marketing Investissement sur le Transport International mené par Agro Concept en octobre 1993, ce faible développement du TIR est lié à trois facteurs: l'absence d'incitation fiscale, de normes et une trop importante régulation du marché intérieur. Pour ce dernier cas, le choix d'une régulation directe du transport de marchandises par route, avec l'instauration d'agréments de transport et d'un monopole d'affrètement est sans doute la principale explication de l'état actuel du TIR.
    De plus, un certain nombre de normes sont nécessaires pour bénéficier des carnets TIR. Les véhicules, conteneurs et carrosseries amovibles doivent être construits de façon à ce que personne ne puisse y accéder une fois les scellés apposés par les autorités douanières. Selon cette même étude, pour favoriser le développement du TIR au niveau local, la libéralisation du marché intérieur s'impose. Seule, celle-ci permettra l'avènement de groupes intégrant transports intérieur et international. Elle favorisera également le renouvellement de l'équipement sur la base des normes internationales.

    Rapidité et sécurité

    La mise en application du régime TIR au Maroc a eu lieu au début 1992. Le Maroc a adhéré en 1986 à la convention des Nations Unies, la ratification n'a eu lieu qu'en mars 1990.
    Le TIR a été conçu au niveau international pour une double raison, d'abord remédier aux difficultés auxquelles se heurtent les entreprises de transport, et ensuite donner aux autorités douanières un moyen de contrôle.
    Les compagnies de transport sont unanimes quant à la rapidité et à la sécurité que procure le TIR. En effet, l'accélération des voyages résulte de la réduction considérable de la durée et du nombre d'interventions des autorités douanières. Elle permet ainsi de réduire le coût du transport et d'assurer aux transporteurs une meilleure rentabilisation des conteneurs et des véhicules routiers avec une plus grande sécurité des marchandises transportées. Que ce soit dans des véhicules routiers ou des conteneurs scellés sous régime TIR, ces marchandises ne sont normalement pas soumises à des inspections matérielles, pendant lesquelles il est parfois difficile d'assurer les températures et les mesures d'hygiène nécessaires. Le problème se pose surtout pour les entreprises de transport de denrées périssables. Autre avantage que procure le TIR: les transporteurs ne sont pas tenus de consigner, à la demande des autorités douanières des pays traversés, des sommes dont le remboursement est parfois lent, de donner des cautions ou d'autres garanties, ou de recourir obligatoirement aux transitaires en Douane à chaque frontière.

    Du côté douanier, la mise en application du régime TIR permet le remplacement de l'inspection matérielle du chargement aux frontières par une inspection limitée seulement à la vérification extérieure du conteneur ou du véhicule routier et des scellés apposés par les autorités douanières du pays de départ. Ainsi, il contribue à l'amélioration de la fluidité du trafic. Il permet également de repérer plus facilement toute rupture des scellés ou autres manipulations frauduleuses.

    L'ONT garant de l'IRU

    Après son adhésion à la convention TIR, le pays est tenu d'établir une liste des bureaux de douane habilités à de telles opérations. Une association professionnelle est agréée par les autorités douanières à délivrer les carnets de TIR. Il appartient ensuite à l'Union Internationale des Transports Routiers (IRU) d'admettre une telle association. Actuellement, au Maroc, c'est l'ONT qui est le garant national auprès de l'IRU des transports sous couvert de carnets TIR. Mais aucune association n'est encore admise.
    En terme de disponibilité de transport, l'offre internationale est actuellement suffisante pour répondre aux besoins et au développement de ce trafic. L'intérêt de disposer d'un secteur national tient essentiellement à la pérennité des disponibilités en fret et l'intégration croissante des exportateurs aux transporteurs.
    Le programme autoroutier devrait favoriser ce développement.

    Fatima MOSSADAQ.

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