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El Jadida: Le calvaire d'un internat en panne d'électricité

Par L'Economiste | Edition N°:1628 Le 22/10/2003 | Partager

. Au village Arbiaa Aounate (80 km d'El Jadida), les longues nuits des 316 pensionnaires de l'internat tournent au cauchemar. Pas de budget pour renouveler le poste électrique transformateur qui coûte 200.000 DH. Le risque d'incendies est permanent avec l'utilisation des bougies et bouteilles de gazLes longues nuits sombres des 316 pensionnaires de l'internat du collège Arbiaa Aounate tournent au cauchemar. Cet établissement, situé à 80 km d'El Jadida, ne dispose plus d'électricité. Depuis le 13 octobre dernier, c'est le black-out. Le poste électrique transformateur desservant le collège et l'internat est tombé en panne. “Nos nuits… c'est l'angoisse et la peur”, confie une élève, les larmes aux yeux. Les plaintes des élèves et des responsables sont restées sans résultats. Une équipe de l'ONE s'est déplacée lundi dernier pour réparer le poste électrique, propriété de l'internat. Elle a recommandé l'installation d'un autre poste à la charge de l'établissement pour un coût de 200.000 DH. Sans soutien financier, l'issue semble lointaine pour les pensionnaires. La délégation du MEN à El Jadida a fait savoir que son budget ne lui permet pas de mettre en place un nouveau poste. Elle limite sa contribution à hauteur de 4.000 DH, ce qui est insignifiant pour renouveler le poste transformateur. La procédure de financement devrait alors passer directement par le ministère, ce qui risque de prendre plus de temps. Mais pour l'heure, l'internat ne dispose toujours pas d'électricité. Les pensionnaires ont organisé lundi dernier une marche jusqu'à la caïdat pour protester contre les conditions de leur vie. Le caïd les a reçus pour leur proposer une solution provisoire. Il s'agit de les raccorder au courant d'électricité sans passer par le transformateur de l'établissement. Mais cette possibilité reste limitée car elle ne permet que l'utilisation de 4 ampoules. Ce qui n'est pas suffisant pour mettre en marche les réfrigérateurs de la cuisine et l'éclairage des espaces communs de l'établissement. D'ailleurs, les responsables de l'internat sont contraints de confier tous les jours les produits alimentaires périssables à des épiceries voisines pour les garder dans des frigos. En attendant, quelques bougies sont distribuées aux pensionnaires pour préparer leurs devoirs. Le restaurant et la cuisine sont éclairés par quelques bouteilles de gaz. La crainte des incendies est quasi-permanente. Le soir, c'est la file d'attente devant le restaurant. Les ustensiles de cuisine, les plats, les verres, les assiettes et les tables ne suffisent plus pour recevoir en même temps tous les internes. Les pensionnaires sont répartis alors en plusieurs groupes, qui descendent à tour de rôle au restaurant. Mais, au mois de Ramadan, cette formule ne pourra plus jouer… La peur dans le noir provoque des crises d'hystérie chez des pensionnaires. Vendredi dernier, c'était un record, 12 filles ont eu des crises au beau milieu de la nuit, relatent des pensionnaires. Et comme un malheur ne vient jamais seul, un pensionnaire a été piqué quelques jours auparavant par un scorpion, alors qu'il faisait la queue dans le noir devant le restaurant. Il a été transporté d'urgence sur une moto à un dispensaire où il a été sauvé in extremis.


Dégâts des pluies

L'internat d'une capacité d'accueil d'à peine 120 places reçoit actuellement 316 élèves, dont 196 filles. Ces pensionnaires sont inscrits au collège et lycée du même village. Les dortoirs au nombre de 3 se trouvent respectivement au rez-de-chaussée et les deux étages. Le rez-de-chaussée accueille les garçons alors que les étages supérieurs sont réservés aux filles. Les 3 dortoirs de 5 mètres de largeur et 30 de longueur sont prévus pour recevoir 40 élèves chacun. Avec l'arrivée des pluies, la moitié du dortoir du deuxième étage pourrait être vidé de ses occupantes comme l'année dernière, car il devient inhabitable en raison des écoulements d'eau. Les filles sont alors recasées à l'infirmerie. Dix tonnes de ciments ont été offertes par des communes avoisinantes pour renforcer la toiture. Mais l'association des parents d'élèves n'a pas daigné faire venir des maçons pour les travaux… et le ciment a disparu. En attendant, les pensionnaires de l'internat du collège Arbiaa Aounate ne rêvent que de lumière.De notre correspondant, Mohamed RAMDANI

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