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Politique

Discours du TrôneCinq ans pour boucler les réformes

Par L'Economiste | Edition N°:1823 Le 02/08/2004 | Partager

. Une urgence: la réhabilitation politique. Les élites sont appelées à jouer leur rôleDifficile de faire le résumé du discours du Trône qui, cette année, a fait le tour de tous les problèmes politiques, sociaux, économiques, religieux.... Le Souverain a réservé une partie importante de son discours à la reconstruction politique. Le Maroc a cinq ans pour réaliser des orientations royales très précises. SM le Roi, pour la cinquième année, a prononcé un discours qui dépasse le simple bilan. C'est une feuille de route claire pour l'horizon 2009. La visibilité donnée sur cinq ans, un court terme dans l'absolu et un moyen terme vu la rapidité des changements dans le monde, est une chose nouvelle. L'année dernière, le Roi n'avait pas fait de bilan. Et l'on pouvait comprendre que le traumatisme des attentats du 16 mai ait accaparé les esprits. Il fallait un discours royal qui recadre et rassure. Le réarmement idéologique était, alors, une priorité.Mais, au bout du compte, voilà deux années de suite que ce discours n'est pas qu'un simple bilan. Le Souverain est-il en train de marquer de son empreinte ce rendez-vous annuel avec son peuple? . Intérêts politiques, intérêts personnelsLa période de cinq ans, ainsi donnée, accule tous les acteurs institutionnels et sociaux à redoubler d'effort, en sachant que 2009 n'est pas très loin. Et ces questions fondamentales posées par le Roi sont vraisemblablement considérées invariables, et ce, quelle que soit la majorité au pouvoir: Sahara, transition démocratique, citoyenneté, contrat social, développement économique.Voilà qui donne les moyens réels de faire un diagnostic crédible et de jauger jusqu'à quel point ces priorités sont aptes à être relayées par les hommes d'Etat et la société civile. Une manière de responsabiliser les acteurs étatiques.D'ailleurs, dans ce discours-là, le Souverain n'a pas manqué de faire un diagnostic intransigeant. Il pointe du doigt le champ politique dont la nécessaire mise à niveau tarde à venir. «Allons-nous devoir attendre la veille de l'échéance électorale de 2007 pour rechercher un consensus superficiel et improvisé qui ne fera qu'accentuer la balkanisation de la carte politique du pays? Assurément, non!» C'est un fort rappel à l'ordre destiné aux acteurs politiques pour «réhabiliter l'action partisane sérieuse». La dernière période postélectorale avait donné lieu à un jeu d'alliance outrepassant le bon sens politique. Le dernier remaniement du gouvernement Jettou a été perçu par une grande partie de l'opinion publique comme une régression politique dans le sens classique du terme, sans pour autant juger qu'il n'était pas nécessaire de mettre au gouvernement des technocrates, pourvu qu'ils aient une légitimité de compétence. La priorité allait donc à la compétence plutôt qu'au jeu politicien devenu, à la longue, plus qu'infructueux, mais handicapant. Les milieux économiques n'ont d'ailleurs pas manqué de saluer la majorité des choix de Jettou: Mezouar au commerce, Harouchi au social… Issus de la société et des milieux d'affaires, ils sont bien placés pour faire de la politique sur le terrain. Le charivari qui s'en est suivi au sein des partis politiques, en l'occurrence le RNI, a, encore une fois, déçu une large partie de cette opinion. Laquelle a été confortée dans l'idée de la primauté des intérêts personnels de ces acteurs politiques sur celui de l'intérêt général. Ainsi, le Roi fait-il de la réhabilitation politique une priorité. Car pour l'instant et en réalité, la légitimité politique ne joue pas pleinement son rôle. Il manque encore cette «majorité homogène et une opposition constructive, qui rivalisent et alternent selon le verdict des urnes», a-t-il insisté. Il manque aussi ces «élites en phase avec leur époque, qui ne se définissent pas selon des idéologies de gauche ou de droite, mais plutôt en termes de bonne gouvernance». La faible représentativité et la crédibilité politique sont un lourd handicap que le Maroc traîne depuis son indépendance. Et il ne saurait avancer sans que ces deux éléments ne soient garantis. Le Monarque a d'ailleurs reprécisé, comme il l'a fait l'année dernière, la nette séparation entre le religieux et le politique, deux domaines qui ne se retrouvent qu'en la personne du Roi en sa qualité de Commandeur des croyants. D'ailleurs, la constitution indique clairement que l'Islam est la «religion de l'Etat qui garantit à tous le libre exercice des cultes» (article 6). Par conséquent, l'Islam ne peut faire l'objet des compétitions politiciennes. Le projet de loi sur les partis politiques a été annoncé l'année dernière. Il est toujours au stade de projet. Les raisons de ce retard sont inconnues, mais les observateurs pensent qu'il est difficile d'aboutir à un consensus entre tous les partis politiques pour faire sortir ce projet de loi, lequel va légiférer, réhabiliter l'exercice politique et le préserver des dérives intégristes. Ce problème de fond (représentativité et crédibilité) est le même pour l'exercice syndical, lui aussi indirectement visé par le Souverain. L'appel qu'il a lancé pour «un nouveau contrat social» est destiné à mettre un terme à «l'utilisation non réglementaire de ce droit (de grève) et sortir l'économie nationale de la spirale des grèves sauvages qui engendrent une autre grève, celle de l'investissement». Les syndicats sont amenés à revisiter leurs objectifs et leurs manières d'exercer leurs droits.


Les autres sujets forts

Le Souverain a décidé la création d'une institution constitutionnelle: le Conseil supérieur de l'enseignement. Lequel aura une force de proposition et sera «un outil permanent et objectif d'évaluation de la réforme soutenue et profonde du système éducatif». Cet organe vient pour renforcer la réforme de l'éducation nationale, notamment par l'établissement de diagnostics sur la manière de son application.Une nouvelle politique agricole est nécessaire. Le Souverain, par cette déclaration capitale, vient confirmer la dilution de toutes les politiques précédentes qui n'ont pas fait avancer les choses. Le monde rural, s'il a toujours retenu l'attention des discours et des volontés, ne décolle toujours pas.La question du Sahara aussi continue d'avancer avec cette offre d'autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine. Mouna KADIRI

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