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Emploi-TPE
Le Maroc handicapé par son misérabilisme

Par L'Economiste | Edition N°:2250 Le 06/04/2006 | Partager

. Les petits entrepreneurs créent le plus d’emplois. Le marché du travail n’est pas aussi rigide qu’on le dit. Memorendum auprès des partis politiquesL’année dernière, SM le Roi avait dit qu’on ferait des Assises de l’emploi un «tournant décisif». Elles avaient d’ailleurs été reportées au moins une fois pour que le tournant soit bien net, délogeant même la rencontre des PME-PMI, qui était depuis longtemps prévue à la même date. Mais on n’a toujours pas tourné… et puis, dans le fond, fallait-il vraiment tourner une page?Finalement, sans grande surprise, ces assises avaient été une rencontre hautement consommatrice de caméras. Cela sans suite de débats, encore moins d’originalité et de vigueur dans les propositions. Or, pour l’heure, l’enjeu de l’emploi se loge essentiellement chez les très petites et microentreprises et non pas les grosses structures, dont il ne faut pas diminuer la valeur en créations d’emplois (cf. nos nombreuses analyses sur l’investissement, www.leconomiste.com). Mais les petites structures ne sont pas considérées dans le cadre d’une vision stratégique ou une approche globale. La Fédération des PME-PMI (plus grosses que les TPE, qui sont les très petites entreprises) a d’ailleurs adressé un «manifeste de la PME» à tous les partis politiques dans l’espoir que les programmes tiennent compte des PME. Or, au Maroc, 99,6% des entreprises sont soit «micro», soit «petites» et fournissent environ 70% du total des emplois, même si l’on considère la part importante de l’informel. La majorité de l’emploi ne passe donc pas par les grosses structures. Mais les micro et petites entreprises sont plutôt considérées comme «un outil informel de stratégie de survie, non durable et d’une faible productivité» (dixit le Femise). Osons le dire: c’est une vision largement misérabiliste. Et c’est pour remettre en cause cette vision que le réseau euroméditerranéen(1) a étudié le secteur(2), persuadé qu’il est que ces entreprises sont la puissance endogène qui galvanisera la croissance.. Marges sur le BudgetLes MTPE pourvoient donc l’essentiel de l’emploi privé. «Dans leurs comportements, dans leurs contraintes et leurs perspectives résident la dynamique de l’emploi, mais aussi les marges de manœuvre budgétaires des Etats sur la fiscalité», expliquent les auteurs du rapport.Et il s’avère que la stratégie de l’ouverture ne comble pas les besoins en emploi et ne fait pas baisser substantiellement le chômage. «Les spécialisations doivent permettre d’absorber suffisamment d’emplois pour au moins maintenir les niveaux de chômage actuels».Le Femise a financé une étude importante sur les moyens de promouvoir la compétitivité des MPE dans quatre partenaires méditerranéens: Maroc, Egypte, Liban et Turquie. L’enquête de terrain sur laquelle est basée l’étude a touché 5.000 micro et petites entreprises. Les questionnaires ont porté sur l’entreprise, l’entrepreneur et au niveau du ménage.Une MPE, qu’elle soit formelle ou informelle, emploie entre 1 et 49 personnes. Ces entreprises, nettement majoritaires, emploient entre 60 et 70% des effectifs et contribuent à entre 30 et 50% de la valeur ajoutée des économies des quatre pays concernés. Au Maroc, la création nette d’emplois sur la décennie 1990-2002 a été de… 64.000 emplois! Bien entendu, il faut soustraire les destructions d’emplois des créations d’emplois pour avoir ce chiffre bien plus significatif que les créations brutes d’emplois.


Micro et petites

Micro et petites entreprises ont des fonctionnements différents.Pour le Femise, il est important de différencier les microentreprises et les petites entreprises pour améliorer leur croissance. «Les deux groupes ont des schémas de productivité différents, des perspectives de croissance différentes et des besoins différents». Pour le Femise, les politiques visant les microentreprises devraient se concentrer sur l’amélioration de la productivité, l’efficacité, en fournissant des programmes d’aide technique. Et pour les petites entreprises, il faut focaliser sur les moyens de financement, techniques et de marketing et des programmes de promotion de l’exportation. Car enfin, petit ne veut pas dire petite marge. Mais toute la difficulté est de recenser ces entreprises. Mouna KADIRI----------------------------------------------------------(1) Forum euroméditerranéen des instituts économiques.(2) Rapport du Femise sur le partenariat euroméditerranéen, analyses et propositions du Femise, février 2006.

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