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Marchés Financiers

Discours Royal de Casablanca: Description de la notion d'autorité

Par L'Economiste | Edition N°:617 Le 15/10/1999 | Partager


· Réforme des pouvoirs communaux
· Un comité-investissement pour donner du poids aux changements de procédures

Deux parties différentes, mais liées, dans le Discours Royal de Casablanca, le premier de SM le Roi Mohammed VI dans la capitale économique: les méthodes de travail des autorités locales et l'appui à l'investissement privé.
Le Souverain a posé une définition des tâches des autorités locales tout en introduisant des nuances dans les liaisons hiérarchiques. C'est ainsi qu'Il a marqué que "ceux veillant sur la marche des services publics (et qui) sont les représentants de notre gouvernement dans leur domaine respectif". Il y a avec cette définition un rééquilibrage des représentations locales, placées sous l'égide gouvernementale, alors qu'au fil des ans et dans une interprétation de la Constitution il y avait eu une tendance à placer ces représentations sous la seule responsabilité du Ministère de l'Intérieur. La présence discrète mais permanente du ministre d'Etat chargé de l'Intérieur, M. Basri, au cours de la visite officielle de SM le Roi à Casablanca, met fin aux exégèses, quelque peu infantiles, sur la mise à l'écart du ministre et de son appareil. Il s'agit d'un rééquilibrage identique à celui qui s'est opéré depuis plusieurs mois au sein du gouvernement Youssoufi.
Au passage, SM le Roi donne un coup de pouce à la modernisation de l'idée même d'autorité, concept central. Le Souverain lui donne en premier lieu une définition de protection et inclut dans cette protection celle de la paix sociale, de la sécurité et de la stabilité. A part quelques petits couacs, les habitants de Casablanca ont d'ailleurs pu voir les effets du changement de conception dans la préparation du passage des cortèges officiels: moins de voies bloquées et moins longtemps, des policiers moins stressés et plus attentifs au dialogue avec les citoyens venus voir passer leur Roi.
La décrispation de la notion d'autorité, avec en prime une réforme du régime des communes, devrait aussi jouer sur la propension à l'investissement.
De ce côté, SM Mohammed VI a annoncé la constitution auprès de Lui d'un comité d'experts. Ce comité sera chargé de travailler en amont de l'investissement pour proposer des simplifications de procédures et spécialement dans les rapports avec les administrations. Ce Comité vient en sus du comité interministériel constitué l'année dernière auprès du Premier ministre. Il est géré par M. Lahlimi, ministre chargé des Affaires Générales, et travaille sur des cas concrets d'investissements bloqués. A travers ce travail, il a repéré des récurrences en matière de blocages, en particulier ceux qui viennent des administrations locales et des conflits entre administrations. Incontestablement efficaces sur les cas particuliers, ces travaux n'ont cependant pas pu dénouer les problèmes en amont. Un Comité placé auprès du Souverain Lui-même aura évidemment plus de poids, en particulier face aux guerres intestines des administrations.


Comment l'esprit d'entreprise est étouffé au Maroc


S.M. Mohammed VI a annoncé la constitution auprès de Lui d'un comité d'experts pour réduire les entraves à l'investissement.
Ce comité devrait donc donner plus de poids à ce qui est un travail de fourmis. Pris individuellement, les freins au processus d'investissement, soit pour créer une entreprise soit pour étendre une entreprise existante, sont en effet des petites entraves. Mais c'est leur accumulation qui engendre une atmosphère décourageante.
Les difficultés ne se situent généralement pas au niveau des administrations centrales. A ce niveau là, les tailles des investissements comme la qualité des hommes et des femmes de l'Administration centrale font que l'accueil est globalement bon, encourageant. Les points noirs relevés concernent quasi uniquement des calendriers non respectés de la politique économique. Le cas le plus récent est celui des protections accordées à une entreprise privatisée, la SNEP, et qui débordent aujourd'hui du calendrier initial. Ce fait stérilise les initiatives dans le secteur en amont et en aval de cette entreprise.
Il en va tout autrement dans les rapports avec les délégations locales des administrations. La qualité du personnel baisse sensiblement par rapport à celui que l'on rencontre dans les administrations centrales. Peu de ministères osent réellement pratiquer la mobilité et la formation permanentes des fonctionnaires. Pourtant, cette mobilité est aussi favorable à l'amélioration de leurs compétences qu'elle est défavorable à la constitution du clientélisme, voire de réseaux corruptifs.
S'ajoute à ce contexte une grande imprécision juridique autour de ce qu'il est convenu d'appeler "les autorisations d'exercer". Une minutieuse enquête de terrain réalisée par L'Economiste a prouvé que ce système ne garantit pas la population et les employés contre les dangers des implantations abusives, voire dangereuses. Mais, en plus, les pratiques placent les entreprises, surtout les petites, en situation d'insécurité permanente vis-à-vis de quelques employés des préfectures.
De ce fait, l'esprit d'entreprise, qui normalement est tout entier tourné vers la prise de risques pour créer des valeurs, se trouve biaisé et orienté vers des réflexes protectionnistes et clientélistes. Les hasards du calendrier ont fait que cette enquête, au demeurant très amusante en raison des aberrations qu'elle révèle, a été publiée le 1er avril 1999!

Nadia SALAH

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