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Abus et exploitation, le lourd tribut des migrants travailleurs

Par L'Economiste | Edition N°:1819 Le 26/07/2004 | Partager

. L’OIT se préoccupe du sort de cette population. Elle appelle à des actions multilatérales. 10 à 15% des migrants sont en situation irrégulière“Nous devrions cher-cher les moyens de créer des emplois décents pour le flot de migrants à travers les actions multilatérales et les politiques”. Cette phrase, lan-cée par le directeur général du BIT, Juan Somavia lors de la dernière conférence de travail de l’OIT, traduit la préoccupation de l’Organisation internationale quant à la question des migrations et des conditions de travail des migrants. D’ailleurs, l’Organisation internationale du travail (OIT) vient d’adopter un nouveau plan d’action pour “un marché équitable en faveur des travailleurs migrants” (cf. Dossier Emploi & Carrière, www.leconomiste.com)(1). Son objectif: améliorer les conditions du travailleur migrant et promouvoir des formes mieux organisées de la migration. De plus en plus de pays sont impliqués désormais dans la migration, soit comme pays d’origine, soit comme pays de destination ou de transit, ou les deux simultanément, selon l’OIT. Ce qui requiert des actions multilatérales plutôt qu’unilatérales de la part de tous les Etats concernés. Pour formuler les recommandations de son nouveau plan d’action, l’Organisation internationale s’est appuyée sur un rapport, publié le 21 mai, dans le cadre d’un débat programmé pendant la conférence. Ce rapport de plus de 220 pages, intitulé “Une approche équitable pour les travailleurs migrants dans une économie mondialisée”, s’appuie sur les résultats d’une enquête de l’OIT sur la migration internationale du travail, impliquant quelque 93 Etats membres dont le Maroc. Celle-ci contient des informations collectées jusqu’en avril 2004 et constitue les dernières données disponibles sur les tendances des mouvements de migration, la condition des travailleurs, les lois et pratiques en vigueur, les structures et les politiques existantes en matière de régulation et d’emplois des migrants. Le nouveau rapport de l’OIT passe en revue les différents types de migrations, leurs raisons, leurs conséquences sur les pays d’origine et ceux d’accueil. Il analyse aussi les conditions de travail des migrants et la réglementation internationale régissant ce phénomène. Près de la moitié des migrants et des réfugiés à travers le monde, soit 86 millions d’adultes, sont actifs économiquement. Un nombre qui, selon le rapport, devrait encore s’accroître rapidement dans les prochaines années “du fait de l’échec de la mondialisation à créer des emplois et des ouvertures économiques dans les pays d’origine”. Les différences économiques, politiques et démographiques entre les pays et le manque d’emplois et de travail décent, de sécurité humaine et de libertés individuelles sont les principales causes expliquant la migration internationale contemporaine. Dans les pays en développement, des millions de jeunes, hommes et femmes, accèdent chaque année au marché du travail, alors que la création d’emplois dans ces pays n’est pas suffisamment rapide pour absorber tous les demandeurs. En même temps, dans les régions plus développées, caractérisées par une population vieillissante, une pénurie de main-d’œuvre dans de nombreux secteurs se profile. L’OIT reconnaît que la migration a des retombées bénéfiques sur au moins trois plans. Pour le migrant lui-même (et sa famille restée au pays) qui voit sa situation s’améliorer remarquablement du fait du salaire plus élevé qu’il touche mais aussi de l’expérience qu’il acquiert. Pour les pays d’origine qui bénéficient des transferts de fonds des travailleurs migrants. Et pour le pays d’accueil qui bénéficie de la main-d’œuvre nécessaire au développement de son économie ou au maintien de son bien-être. “Les nouveaux arrivants rajeunissent souvent la population et stimulent la croissance sans inflation”, indique le rapport. Après la Seconde Guerre mondiale, les travailleurs immigrés ont contribué à la croissance soutenue de l’Europe pendant trente années ou plus. En Asie-Orientale et Occidentale, depuis les années 70, les travailleurs migrants ont participé à la transformation très rapide des villes en métropoles influentes. Mais, tout cela ne doit pas nous faire perdre de vue la situation et les conditions dans lesquelles vivent et travaillent ces migrants. Selon l’étude, celles-ci sont, pour une grande partie des migrants, marquées par l’abus et l’exploitation. “Quelques fois, elles prennent la forme de travail forcé, et trop souvent un déni des droits syndicaux, de la discrimination et de la xénophobie”, affirme le rapport. Ceci est notamment flagrant chez les migrants en situation irrégulière qui représentent entre 10 et 15% de la population migrante. Cette catégorie de travailleurs vulnérables, fait face aux dangers les plus graves quant aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales lorsqu’ils sont recrutés, transportés et employés au mépris de toute loi.


Fuite des cerveaux

La fuite des cerveaux, autre aspect analysé par le rapport du BIT, entraîne déjà des pénuries de compétences dans plusieurs secteurs, en particulier la santé et l’éducation. Près de 400.000 scientifiques et ingénieurs de pays en développement travaillent dans le domaine de la recherche-développement dans les pays industrialisés (contre 1,2 million de leurs collègues restés dans le pays d’origine). Selon l’étude, la mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés est en augmentation depuis le début des années 90. Evolution qui s’explique, d’une part, par l’accroissement de la demande mondiale de qualifications. D’autre part, par l’attrait qu’exercent les pays industrialisés via des conditions plus avantageuses (salaires plus élevés, meilleurs moyens de travail et plus de perspectives d’avenir). Il y a aussi les mécanismes de recrutement et de sélection qui attirent les éléments les plus brillants des pays en développement. Cet exode peut avoir, selon le rapport, des effets bénéfiques pour les pays d’origine (connaissances et compétences des émigrés revenus dans leur pays). Mais attention au revers de la médaille! “L’exode des cerveaux peut créer un cercle vicieux qui freinerait le développement du pays d’origine”, avertissent les auteurs du rapport du BIT. Ainsi, par exemple, l’émigration du personnel médical et infirmier constitue une menace potentielle pour les systèmes de santé des pays en développement. D’autant plus qu’elle intervient à un moment où ils sont aux prises avec les ravages du sida.


Quitter le Maroc, les jeunes en rêvent

Qualifiés ou moins qualifiés, les jeunes Marocains veulent une vie meilleure sous d’autres cieux. Qu’il s’agisse de fuite de cerveaux ou de main-d’œuvre, le phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur. D’ailleurs, les organisations internationales tirent à tour de rôle la sonnette d’alarme. Dans son rapport intitulé “Les grandes tendances des migrations internationales”, datant de janvier 2004 (www.leconomiste.com), l’OCDE (organisation de coopération et de développement économiques) avait noté une “compétition vive pour attirer les ressources humaines qui font défaut et retenir celles qui risqueraient d’émigrer”. Cela nous rappelle la fuite des cerveaux marocains en direction de l’Europe durant les dernières décennies, et plus récemment vers le Canada. Un site gouvernemental du Québec confirme ces assertions. Selon ce dernier, il y a eu une forte augmentation du nombre d’immigrants du Maroc entre 1997 et 2001, par rapport à la période précédente (1987-91). Les hommes sont largement majoritaires. D’après l’Organisation de coopération, l’informatique, les biotechnologies, la santé ou encore l’enseignement sont des secteurs particulièrement demandeurs de profils étrangers pointus. Ainsi, par exemple, en France, destination prisée par les Marocains, une hausse sensible des entrées de travailleurs et en particulier d’informaticiens, d’enseignants et de personnels de santé est relevée par le rapport.Et le Maroc n’est pas le seul concerné. La majorité des jeunes (plus de 50%), dans la région Mena, ont exprimé le souhait de quitter leur pays, selon une analyse récente du Forum euroméditerranéen des instituts économiques (FEMISE). Lequel recommande de développer des compétences réelles plutôt que des qualifications généralistes. Développer les enseignements modulaires, l’alternance, favoriser la reconnaissance de l’expérience professionnelle dans les diplômes. Rien qu’au Maroc, le nombre d’emplois devrait croître de 30% d’ici à 2010, si le pays veut stabiliser son taux de chômage, selon l’analyse du Femise.Khadija EL HASSANI-----------------------------------------------------------------------(1) C’était lors de la 92e session de la Conférence internationale du travail, qui s’est tenue du 1er au 17 juin à Genève.

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