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Formation/tourisme: Un fiasco qui tourne au ping-pong

Par L'Economiste | Edition N°:2731 Le 10/03/2008 | Partager

. En s’exonérant de toute autocritique, les opérateurs s’en prennent à l’OFPPT. L’Office demande aux professionnels de «balayer devant leur porte»Le risque que font peser la crise des compétences et les carences en matière de formation sur la Vision 2010 est un sujet récurrent dans les débats et les forums sur le tourisme(1). Le constat est aujourd’hui établi: la formation est, de loin, le maillon faible de la Vision 2010.Plutôt que de chercher des solutions, les protagonistes se renvoient la balle dans un parfait exercice qui ressemble à un jeu de ping-pong. D’un côté, le ministère de tutelle via son réseau d’instituts (qui doivent être transférés en principe à l’OFPPT), l’OFPPT lui-même, et, de l’autre, les professionnels. Obnubilé par la «commande gouvernementale -72.000 lauréats en 2010-», l’OFPPT s’est lancé dans une course quantitative en faisant l’impasse sur la qualité, accusent les professionnels. Hôteliers et restaurateurs reprochent à l’Office de leur livrer des profils totalement inadaptés au marché. «Les jeunes lauréats d’écoles hôtelières sont dépourvus des fondamentaux du métier.» Résultat: il faut plusieurs semaines d’initiation et de reformatage avant qu’une jeune recrue devienne opérationnelle. Ce qui est un comble dans un domaine où la formation par alternance constitue en principe la règle. L’OFPPT rejette ces griefs et demande aux opérateurs du tourisme de balayer devant leur porte: le management de l’établissement dit assumer la part de son cahier des charges et impute les carences du produit final de la formation à la «faiblesse du copilotage».Les professionnels, si prompts à verser dans la critique, ne s’impliquent pas dans la formation. Après, il sera toujours facile de se plaindre de la qualité des lauréats.Le bilan du programme des 72.000 lauréats est très insatisfaisant, diagnostique Azzelarab Kettani, président de la Fédération des restaurateurs et vice-président de la Fédération nationale du tourisme. «Sur le plan qualitatif, la formation aura été un fiasco total», dit-il avec sa franchise habituelle. Kettani qui dirige également la commission Formation de la Fédération de l’hôtellerie depuis plusieurs années, s’inquiète de la situation: «L’ouverture dans trois mois de la station balnéaire de Saïdia nécessitera 1.500 emplois directs, des profils qualifiés et opérationnels.» Où les trouvera-t-on? L’Anapec-hôte de la conférence du 5 mars dernier-tente de sortir de ce jeu de ping-pong qui consiste à se renvoyer les responsabilités: «Il faut consolider le partenariat public-privé», suggère le directeur général de l’Agence, Hafid Kamal. Adoptons une approche régionale du problème», poursuit-il en citant l’exemple de Marrakech où les demandes sont nettement plus élevées que les offres, alors qu’à Fès et Meknès, cette équation est totalement inversée. De plus, «l’adéquation formation-emploi serait une mauvaise approche, car elle s’inscrit dans une optique de rattrapage plutôt que d’anticipation». L’Anapec est aussi dans le collimateur des professionnels. Elle est accusée de «livrer sur un plateau en or», des employés expérimentés du secteur à travers les programmes maroco-espagnols de mobilité de main d’œuvre. Plutôt que de s’en prendre à cette agence qui n’est qu’un exécutant dans ce dispositif, l’hôtellerie marocaine devrait pourtant analyser les causes des départs massifs de ses employés. Tant qu’elle n’aura pas amélioré les conditions de travail (notamment matérielles), ses salariés succomberont toujours aux sirènes espagnoles. Et cet aspect est rarement abordé dans les débats publics. Les demandes des jeunes pour la formation aux métiers de l’hôtellerie est proportionnelle à la difficulté de leur intégration sur le marché: énorme. La question des salaires est un facteur-clé de l’attractivité de même que la représentation sociale des métiers du tourisme encore mal vus pour des tas de raisons. Lotfi Lazrac, DRH de Newrest, avance le fait que «les salaires sont démotivants mais il faut savoir garder espoir car ils sont évolutifs».


Quelles seraient les pistes pour faire face à cette crise de compétences?

La reconversion est une des pistes envisagées. L’exemple du partenariat entre le groupe Accor et l’Anapec consistant en la reconversion de diplômés chômeurs aux métiers de l’hôtellerie, a été cité. Cette démarche ne saurait à elle seule pallier le déficit que connaît le secteur si elle est motivée par défaut. Amour du métier rime avec travail bien fait. Il serait judicieux de «le valoriser et le vendre dans les lycées» comme l’explique Catherine Barut, DRH de Resto Pro. «Il faut donner du sens au métier.»Paradoxalement, «l’attractivité est énorme», selon Ali Ghannam (FNT). Le secteur du tourisme est un «secteur locomotive car il booste la croissance». Cette adéquation offre-emploi n’est pas «systématique», il s’agit d’abord d’un souci «d’insertion». Il serait également bon d’opérer une «refonte des métiers du tourisme» mais surtout «renforcer la qualité de la formation, notamment celle des formateurs».Nezha MAACHI

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