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Economie

Edition culturelle
Un marché qui stagne depuis dix ans

Par L'Economiste | Edition N°:1880 Le 21/10/2004 | Partager

. La demande peine à décoller . Mais les professionnels restent optimistes . Pas de chiffres officiels, l’activité n’étant pas organiséeEn dépit de tous les problèmes dont souffre le marché de l’édition, les professionnels gardent le moral. «Le marché de l’édition à l’échelle internationale, au vu de la production mondiale, semble florissant», indique Layla Chaouni des Editions Le Fennec. Il n’empêche, ajoute-t-elle, qu’il y a de nombreux petits éditeurs qui ont les mêmes problèmes que nous. Et quelque part, cela réconforte». Etroitesse du marché, faible circuit de distribution, absence d’une stratégie incitative de la part des pouvoirs publics font qu’aujourd’hui, le secteur est jugé très mal en point. Selon le PDG des Editions Eddif, Abdelkader Retnani, l’édition du «culturel» (roman, essais, livre pour enfant, beaux-livres… ) souffre d’une morosité chronique. «L’activité stagne, avec le même chiffre d’affaires depuis une dizaine d’années», souligne-t-il. Celui-ci avoisine les 10 millions de DH. Un chiffre que n’approuvent pas tous les éditeurs en l’absence de chiffres officiels. «Le secteur est très mal structuré, il est donc difficile d’avancer des chiffres», souligne Hassan El Oukhchachi, directeur commercial à la Librairie nationale sise à Mohammédia. La production ne dépasse guère, selon la profession, les 1.000 à 1.100 titres/an pour une population de 30 millions de personnes (au Liban, un pays d’à peine 4 millions habitants, pas moins de 3.000 titres sortent chaque année!). «L’étroitesse du marché incite les éditeurs à être prudents», explique Retnani. En effet, même à faible tirage, des livres mettent plusieurs années pour être écoulés. Les tirages dépassent rarement les 2.000 exemplaires en français et 3.000 pour les publications arabophones, indique le patron d’Eddif. Une situation due aussi à la concurrence des éditeurs français et du monde arabe (Egypte et Liban principalement). Selon El Oukhchachi, l’auteur marocain préfère s’adresser à des éditeurs étrangers pour des raisons de droits d’auteurs d’une part et de bonne diffusion de l’autre.Aujourd’hui, à en croire des professionnels, à peine une dizaine d’éditeurs arrivent à s’imposer dans le segment du culturel avec une production régulière d’une trentaine de titres/an dans les meilleurs des cas. Faute de lectorat assidu, ce type de production cherche toujours son public. Et l’analphabétisme qui touche près de 48% de la population n’est pas pour arranger les choses. Résultats: les ventes n’arrivent pas à décoller et l’activité stagne. Une situation qui, selon Bichr Bennani, des Editions Tarik, perdure depuis des années, les autorités de tutelle mais aussi l’Education nationale ne faisant rien pour l’améliorer. «Peu d’efforts sont déployés pour inciter les gens et particulièrement les enfants à lire», indique Bennani, qui souligne le peu d’ouvrages marocains intégrés dans les programmes scolaires. «C’est le meilleur moyen pour inculquer à nos enfants la passion des livres dès leur jeune âge et surtout pour les familiariser avec les auteurs marocains», estime un autre éditeur, qui a requis l’anonymat. Une idée qui, semble-t-il, commence à faire son chemin, vu les efforts déployés ces deux dernières années par l’administration de tutelle. «Un investissement non négligeable a été consenti pour promouvoir l’édition jeunesse», affirme Retnani sans fournir de chiffres. Il souligne une autre action du ministère: l’édition d’un catalogue en allemand et en anglais pour les besoins du Salon du livre de Francfort qui s’est tenu du 6 au 10 octobre 2004(1). A souligner, par ailleurs, le regain d’intérêt pour le segment jeunesse. En témoigne le nombre d’éditeurs qui ont investi dernièrement le créneau (Yomad, la Croisée des Chemins, les Editions Nouiga…). Les éditeurs mettent en cause aussi la faiblesse du réseau de diffusion. Selon eux, l’absence d’un circuit de distribution performant couvrant tout le pays handicape dans une large mesure le développement du marché du livre. «La promotion ne peut se faire en l’absence de libraires professionnels», souligne Retnani, qui avance le nombre de 15 libraires opérant sur tout le Royaume. Un chiffre appelé à baisser encore puisque, faute de clientèle, certaines sont obligées de baisser rideau. D’ailleurs, Bichr Bennani annonce la fermeture imminente de trois librairies à Casablanca, sans fournir de nom. Les éditeurs montrent aussi du doigt la faible médiatisation dont bénéficie le secteur. Les efforts de la presse écrite sont jugés insuffisants. Mais c’est surtout les deux chaînes de télévision tout autant que la radio qui sont incriminées. Les émissions culturelles font cruellement défaut. K. E. H.----------------------------------------------------------(1) Des éditeurs marocains ont participé à la 57e édition de ce salon dont l’invité d’honneur était le monde arabe.

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