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Emploi et Carrière
Laboratoires d’analyses: L’opacité fait loi…

Par L'Economiste | Edition N°:3164 Le 07/12/2009 | Partager

. Selon les chiffres officiels, 316 labos exercent au Maroc. Evasion fiscale, travail au noir,... le secteur est gangrené par l’informel«Heureux qui a un laboratoire d’analyses médicales au Maroc!». C’est ce qu’a dû dire ce quadragénaire qui attendait impatiemment les résultas de tests dans la salle de réception d’un laboratoire à Casablanca. Discrète, l’activité des labos explose avec des chiffres à faire pâlir d’envie des secteurs aux abois. Les tarifs des analyses sont très variables. Comptez entre 30 et 1.200 dirhams pour les plus courantes, mais certaines investigations peuvent aller au delà de 7.000 dirhams. Néanmoins, «en dépit de l’existence d’une nomenclature tarifaire fixée en 2005 par le ministère de la Santé, chaque labo applique sa propre grille», confie un médecin biologiste. Les raisons? Les conditions de travail, et donc, le coût de revient ne sont pas les mêmes. «Tout dépend du matériel utilisé, de la qualité des prélèvements et de la situation géographique», fait remarquer une pharmacienne biologiste. Un labo situé près d’un hôpital ou d’un CHU ne fait pas le même volume d’activité que celui qui est installé dans un immeuble dans un quartier populaire. La marge bénéficiaire des labos dépend de la nature de l’analyse. Plus elle est sophistiquée, plus la marge est faible. Et inversement, plus on va dans les analyses de routine, plus la marge augmente», explique un médecin biologiste. Mais dans un secteur gangrené par l’informel, le travail non déclaré et les sous déclarations à la CNSS constituent des facteurs qui expliquent aussi la prospérité des entreprises. Les opérateurs reconnaissent volontiers les ravages de la contrebande sociale «qui fausse les règles de jeu de la concurrence». Payer les salaires en liquide est une pratique très courante. En plus, des centaines, voire des milliers de techniciens, sous payés et contraints aux rythmes de travail marathoniens, exercent sans la moindre couverture sociale. Résultat : le turn-over atteint des sommets.Sans surprise, le chiffre d’affaires est un «secret défense». Tous nos interlocuteurs sont restés évasifs dès que l’on aborde ce point: «tout dépend de la taille du labo, du nombre de personnes employés… ». La réalité est que l’opacité envers le Fisc est la règle dans un secteur qui a pourtant enregistré une forte croissance ces dernières années.Les biologistes ont réussi à amender la nomenclature officielle des prix qui datait de 1976. Mais, ils restent peu satisfaits de la grille actuelle. «La technologie en biologie va très vite. Ce qui fait qu’on utilise une technique spécifique et rapide qui revient plus chère», justifie le directeur d’un labo à Casablanca. De plus, ajoute-t-il, un labo coûte beaucoup d’argent. Sur ce point, les professionnels sont unanimes: «C’est un investissement conséquent. Entre le local et les installations, il faut un investissement conséquent», témoigne Mohamed Bezzari, directeur du laboratoire Casalabpalmier. Dans la majorité des cas, le recours à la banque s’avère indispensable. «À elles seules, les équipements peuvent coûter entre 200.000 et 2 millions de DH», indique Bezzari. La révolution technologique que connaît cette discipline implique le renouvellement permanent du matériel. Résultat: pour certaines analyses, les laboratoires sont obligés de sous-traiter à l’étranger. C’est ce qui explique, en partie du moins, que ce métier soit resté très fermé. Selon le recensement du Secrétariat général du gouvernement (SGG), l’on compte 316 laboratoires d’analyses médicales au Maroc. Une grande partie des biologistes en exercice ont bénéficié du crédit Jeunes promoteurs, dans les années 1990. «Ce dispositif a profité à l’ensemble du secteur médical, laboratoires et cabinets médicaux, notamment», témoigne Mohamed Nasri, président de l’Association marocaine de la biologie médicale (AMBM). Certains aspects de la réglementation de la profession sont pour le moins bizarres. Par exemple, un biologiste ne peut tenir qu’un seul laboratoire d’analyses. Même pour des raisons de croissance, il n’est pas possible pour un gérant de labo de s’étendre, sauf à fermer son premier site. Résultat, ceux dans le métier souhaitant se développer, sont presque «priés » d’aller voir ailleurs. Et ils ne s’en privent pas car ils font partie des investisseurs qui spéculent sur le marché du logement social et de l’immobilier, en général. La conséquence est l’inexistence de grandes structures capables de se constituer en réseau. Cela n’empêche pas de trouver des partisans de cette barrière: «Un biologiste a une responsabilité très lourde. Il ne peut pas être partout à la fois», justifie Mohamed Nasr. «Mais il y a toujours des moyens pour contourner la loi», confie la directrice d’un labo. La technique est simple, explique-t-elle. Le directeur du labo s’arrange avec un biologiste qui n’a pas les moyens. Celui-ci obtient l’autorisation d’exercer. Mais en fait, il n’est qu’un point de prélèvement. Toutes les analyses sont effectuées dans le premier labo.


La voie d’accès à la profession

POUR ouvrir un laboratoire d’analyses médicales, deux voies sont possibles: être titulaire d’un diplôme de spécialité médicale (spécialités de biologie, médecine vétérinaire comprise), ou un diplôme de spécialité pharmaceutique et biologique. La majorité des biologistes en exercice ont eu leurs diplômes à l’étranger, surtout pour la spécialité. La France est la première destination des étudiants de la biologie médicale. Suivie de la Belgique et la Tunisie. Les lauréats de la faculté de médecine restent une minorité dans la profession. Les anciens enseignants-chercheurs de médecine ou de pharmacie peuvent aussi prétendre à ouvrir un labo. Ils doivent justifier d’un exercice à temps plein des activités d’enseignement, d’encadrement et de recherche en biologie médicale, pendant une durée au moins égale à 4 ans. Cette dichotomie se répercute sur la régulation du secteur. Ainsi, les médecins biologistes dépendent de l’Ordre des médecins, tandis que les pharmacies relèvent de l’Ordre des pharmaciens biologistes. «L’idéal serait de créer un Ordre qui regroupe tous les biologistes. Cela est de nature à faciliter sa régulation», indique Abdelouahed Ambari, président de l’Ordre des médecins.Tarik HARI

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