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Emploi & Carrière
Temps durs pour les femmes de l'Est européen

Par L'Economiste | Edition N°:1735 Le 29/03/2004 | Partager

. Les salaires moyens sont de 20 à 30% plus bas que ceux des hommes . Retour de l'idéal traditionnel de division des sexesDans l'Europe postcommuniste qui s'apprête à entrer dans l'UE, le marché de l'emploi est souvent cruel pour les femmes, avec son cortège de chômage, de discrimination, d'intimidation et de harcèlement. Durant des décennies de communisme, la culture égalitariste du régime avait plutôt profité aux femmes même si elles étaient tenues à l'écart des instances dirigeantes. Maintenant, les inégalités ont largement augmenté à la faveur de la transition brutale à l'économie de marché. «La situation des femmes a 30 ans de retard sur celle qui prévaut en Europe de l'Ouest», se plaint Monika Pajerova, professeur d'université et ancienne diplomate tchèque. «Sur de nombreux plans, la situation politique est pire maintenant que durant les premières années suivant le communisme car les femmes ont joué un rôle majeur dans le changement», ajoute-t-elle. L'emploi est le problème majeur. A l'Est, sous le communisme, toutes les femmes travaillaient. Crèches, jardins d'enfants étaient partout disponibles. Maintenant, malgré l'adoption de législations contre la discrimination sous la pression de l'UE, les jeunes femmes doivent régulièrement affronter des questions sur leurs projets familiaux lors des entretiens d'embauche. «Les employeurs pensent automatiquement qu'une femme d'une vingtaine ou trentaine d'années veut se marier et avoir des enfants. Si vous êtes une femme, vous êtes totalement handicapée», affirme la parlementaire tchèque Anna Curdova. . Beaucoup hésitent à protesterLes mères sont beaucoup moins protégées. «En Hongrie, sous le communisme, une femme ne pouvait pas être licenciée dès qu'elle était enceinte de trois mois et son poste devait lui rester acquis après la naissance», explique Eva Novak, une sociologue de l'Université de Szeged. «Les femmes avaient le droit également de prendre jusqu'à 60 jours par an pour soigner leurs enfants malades, tout cela n'existe plus». Les annonces stipulant que les postulantes doivent être jeunes et jolies ne sont pas rares. Le harcèlement sexuel est encore très répandu. Fin février, en Pologne, un tribunal a débouté une jeune traductrice, limogée après avoir porté plainte contre les agissements de ses supérieurs, au motif que des attouchements ne constituaient pas «un acte sexuel».Et alors qu'elles sont dans l'ensemble mieux éduquées, les salaires moyens des femmes dans l'Europe postcommuniste sont de 20 à 30% plus bas que ceux des hommes à qualification égale, selon les statistiques officielles. Et, plus on monte dans la hiérarchie, plus le fossé se creuse. Mais comme dans cette partie de l'Europe devenue très libérale il est facile de licencier, les femmes hésitent généralement à protester de peur de perdre leur emploi. Car elles sont plus touchées par le chômage que les hommes: elles constituent par exemple 53% des demandeurs d'emploi en Pologne. Tout ceci s'explique essentiellement par un retour de manivelle idéologique après la chute du communisme. «Après 1989, il y a eu un retour de l'idéal traditionnel de division des sexes; les femmes devaient rester à la maison, élever les enfants, faire la cuisine et le ménage, tandis que les hommes avaient l'obligation de nourrir leur famille», dit Marion Pajumets, une chercheuse de Centre d'études estonien sur les femmes.Selon un sondage récent, trois Polonais sur quatre pensent que c'est à l'homme de subvenir aux besoins de la famille. Tant que cette mentalité persistera, les textes inspirés par l'Union européenne pour promouvoir l'égalité dans le travail auront du mal à entrer en application. (Avec AFP)

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