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Electricité: Ce qui va changer avec la libéralisation

Par L'Economiste | Edition N°:2341 Le 16/08/2006 | Partager

. Production indépendante: Les gros marchés de retour. Gaz naturel : L’ONE pourrait importer 3 à 5 milliards de m3 par an. Eolien: Des projets pour 1.000 MW. Ambitions à l’internationalLE Maroc se prépare pour la dernière phase de la libéralisation du secteur avec une plus grande participation privée afin d’aider à satisfaire une demande croissante. Un certain nombre de projets de consultation ne correspondent déjà pas à l’offre, et une impressionnante liste de projets à gros budget est attendue, incluant un éventuel terminal de gaz naturel sur la côte atlantique afin d’importer du gaz naturel liquéfié pour les centrales électriques. Promoteurs, prenez notes: les projets de production indépendante, auxquels le Maroc a ouvert la voie avec succès dans les années 90, sont à nouveau au programme. Ceux-ci parmi un vaste éventail de thèmes abordés par Younes Maamar, DG de l’ONE dans un entretien à African Energy réalisé par Jon Marks (qui est également le correspondant de L’Economiste à Londres). «L’objectif est d’obtenir le minimum de kilowatt par heure simultanément à la croissance de la demande», a-t-il affirmé. «C’est devenu un objectif-clé vu la croissance de la demande et le défi que livre le milieu de l’énergie».L’ONE a une réputation solide en matière de technique et de gestion (ndlr: grâce à l’excellent travail réalisé par Driss Benhima, il faut le reconnaître), même si Maamar concède que si «les ressources humaines de l’ONE constituent son point fort», une capacité de construction supplémentaire était nécessaire avant que le système ne puisse être totalement libéralisé. Il n’y a, pour l’instant, aucun planning de libéralisation totale qui, lui, nécessitera des modifications législatives. Mais la plupart des réformes nécessaires ont déjà été mises en place, ou sont en cours. L’ONE a choisi Allen & Overy, cabinet d’avocats à vocation internationale basé à Londres, pour analyser tous les contrats courants et travailler sur les structures. Un tel travail est essentiel, affirme Maamar. Dans le trousseau hérité des anciennes structures de l’Etat, virtuellement aucun contrat ne régule aujourd’hui les relations entre les branches de transfert et de distribution de l’ONE, ni entre les sociétés de transfert et les services régionaux, même si les principales régies sont en gestion privée (exemple de la Lydec à Casablanca). A la place de contrats, leurs relations sont régies par des clause désuètes et déséquilibrées, dont certaines ont été dressées dans les années 20. Maamar est persuadé que les changements que l’ONE met en place aujourd’hui, comme celui de soumettre à des contrats tous les échanges énergétiques, vont être les précurseurs de ce qui constitue l’éventuelle libéralisation légale du système; auquel stade l’ONE perdra la plupart de ses statuts de régulateur, et sera l’égal des autres firmes dans la compétition. Les conseillers techniques et financiers qui travailleront sur ces réformes ont été choisis mais les noms n’ont pas encore été communiqués.Qui fait venir les investisseurs dans une centrale électrique? Cela ne peut pas être le gouvernement à lui seul, parce que c’est un marché à capitaux intenses qui nécessite des promoteurs et des marchés monétaires qui ont, en conséquence, leur mot à dire dans la structuration d’un projet énergétique», ajoute Maamar. Il affirme que le «transfert est l’épine dorsale du système, et que l’on doit réallouer des capitaux provenant de la production pour consolider cela». Les interconnexions sont une possible source d’augmentation de la capacité. L’interconnexion sous-marine de l’ONE avec la société Red Eléctrica de Espana, qui relie le Maroc à l’Espagne, est en train d’augmenter sa capacité afin d’atteindre 1.400 MW (les tests sur la nouvelle ligne ont commencé en juin dernier) et Maamar voit encore un important potentiel en ce lien. Après s’être tourné vers le développement des nouveaux projets de production indépendant comme moyen d’accroître sa capacité, l’ONE a établi un plan pour implanter des centrales sur des bases marchandes, en utilisant le projet Al Wahda et ses 800 MW comme modèle. Alstom, Siemens et General Electric / Tecnicas Reunidas ont soumis des offres, mais les travaux sur Al Wahda n’ont pas progressé. Le Maroc possède une série de sources de combustibles d’où il pourrait produire. La Compagnie privée de Jorf Lasfar fonctionnant au charbon –charbon importé–, Maamar estime que «le charbon a un avenir au Maroc». Tout comme le gaz, aujourd’hui plus potentiellement importé sous forme de gaz naturel liquéfié, plutôt que d’augmenter davantage les importations du voisin algérien. Maamar confirme que l’ONE travaille sur un projet d’importer 3 à 5 milliards de m3 par an pour une centrale de regazeification, le tout avec deux leaders locaux du secteur, Akwa group, et la Samir. Le processus en est au choix d’un conseiller financier, qui sera chargé de dresser l’offre afin que des propositions puissent être faites pour lancer un schéma de type construction-activation-transfert.Les partenaires ont d’ores et déjà rencontré les pourvoyeurs potentiels. Maamar a affirmé qu’ils ont reçu «un intérêt fort et encourageant pour ce projet».«Importer plus de gaz algérien n’est pas mon objectif, puisque cela fait partie de la politique énergétique de diversifier nos sources de ravitaillement», a-t-il ajouté. L’ONE est l’un des rares services africains à avoir développé un programme renouvelable, basé sur d’abondantes ressources éoliennes, autour de Tanger et du détroit de Gibraltar dans le Nord, et Tarfaya et autres emplacements sur la côte atlantique dans le Sud. «Nous préparons actuellement une initiative d’éolienne à 1.000 MW basée à Taza et dans le Rif, ainsi qu’à Tarfaya et dans le Sud», confie Maamar. L’ONE lance une offre pour obtenir et évaluer la «qualité des données éoliennes», pour ainsi certifier la ressource éolienne (une procédure accomplie par des spécialistes comme Garrad Hassan & Partners basés au Royaume-Uni, et les Hollandais de Fortis Windenergy).Maamar s’intéresse déjà à l’identification de trois sites sur cinq, plus une salle de données.. L’ONE fera lui-même des enchèresFaire fonctionner les éoliennes en incluant les moyens de l’ONE «nécessite une grille d’évaluation». Comme l’a fait observer Maamar, «plus vous placez d’unités thermiques, plus vous pouvez installer d’éoliennes». Il a constaté que les «très fructueuses relations» avec Red Eléctrica de Espana traçaient davantage le potentiel du Nord.Parmi les grands projets de transfert figure le doublement des 220 KV reliant Boujdour, dans le nord du Sahara, qui devrait accroître la stabilité du système et évacuer les éoliennes. Pour désenclaver la région, l’ONE prévoit aussi un lien Dakhla – Laâyoune de 225 KV et une ligne de 400 KV reliant Laâyoune à Tanger (dont la tranche jusqu’à Chichaoua devrait être bientôt prête).Le prochain projet d’envergure impliquera le montant de l’offre de l’Environment Power Corporation (EPC) pour un projet de 100MW à Essaouira, et dont les travaux commenceront à la fin de l’année 2006, suivi d’un projet d’éolienne de 140MW près de Tanger. Non seulement ces projets vont augmenter la capacité, «mais ils nous aideront à forger notre compétence en matière d’énergie éolienne», assure Maamar.Au terme de ces programmes, les projets de production indépendante d’énergie éolienne seront soumis à l’offre, et l’ONE fera lui-même des enchères puisqu’il ne sera plus contraint d’être le régulateur gouvernemental du marché de l’énergie.L’ONE demeure ainsi engagé dans l’énergie éolienne même si «cela continue d’être très coûteux; c’est un marché d’équipement industriel». Il y a un soutien des institutions financières pour développer les projets d’éoliennes, et du gouvernement pour assurer la bonne utilisation des engagements et du régime fiscal. Le financement concessionnaire peut être réservé à couvrir les payements une fois la dette prioritaire retirée. Maamar est focalisé sur les projets de marché locaux en se mobilisant pour les financer. Les banques marocaines ont déjà un bon taux de participation dans le financement et les obligations de sociétés dans les projets à gros budget.Et si ce n’est pas assez, l’ONE a des ambitions d’extension à l’étranger. Les précédents efforts pour participer à la privatisation de Senelec au Sénégal et de Somelec en Mauritanie ont échoué. Mais l’ONE «veut tirer profit de ses expériences», ce qui évoquerait la possibilité de postuler pour d’autres projets sur le continent, a conclu Maamar.


Les nouvelles structures

DE nouvelles structures sont en train d’être créées au sein de l’ONE afin d’améliorer les performances et de préparer les libéralisations. Un groupe de gestion des risques a été constitué pour contrôler les approvisionnements en carburant, les devises étrangères et le marché espagnol sur un nouveau terrain d’accords commerciaux. De tels changements peuvent déverrouiller la valeur ajoutée, affirme Maamar: «c’est par exemple une valeur à avoir dans les deux heures de décalage entre le Maroc et l’Espagne».Cette observation montre également l’importance croissante de l’interconnexion avec l’Espagne et les potentialités pour s’incorporer dans le marché libéralisé du sud de l’Europe.


Secteur privé

L’ONE a été un pionnier en matière de production indépendante de l’énergie électrique en Afrique et dans le monde arabe, avec la Compagnie privée de Jorf Lasfar. Les précédents programmes de production indépendante étant caducs, l’ONE cherche d’autres moyens de financer son développement.Maamar envisage aujourd’hui une contribution importante du secteur privé dans la génération de projets, et pas seulement à travers les modèles classiques de production indépendante. «Nous estimons que les besoins annuels en investissement dans le secteur marocain de l’énergie électrique sont autour de 1 milliard», estime Maamar. «Nous pourrions peut-être les financer nous-mêmes, mais ce n’est sûrement pas le meilleur moyen d’utiliser les capitaux de l’État… Ici le secteur privé devrait s’impliquer». Maamar voit un transfert majeur de l’investissement à l’avenir, en plus de l’essor de la production, avec une estimation de 500 à 600 MW par an comme capacité requise.


Coûts des projets

MAAMAR estime que l’électricité marchande n’est pas un modèle approprié pour le Maroc, à son stade de développement. «Les projets commerciaux ne vont pas apporter la teneur nécessaire d’un financement et, ainsi, ne pourront pas nous aider à réaliser notre objectif d’atteindre le taux le plus bas de KW par heure. Des contrats modernes d’achat d’énergie électrique, s’ils sont bien structurés, couvriront nos besoins. Les accords de mise en commun sont louables, mais au niveau de maturité du marché actuel, ils ne sont pas les mieux adaptés pour garantir les coûts des projets».Dans ce contexte, Maamar conclut que «les productions indépendantes d’énergie ont un avenir». Lorsque le marché aura atteint sa maturité, les productions indépendantes trouveront les ressources pour se libérer de leurs contrats d’achat d’énergie; et potentiellement vendre à une série de clients à travers les fonds communs et autres accords. Pendant ce temps, les projets ont une chance d’être mis sur pied.S. B.

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