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Eaux usées: L'industrie en pôle-position des pollueurs

Par L'Economiste | Edition N°:617 Le 15/10/1999 | Partager


· Dégradations accidentelles, agriculture, rejets domestiques... les autres agresseurs

Le Maroc court-il le risque de manquer d'eau un jour? C'est juste une question de quelques décennies, répondent les scientifiques, eu égard aux tendances climatiques, au réchauffement de la planète et aux pollutions de tout genre. Le pays est situé en effet dans une zone vulnérable et donc exposé à tous ces changements. Mais ce délai peut être considérablement raccourci si aucune action n'est entreprise pour stopper les pressions que subit cette ressource rare. Et les chiffres sont parlants.
Ainsi, le volume des eaux usées produites en milieu urbain est actuellement estimé à 500 millions de m3. La partie collectée par les réseaux d'égouts représente un volume de 370 millions de m3 dont plus de la moitié est rejetée directement en mer sans traitement. Le reste passe dans le réseau hydrographique ou épandu sur le sol. Les principales matières polluantes, véhiculées par les eaux usées domestiques urbaines, sont évaluées à 260.000 tonnes de matières oxydantes et 48.000 tonnes d'azote. S'y ajoutent 7.300 tonnes de phosphore, alors que l'impact des stations d'épuration en matière de réduction de ces substances est insignifiant. En effet, sur les 54 stations de traitement existantes actuellement, seules 35% d'entre elles sont en état de fonctionner.
Pour ce qui est de la pollution industrielle, l'image n'est guère réjouissante. Le secteur génère des déchets organiques et toxiques importants. Le volume des eaux résiduaires s'élève à 964 millions de m3, soit 89% du volume total utilisé. Les industries chimiques et parachimiques restent la source la plus importante des rejets liquides avec environ 931 millions de m3, soit 97% du volume total des eaux rejetées. Les industries du textile et cuir, pour leur part, participent à hauteur de 10 millions de m3 et contribuent à la majeure partie de la pollution engendrée par le chrome et le sulfure. Les industries agro-alimentaires contribuent par des charges importantes en matières organiques et la quasi-totalité de la pollution par les nitrates et les phosphores. Enfin, les industries mécaniques, métallurgiques et électriques produisent des rejets relativement faibles en volume, mais qui contiennent toutefois du cyanure, élément très toxique à faible concentration.
L'activité agricole n'est pas en reste. A titre d'exemple, entre 8 à 10% de l'azote utilisé comme engrais est lessivé vers les nappes d'eaux souterraines ou vers les cours d'eau. A toutes ces dégradations s'ajoutent les pollutions accidentelles dont les conséquences peuvent parfois être catastrophiques. La dernière en date est celle qui s'est produite sur le littoral de la ville de Mohammédia par les rejets de la centrale thermique.
L'ONEP a pour sa part énuméré pas moins de 100 cas de pollution accidentelle depuis 1981(1). A noter que les ressources en eau renouvelable au Maroc ne sont que de 29 milliards de m3 par an.

Abdelaziz MEFTAH

(1) Voir camembert ci-contre.

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