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    Mercenaire, la «génération Z» déboussole les DRH

    Par L'Economiste | Edition N°:2874 Le 06/10/2008 | Partager

    . Des profils plus exigeants et moins engagés . La pénurie des compétences alimente l’inflation des salaires «LE marché du travail connaît actuellement une tension sans précédent due à la croissance économique et à la pénurie des compétences. Conséquence: infidélité croissante des cadres, notamment ces jeunes que les experts appellent la «génération Z», qui n’hésitent pas à claquer la porte suite à une engueulade du chef ou à la moindre occasion pour améliorer leur salaire. Ils ne sont pas non plus prêts à sacrifier leur vie privée pour leur activité professionnelle. Pas question par exemple de renoncer à un week-end à Marrakech. Ceux qui ont en plus une expertise rare, ont vu l’équilibre des forces basculer en leur faveur. Pour des métiers précis, les entreprises ne sont plus en situation d’offre mais de demande d’emploi. L’infidélité de jeunes cadres est une donne avec laquelle les DRH doivent composer. Le changement d’employeur s’est accéléré. En moyenne, la «génération Z» reste 2 à 3 ans dans la même entreprise. C’est exactement la tendance observée dans les grands pays, notamment aux Etats-Unis. Il n’y a pas de doute, les DRH seront de plus en plus jugés sur leur capacité à fidéliser leurs meilleurs éléments de l’entreprise.«L’engagement des salariés n’existe plus, il faut être vigilant», observe Khalid Benghanem, directeur Ressources humaines chez Altadis. Pour Zakaria Rbii, directeur général groupe RH Toyota Alji région Mena et Chine, la globalisation a eu un effet sur les ressources humaines. Les profils d’aujourd’hui exigent de la transparence, de la bonne gouvernance et un traitement spécial et personnalisé que ce soit en termes de rémunération ou d’autres éléments de leur situation dans l’entreprise. Cette nouvelle génération a des regards ailleurs», prévient Zakaria Rbii. Aussi, les entreprises qui offriront la possibilité d’évolution de carrière à l’international auront le maximum d’atouts dans le contexte actuel.Les DRH sont déboussolés face à cette nouvelle donne et l’attitude de la «génération Z» prête au zapping à la moindre fenêtre opportunité. Pour attirer les meilleurs éléments, les entreprises sont contraintes sur leur attractivité sociale. Et ce n’est pas seulement en agissant sur la politique de rémunération. L’image de l’employeur autant que sa réputation de la société est tout aussi capitale à l’heure de la guerre des talents(1). Mais la tentation de la surenchère salariale est souvent le premier réflexe dans cette recherche des «moutons à cinq pattes», déplorent les DRH invités par l’Agef. «Oui, la guerre des talents est aujourd’hui une réalité», admet Hicham Zouanat, DRH de Centrale Laitière et président de l’Agef. «Nous avons un taux de chômage qui avoisine les 9%, en principe, on a de la ressource mais les profils recherchés par les entreprises sont rares», renchérit Nouredine Cherkaoui, universitaire, qui, comme nombre de DRH relève ce décalage entre l’offre et la demande sur le marché du travail. Décalage que les chefs d’entreprises mettent sur le dos du système éducatif qui n’a pas su évoluer au même rythme que les besoins des entreprises. La pénurie est quasi générale et ne touche pas que les profils cadres. Il est de plus en plus difficile de trouver des techniciens d’un bon niveau sur le marché, de l’industrie textile au tourisme. Résultat, les prétentions salariales augmentent et, dans le sillage, une inflation salariale. Pour des profils pointus (ou expérimentés), les entreprises doivent désormais faire un effort plus important. Quitte à prendre le risque de créer des distorsions dans leurs équipes et déstabiliser leurs charges de structure.Les DRH font mine de découvrir cette guerre des talents, mais en réalité elle a commencé depuis un certain temps déjà, estime Assia Ayouch, directrice générale d’Optimum Conseil. Si on en parle aujourd’hui, c’est qu’elle s’est exacerbée, complète l’experte.Mais ce qui est inquiétant c’est la pénurie des talents. «Nous avons des clients qui nous demandent de recruter chez leur concurrent, mais nous essayons de leur expliquer que c’est au niveau des ressources humaines qu’il y a concurrence et non pas au niveau des secteurs», révèle la directrice d’Optimum Conseil.Les nouveaux investisseurs créent également la pression. «L’installation de Renault à Tanger fait peur aux entreprises de la région qui voient leurs cadres succomber aux sirènes du constructeur automobile, révèle la directrice générale d’Optimum Conseil. La fuite des talents est aujourd’hui un cauchemar pour les DRH des sociétés implantées à Tanger.«Les sociétés préfèrent recruter un talent au lieu de deux collaborateurs», affirme Ayouch. Mais, il faut bien avoir une idée du talent. Dans les faits, cette notion est très confuse. «En France, on a considéré à tort que le talent est le lauréat d’une grande école. Ce qui est assez réducteur. Alors que dans le raisonnement anglo-saxon, un talent correspond à celui qui a apporté une valeur ajoutée à la société», rappelle le DRH du groupe Altadis. Et comme on est copieur au Maroc, les entreprises marocaines ont pendant très longtemps assimilé le talent au lauréat des grandes écoles (de préférence étrangère) ou des écoles privées. «Aujourd’hui, on est loin du profil stéréotype issu des grandes écoles. On cherche des compétences qui ont des capacités à s’adapter aux réalités de l’entreprise», corrige Assia Ayouch.--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) L’Agef (Association nationale des gestionnaires et formateurs des ressources humaines) a consacré sa rencontre mensuelle du mois de septembre à cette thématique. Le f’tour-débat organisé le 25 septembre dernier était intitulé: «Guerre des talents: système de fidélisation, pratiques de recrutement, déontologie et inflation des salaires».


    Tous les coups sont-ils permis?

    LES difficultés liées à la rareté des talents ont contribué à la mise en place d’une politique de fidélisation qui se traduit par la hausse des rémunérations, créant ainsi une inflation de salaires, si l’on en croit les DRH présents à la rencontre annuelle de l’Agef. «Les augmentations qui oscillaient autour de 2 à 3% il y a quelques années sont actuellement à 5%, minimum, affirme Zakaria Rbii.Dans ce climat de pénurie des ressources qualifiées, tous les coups semblent permis, y compris le recours à la séduction des cadres du concurrent. Nombre d’entreprises s’affranchissent également de règles déontologiques, déplorent les DRH. Ce qui exacerbe le mercenariat qui était déjà ancré chez les cadres. «Il arrive qu’un candidat soit retenu pour un poste mais, il ne se présente pas après parce qu’une autre entreprise lui a fait des propositions entre-temps», témoigne Khalid Benghanem. Il en est de même du non-respect du préavis qui est devenu de plus en plus une clause théorique.Dans une étude, le cabinet McKinsey souligne que «beaucoup de sociétés aiment promouvoir l’idée que le capital humain est le plus grand avantage compétitif mais, en réalité, elles ne sont pas prêtes au challenge pour développer les talents et de les retenir». C’est cette schizophrénie qu’il faut d’abord soigner avant de se plaindre de l’infidélité des cadres.Jalal BAAZI

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