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En attendant le Code du Travail

Par L'Economiste | Edition N°:441 Le 11/02/1999 | Partager

Les négociations continuent. Le consensus autour du projet de code du travail n'est pas encore une réalité. Si le gouvernement se dit confiant quant à son adoption en 1999, son application pourrait buter sur des difficultés. Quelques exemples.

Les positions vis-à-vis de la nouvelle version du projet de code du travail se clarifient et les rencontres internes au Ministère de l'Emploi avec les partenaires sociaux se multiplient.
Le rythme s'accélère donc, surtout qu'il faut atteindre un consensus minimum avant de soumettre le projet aux deux chambres. Les différents partenaires sont allés jusqu'à constituer une commission "d'experts du projet", regroupant les techniciens des différentes parties.
Toutefois, la question aujourd'hui est celle de savoir si le retard que connaît l'adoption de ce code ne traduirait pas les craintes de la société face à des concepts nouveaux induits par des mutations à l'échelle internationale.
Il s'agit là principalement de termes nouveaux, tels que la flexibilité (sans voir dans cette dernière une quelconque précarité de l'emploi) ou encore les comités d'entreprise. Ces derniers exigent pour leur fonctionnement un niveau intellectuel minimum de l'ensemble des membres.
En prenant l'exemple de ces comités, il s'avère que la réussite de la mission du gouvernement n'est pas aisée. La situation telle qu'elle se présente actuellement ne semble pas faciliter sa tâche.
En effet, la dernière version du projet de code du travail définit ces comités comme étant des commissions de concertation entre les deux parties de production pour la réflexion sur l'avenir de l'entreprise. Avec le niveau actuel d'analphabétisme, il semble difficile de mettre en oeuvre ces organes(1). Car s'ils sont installés, ils devront fonctionner et remplir leur mission.

Défaillance de 75% des filières de formation


Ceci étant, le gouvernement, via le Département de l'Emploi, se dit confiant en sa capacité de négociation. Il mise sur l'adoption du projet lors de la prochaine session parlementaire pour moderniser les relations de travail. En effet, le retard accusé par le code ne fait que nuire à la compétitivité de l'entreprise. Reste que les articles de cette version devront assurer un équilibre entre les droits et obligations de chaque partie. Si le milieu des affaires a besoin d'une modernisation des textes, le travailleur, et pour produire "avec de la qualité", doit évoluer dans un environnement lui garantissant un minimum d'épanouissement. Il ne doit pas être hanté par le risque de se retrouver du jour au lendemain à la rue. D'où l'urgence de préparer les salariés à cette douloureuse phase qui pourrait marquer leur vie active. Pour qu'ils la réussissent sans venir grossir les rangs des chômeurs, leur employabilité doit être renforcée. C'est-à-dire qu'une fois "remercié pour ses bons et loyaux services", le salarié devra être capable de trouver un nouveau poste différent de celui qu'il occupait. Le passage d'un emploi à un autre ne peut donc être réussi sans un renforcement de la capacité de reconversion des employés. Celle-ci passe, entre autres, par une formation continue planifiée. A ce niveau, les PME/PMI sont souvent limitées par leurs moyens financiers et humains aussi.
Vient se greffer sur ce dernier point, un autre problème de taille, la qualité de la formation dispensée. Les chiffres révélés par la CGEM, lors d'une rencontre avec la presse le 29 décembre 1998, ont dévoilé une réalité qui ne peut être que préoccupante pour les responsables. Ainsi, et selon la Confédération, près de 75% des unités de formation ont besoin d'une révision de leur programme et d'une mise à niveau.

Aniss MAGHRI

(1) Selon les statistiques du Ministère de l'Emploi, le taux d'analphabétisme dans la population active est de 54%. Le secteur primaire est le plus touché avec un taux qui atteint 80% contre 48% et 34% respectivement pour les secteurs secondaire et tertiaire.

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