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Emploi et Carrière
Analyse: Les «nouveaux» pauvres

Par L'Economiste | Edition N°:3164 Le 07/12/2009 | Partager

. 4 salariés sur 10 déclarés à la CNSS gagnent au plus 2.000 DH mensuels. La montée du phénomène des «work poors» se confirmeAvoir un travail ne protège pas de la pauvreté. C’est le principal enseignement qui se dégage de la photographie de la structure des salaires déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) par les entreprises du secteur privé. Sur les 2 millions travailleurs figurant dans la base des données à la CNSS, 43% ont une rémunération mensuelle inférieure ou égale à 2.000 dirhams bruts, soit moins que le prix moyen d’un mouton relevé dans les jours qui ont précédé Aid El Adha. Ils sont tellement bas que même la baisse de l’impôt sur le revenu qui interviendra à partir du 1er janvier 2010 ne les concerne pas. Leur revenu est en dessous du seuil minimal imposable qui passe à 2.500 dirhams bruts mensuels, soit 30.000 dirhams par an. A l’autre extrême, seuls 10,85% des salariés dépassent 6.000 dirhams, plafond réglementaire de la base des cotisations sociales. Indépendamment du biais que l’évasion ou la fraude aux cotisations sociales peuvent introduire dans le tableau, celui-ci traduit sans aucun doute la montée du phénomène de «nouveaux» pauvres. Cette précarisation concerne tous ces milliers de gens qui, tout en ayant un emploi, ne peuvent pas boucler leur fin de mois et qui vivent en permanence dans la galère. «En tant que tel, ce phénomène de travailleurs pauvres pose la problématique globale de la délinquance sociale et du modèle social que l’on veut construire dans notre pays», observe Jamal Belahrach, président de la commission sociale du patronat. Il se refuse d’y voir un problème de répartition de la valeur ajoutée dans l’entreprise marocaine «car de toutes façons, les entreprises transparentes font déjà de la distribution». L’expression «travailleur pauvre» ou «working poor» est apparue dans les années 70 au siècle dernier aux Etats-Unis. Elle désigne une personne qui travaille mais dont le salaire ne permet pas, malgré tout, à sa famille de s’extraire de la pauvreté. La forte proportion des travailleurs à bas revenu dans le secteur privé est en soi un indicateur du poids des activités à faible valeur ajoutée dans le tissu industriel et de son corollaire, le travail non qualifié. C’est donc à ce niveau, c’est-à-dire la formation des compétences, que se situent les leviers de l’amélioration de la compétitivité de l’économie et de l’ascenseur social. Le fait de créer des emplois n’est pas une condition suffisante pour endiguer la pauvreté.Cette «pauvreté laborieuse», pourtant visible dans nos villes, ne rentre pas dans la catégorisation officielle. Ainsi va donc la magie conventionnelle des chiffres. Il est vrai qu’il est moins choquant d’avoir plus de pauvres que de travailleurs pauvres. Selon la doctrine du Haut Commissariat au Plan (voir interview ci-contre), il faut deux conditions pour qu’un salarié soit considéré comme pauvre: un, il doit être le seul soutien économique d’un ménage moyen (composé de 5 personnes), et deux, il doit gagner moins de 20.000 dirhams par an, soit 1.667 dirhams mensuels (oui, vous avez bien lu, 1.667 DH par mois). Par ailleurs, pour ne pas sombrer dans la précarité, il faut justifier d’un revenu annuel de 30.000 dirhams (2.500 dirhams par mois), soit le seuil du revenu non imposable à partir du 1er janvier 2010. Une très large frange des 38,76 % salariés du privé (voir camembert) qui gagnent entre 2.000 et 4.000 dirhams bruts par mois sont à la frontière de la précarité. Le moindre évènement dans la famille peut les faire basculer de l’autre côté. Ce sont aussi ceux-là qui forment l’essentiel du contingent des ménages surendettés auprès des organismes de financement. Pris en tant que tel, le salaire ne peut suffire à apprécier la situation de la personne, explique Ahmed Lahlimi, haut commissaire au Plan. L’analyse de l’organisme des statistiques marocain rejoint à ce point l’approche utilisée par ses homologues étrangers. Mais l’emploi salarié étant la principale source de revenu des ménages au Maroc, sa rémunération reste donc un indicateur crucial d’évaluation de leurs conditions de vie. L’OCDE ne s’embarrasse guère de ces précautions: selon la conception de l’Organisation, toutes les personnes dont la rémunération est inférieure à la moitié du revenu par tête d’habitant de leur pays font partie de travailleurs pauvres. Abashi SHAMAMBA

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