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Contrôleur aérien: Que de sueurs froides!

Par L'Economiste | Edition N°:2383 Le 16/10/2006 | Partager

. L’aiguilleur du ciel peut gérer simultanément une trentaine d’avions . A partir de 2008, un bon niveau en anglais devient obligatoire «C’est un métier éprouvant et lourd de responsabilité». Etre contrôleur aérien nécessite une condition physique parfaite et des nerfs solides. Comme le pilote, le contrôleur aérien tient la vie des occupants d’un avion entre ses mains. Il doit être en parfaite condition physique et nerveuse. «C’est un métier ou l’erreur n’est pas permise. Les contrôleurs sont soumis à une pression psychologique importante», soutient Samira Erraydi, contrôleur au Centre régional de contrôle (CRC) de Casablanca. Le métier est stressant, disent les uns; éprouvant, estiment d’autres. En tout cas, les «sueurs froides» ne manquent pas. «C’est le gendarme de l’air. En contact avec les pilotes, il assure la sécurité par excellence», poursuit Amina Maghfour, contrôleur aérien.Un contrôleur doit faire preuve de résistance. Il doit analyser et anticiper les situations et être en mesure de réagir et de prendre des décisions avec une extrême rapidité. Ce qui nécessite une grande agilité intellectuelle. Le contrôleur suit chaque appareil sur son écran et communique par radio avec les pilotes. Il leur donne les instructions, gère l’importance du trafic, les trajectoires des avions, le plan de vol, etc. Son champ d’action est l’ensemble de l’espace aérien national, et il est en contact avec les contrôleurs d’autres pays (Algérie, Espagne, Sénégal, Iles Canaries et Portugal).Le service fonctionne 24 heures sur 24, et le travail est organisé en swifts. Dans la salle de contrôle, des équipes de trois personnes sont réparties par zone: Sud (Casa-Laayoune), Est (Benslimane-Oujda), Ouest (eaux territoriales), Océanique (haute mer), Nord (Casa-Tanger). Avec les accords de l’Open Sky, trois autres secteurs s’ajouteront d’ici à 2008: Sud-Sud, la zone océanique et l’Ouest seront chacune déclinées en deux zones. Dans chaque équipe, une seule personne porte «le casque» et elle est assistée par deux autres. Un contrôleur peut gérer plusieurs avions en même temps. La norme maximale est de 30 à 35 aéronefs pour un secteur de transition. «Pour éviter les pics, nous élaborons des prévisions à l’avance pour que tout se déroule dans le respect des normes», soutient Samir Berrakhla, président de l’Association marocaine des contrôleurs aériens. Au total, le Maroc compte 319 contrôleurs aériens, dont 95 au CRC de Casablanca. Pour garder leur licence, les aiguilleurs du ciel doivent effectuer 150 heures par semestre. Le reste des contrôleurs sont répartis entre les différents aéroports et opèrent dans les tours de contrôle. A ce niveau, la fonction diffère sensiblement : ils sont chargés des mouvements sur la piste et des avions en vol dans la zone de responsabilité de la tour de contrôle. Ils ont également l’avantage de voir les avions. En revanche, dans le CRC, les contrôleurs sont face à des ordinateurs et les avions sont «des points» sur un écran. Dans ce métier, la gent féminine est bien représentée. Les femmes forment le tiers des effectifs en exercice. Le Maroc est un des premiers pays arabes à avoir ouvert les portes du contrôle aérien aux femmes. L’accès à la profession est ouvert aux personnes justifiant d’un master dans le contrôle aérien: une licence scientifique (bac + 3) complétée par deux ans de formation à l’Académie Mohammed VI de l’aviation civile. Le système de formation s’est aligné sur l’architecture de la réforme de l’enseignement supérieur. D’ici à 2009, l’on table sur la formation d’une cinquantaine de personnes par an. Dans le nouveau système, le volet pratique est aussi important que la théorie. Ce qui, selon Samir Berrakhla, président de l’Association marocaine des contrôleurs aériens, permettra «d’arriver sur le terrain avec une première qualification». Une fois la formation achevée, la personne formée accède au contrôle en tant que stagiaire. Il ne sera «contrôleur opérationnel» qu’après 4 à 6 ans d’expérience. Durant cette période, il doit franchir plusieurs étapes de qualification. Autre modification: l’obligation d’avoir la maîtrise de l’anglais. A partir de mars 2008, tous les contrôleurs doivent avoir un bon niveau en anglais et ne pas se contenter de l’anglais technique. C’est une obligation qui intervient dans le cadre de l’Open Sky et de l’OACI. Il a été prouvé que les difficultés de communication étaient à l’origine de nombreux incidents.


Redéploiement à 50 ans

Travailler jusqu’à l’âge de 60 ans en tant que contrôleur aérien semble risqué. Plusieurs contrôleurs s’accordent sur ce constat. Dans ce métier, la norme est de s’arrêter au bout de 50 ans et d’être redéployé ailleurs. Mais, en raison d’un manque d’effectif, les contrôleurs exerçaient même à quelques années de la retraite. Depuis 2006, un changement s’est opéré. Des personnes proches de la cinquantaine ont été chargées de la supervision. Mais ils gardent toujours le contact avec «le terrain» pour qu’ils puissent prêter main-forte en cas de besoin. Par ailleurs, ce qui fâche les contrôleurs, c’est le niveau de salaire, qui ne tient pas compte des risques. Un débutant démarre à 4.800 dirhams nets. Il a droit à une prime variant de 1.000 à 1.200 dirhams en fonction des qualifications. Après 4 à 5 ans d’exercice, la rémunération atteint près de 8.500 dirhams, et 17.000 en fin de carrière.Khadija MASMOUDI

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