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    Economie

    Emploi & Développement
    La baisse du chômage ne réduit pas la pauvreté

    Par L'Economiste | Edition N°:2770 Le 06/05/2008 | Partager

    . L’issue du dialogue social est un bon point . Adéquation formation/emploi, à initier dès l’école Ils sont 150 chercheurs et praticiens, venus du monde entier débattre pendant deux jours, les 5 et 6 mai, au centre de conférences Mohammed VI de Skhirat à Rabat, de la problématique de l’emploi et développement. Mais de là, à y voir un clin d’œil au gouvernement, qui vient de clore laborieusement le dialogue social, serait un raccourci vite pris. Car finalement le Maroc n’aura servi que de cadre abritant la rencontre. Néanmoins, on notera la suggestion en off du directeur Réseau du développement Banque mondiale aux Etats-Unis (RDBM). Robert Holzmann a en effet confié à L’Economiste que «l’issue donnée au dialogue social engage le Maroc sur la bonne voie». Sur la question du lien entre formation et marché de l’emploi, Holzmann se fait loquace: «Pour la réforme de la formation, il ne suffit pas seulement d’injecter des fonds, mais mettre en place une structure qui répond aux besoins d’adéquation formation/marché de l’emploi». Pour le directeur du RDBM, il faut repartir de la base pour mener des réformes efficientes, «sans cette approche, aucune issue durable aux problèmes de l’emploi n’est possible». Aussi bien pour l’Institut allemand des études de l’emploi (IZA), la Banque mondiale et le ministère de l’Emploi, la conférence de Skhirat, la 3e sur le thème de l’emploi et développement, n’a pas d’impact direct et immédiat sur le Maroc. Mais, c’est connu, il n’y a jamais de fumée sans feu. Même si Holzmann persiste à dire que «ce genre de rencontre scientifique permet plutôt un recadrage plus précis avec les différents chercheurs par rapport aux axes prédéfinis par la Banque mondiale sur la problématique». Sept au total.Un diagnostic des conditions du marché du travail et la vulnérabilité dans les pays à revenu faible et intermédiaire; Le lien entre environnement des affaires, demande de main-d’œuvre et réduction de la pauvreté, avantages et coûts des réformes; Avantages et coûts de mondialisation pour les travailleurs; Causes et conséquences des secteurs formel et informel; Effets de la politique du marché du travail et institutions; Meilleures pratiques en matière d’acquisition et de perfectionnement des compétences: Migration internationale et marchés du travail dans les pays d’origine et d’accueil. Le round de Skhirat répond ainsi aux besoins de ce programme de recherche, initié par la Banque mondiale pour la réalisation des objectifs du Millénaire sur les aspects opérationnels touchant le marché du travail, la création d’emplois et la croissance. Les 90 communications et expériences abordant les causes et conséquences de la formalité et de l’informalité ou encore les effets de la politique et des institutions sur le marché du travail procèdent de l’approche de la Banque mondiale. La relation création d’emplois et réduction de la pauvreté, développée par François Bourguignon, directeur de l’Ecole d’économie de Paris, aura à ce titre retenu le plus l’attention des participants. Son approche est pour le moins déroutante. Au 4e trimestre 2007, le taux de chômage au Maroc marquait une régression de 1,2 point par rapport à la même période, une année auparavant. Plus de travailleurs donc, mais est-ce moins de pauvres, pour autant? Rien n’est moins sûr. Selon Bourguignon, «une baisse de chômage se réduit à une simple création de postes d’emploi». Une réduction de la pauvreté suppose une augmentation du revenu. Ce qui n’est pas forcément acquis en cas de création d’emplois. Avis à Lahlimi. . Niveaux de revenuL’expert en appelle à une catégorisation des emplois, selon les niveaux de revenu. D’où une distinction entre les «bons» et «mauvais» jobs. Qu’est-ce qu’un mauvais job? «Un emploi qui ne permet pas de se maintenir au-dessus de la ligne de pauvreté», explique Bourguignon. Les implications de cette définition sont considérables. Elle postule par exemple que les quelque 570.000 emplois créés par un pays comme le Ghana entre 1991 et 1998, procède en fait de la création de 680.000 mauvais emplois et de la destruction de 110.000 bons postes de travail. Les différentes mutations économiques et sociales de ces dernières années, ont projeté les pays en développement sur la voie d’une croissance soutenue. Inutile de chercher la petite bête à Jamal Rhmani. Le ministre de l’Emploi, lui, croit dur comme fer en «la réalisation d’une croissance susceptible de faire baisser le taux du chômage à 7% à l’horizon 2012». Reste à trouver une approche intégrée et cohérente, combinant les interventions macro et microéconomiques touchant à la fois l’offre et la demande du travail. B. T. & R. H.

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