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    EDI: La normalisation assure les gains

    Par L'Economiste | Edition N°:155 Le 24/11/1994 | Partager

    Une fois de plus, les discussions soulèvent les avantages techniques et financiers de l'EDI. Selon les utilisateurs, les coûts de mise en place sont négligeables devant les gains recueillis. Toutefois, pour en arriver là, une normalisation s'impose.

    L'EDI, Echange de Données Informatisé, correspond au transfert, par des messages normalisés, d'informations structurées entre systèmes informatiques de deux entreprises. Peu pratiquée au Maroc, cette technique permet l'utilisation automatique des données par tout système informatique concerné. Une telle transformation dans les techniques de communication et d'information entre les entreprises présente pour elles des intérêts considérables. En premier lieu, I'EDI permet la réalisation d'économies importantes dans le traitement de l'information, et ceci par la suppression des ressaisies, ainsi que l'élimination des erreurs et des corrections induites. En second lieu, l'application de cette nouvelle technique engendre des gains financiers directs, concrétisés par la diminution des frais postaux, l'accélération de l'émission des factures et la diminution des stocks.

    Le "just in time"

    Ainsi l'entreprise peut fonctionner avec un stock minimum, le "just in time", les bons de commande seront automatiquement expédiés, par voix électronique, aux fournisseurs, une fois les stocks dépassant le seuil critique.

    Enfin, sur le plan marketing, l'entreprise acquiert, en appliquant l'EDI, une image de marque. Ceci lui permet d'améliorer la qualité de ses services et de la fidéliser avec ses fournisseurs.

    Plus concrètement, I'EDI permet de réaliser une réduction de 25% sur les coûts administratifs liés à la production et des gains allant de 5 à 15% sur le prix de vente des marchandises.

    Pour bénéficier de tous ces avantages, en passant par l'application de l'EDI, certaines normalisations s'imposent. En effet, cette technique est tributaire d'un langage qui lui est propre. Elle se pratique dans des normes qui varient selon le secteur considéré.

    Actuellement, la nécessité d'établir une langue universelle sous le nom d'EDIFACT (Electronic Data Interchange for Administration, Commerce and Transport), élaborée au sein des instances des Nations Unies, a vu le jour.

    Le langage comporte un vocabulaire, qui est un répertoire d'éléments de données commerciales définissant et classifiant 600 données génériques (norme ISO 7372); et une grammaire qui définit les règles de présentation des données (ISO 9735). La finalité de la normalisation est de bâtir des messages qui vont passer par différents statuts, allant de 0 à 2, avant de pouvoir être utilisés au niveau international. Ces messages sont caractérisés par leurs tailles variables, qui peuvent atteindre plusieurs milliers de caractères. A ce jour, on compte plus de 130 messages établis au niveau international. Sur le plan français, c'est l'association Edifrance, réunissant des groupes d'utilisateurs, qui assure les tâches de normalisation des messages Edifact en France.

    Par ailleurs, il existe des entreprises dans certains secteurs qui utilisent un standard propre à elles. Dans ce cas, il convient, lorsqu'elles conversent avec d'autres qui utilisent la normalisation Edifact, que des logiciels appelés "Traducteurs" assurent la conversion entre les données du système d'information interne de ces entreprises et les messages normalisés.

    Encore faudrait-il au préalable que les partenaires établissent un accord d'interchange, à caractère technique, afin notamment d'organiser des modalités linguistiques de l'échange.

    L'acheminement de l'information

    Il peut également y être ajouté un accord d'échange, à caractère juridique, ayant pour but de déterminer les responsabilités des parties à chacune des étapes de l'échange (identification des parties, procédure de vérification des données transmises, attitude à suivre en cas de rupture de la communication...).

    Les informations s'acheminent à travers des réseaux correspondant à un support physique nécessaire au dialogue. Il existe deux types d'application des réseaux: soit le réseau privé qui est mis en place par l'entreprise leader à la disposition de ses partenaires, soit l'appel à un réseau tiers, offrant des services additionnels comme la mise en attente des messages ou la diffusion du même message à plusieurs entreprises en même temps. Le réseau tiers peut être lui même soit généraliste, soit constitué spécialement pour les besoins d'un secteur.

    Les intervenants dans ce domaine appelés "les acteurs EDI", peuvent à leur tour être distingués en deux catégories: l'une réunissant les opérateurs télécoms publics ou privés, l'autre comprenant les utilisateurs. Ces derniers sont constitués en communauté EDI en fonction de spécificités liées à leur secteur d'appartenance.

    Néanmoins, cette distinction n'est pas d'une rigidité absolue. Elle ne doit pas occulter les relations proches et complexes qu'entretiennent ces deux groupes.

    En effet, les communautés EDI utilisent fréquemment les services des opérateurs afin d'éviter l'isolement dû à l'absence de l'intersectrialité qu'elles ne peuvent assurer elles-mêmes.


    L'EDI et la compensation bancaire

    Même s'il existe au Maroc un réseau d'échange de données informatisé, il n'est pas généralisé. Et ceci est perceptible aussi bien au niveau intrasectoriel qu'intersectoriel.

    Pour les banques, par exemple, l'existence de plusieurs réseaux de cartes bancaires, freine l'amélioration de la qualité de service, si ce n'est pas sa détérioration qui est mise en jeu. C'est pour cela d'ailleurs que les transactions interbancaires dans notre pays restent à nos jours très faibles. M. Abdellah Ben Malek, directeur central-adjoint de l'Informatique à la BCP, explique à ce niveau que la lenteur des délais de recouvrement des chèques est l'un des facteurs qui entraînent les paiements cash et par suite la disparition de flux interbancaires.

    Le délai moyen de recouvrement d'un chèque hors place bancable est de 12 jours et peut atteindre 15 jours si la place de remise en recouvrement est non bancable.

    Dans le même contexte, poursuit M. Ben Malek, I'EDI présente pour les banques un moyen qui leur permet d'innover et réduire les coûts, tels que ceux de traitement des échanges. L'avantage de l'EDI se positionne surtout au niveau des services rendus à la clientèle. Les taux d'intérêt en baisse d'un côté et la concurrence entre les banques d'un autre côté engendrent une baisse de la marge sur le métier classique d'intermédiation. La banque doit se positionner comme société de service, elle doit alors développer les "commissions de services", et ceci pour renverser la barre au point de compenser et diversifier le métier d'intermédiation dans le service. Dans certains pays d'Europe, les services génèrent des ressources considérables pour les banques. La part des commissions dans le produit net bancaire est évaluée à 25% en France et 35% en Allemagne. Ce taux atteint 40% aux Etats-Unis et 45% au Japon. Au Maroc, il est aux alentours de zéro. Donc, pour facturer leurs services, les banques marocaines doivent les améliorer; ceci passe obligatoirement par une coopération active dans le sens de l'interbancabilité et de l'échange automatisé des données entre les banques et les entreprises.

    Ainsi, les virements de salaires, par exemple, qui nécessitaient auparavant l'envoi matériel de papier à la banque, se réduisent aujourd'hui, à travers l'EDI, à une simple transmission automatique.

    Pour la Banque Populaire, ces informations sont devenues pour la majorité automatisées avec un grand nombre d'organismes CNSS, Trésor, CIMR...). "Il est impératif aujourd'hui que les banques se mettent à table pour définir les normes communes de coopération interbancaire et partant améliorer les futurs services rendus à la clientèle", conclut M. Ben Malek.

    Hicham RAIQ

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