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    Economie

    Discorde sur les indicateurs de pauvreté

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    La pauvreté est évidente au coin d'une rue ou au détour d'un village. Mais les indicateurs qui la mesurent soulèvent des divergences.


    Pour définir le seuil de pauvreté, faut-il raisonner en pauvreté absolue ou en pauvreté relative?
    Les chiffres présentés le 11 mars au colloque des X n'avaient pas manqué de faire réagir le ministre des Finances. Citant un rapport du PNUD pour l'année 1996 (rapport sur le développement humain) M. Benseddik, directeur des Etudes et du Développement à la CNSS, avait notamment indiqué que la population vivant en dessous de la pauvreté était de 28% en milieu urbain et de 32% en milieu rural. Le PNUD raisonnait en pauvreté absolue estimée en termes monétaires. Ces pourcentages ne représentent qu'une partie des chiffres sur lesquels s'est basé le représentant de la CNSS pour apprécier le niveau de la pauvreté au Maroc. Quoiqu'émanant d'une institution officielle (le PNUD relève des Nations Unies), les chiffres ont été jugés trop alarmistes. Sur quels chiffres doit-on alors se baser? «Les chiffres officiels sont ceux de la Banque Mondiale et de la Direction de la Statistique», est-il indiqué auprès du Ministère des Finances. Le taux de pauvreté était estimé à 50% en 1960 (Banque Mondiale), 42% en 1970 (Banque Mondiale), 26% en 1985 (Banque Mondiale+Direction de la Statistique) et 13% en 1991.

    Ce dernier chiffre ressort de l'enquête sur le niveau de vie des ménages pour l'année 1990/91. L'étude évaluait les taux de pauvreté en milieux urbain et rural respectivement à 7,57 et 17,99%. Il est important à ce niveau de préciser l'approche méthodologique. La définition de la pauvreté, selon l'enquête du niveau de vie des ménages, est fondée sur un seuil de pauvreté qui correspond à un niveau de dépense (ou de revenu) garantissant un minimum vital (quant bien même le PNUD estime que la pauvreté ne se résume pas à l'insuffisance du revenu). Toute personne ayant un niveau de vie inférieur à ce seuil est classée pauvre. Pour déterminer le seuil de pauvreté, les enquêteurs se sont basés sur les chiffres d'une enquête de la Banque Mondiale datant de 1985). Ceux-ci ont été alors actualisés par application de l'indice des prix à la consommation. Les seuils de pauvreté retenus sont, en milieux rural et urbain, respectivement de 2.439 et 2.725 DH/tête/an. Toute personne dont la dépense annuelle est inférieure à ces montants, dans son milieu, sera considérée pauvre. L'autre méthode, plus acrobatique, aurait été d'obtenir le seuil de pauvreté par la détermination, d'une part, du seuil de pauvreté alimentaire (mesuré par le coût total d'un panier de biens alimentaires), et, d'autre part, de l'allocation des dépenses non-alimentaires. Jugée «relativement fastidieuse en termes de calcul économétrique, cette seconde méthode a été abandonnée» . Le taux de pauvreté est le rapport entre le nombre de pauvres et la taille de l'échantillon où ils ont été observés. Ce taux est facile à interpréter mais reste insensible aux écarts de pauvreté: si le niveau de vie des pauvres se dégrade davantage, cet indice demeure inchangé. En fait, le taux de pauvreté à lui seul ne fournit aucune information sur le degré de sévérité de la pauvreté.

    Les chiffres contestés


    · En 1990, la population vivant en deçà de la pauvreté absolue, estimée en termes monétaires, était évaluée à 28% en milieu urbain et 32% en milieu rural.
    · Pauvreté monétaire: 75% des revenus salariaux mensuels effectivement déclarés à la Sécurité Sociale sont inférieurs à 2.000 DH.
    · Pauvres avec emplois: les salaires inférieurs au SMIG représentent plus de 60% des salariés.
    · Disparités entre milieux rural et urbain, en revenus et en accès aux services sociaux: 19% pour l'eau potable, 26% pour les voies d'assainissement.
    Le PNUD a conçu en 1996 un nouvel indicateur de la pénurie de capacité qui évalue le pourcentage d'individus n'ayant pas accès au minimum des potentialités humaines élémentaires: pouvoir s'alimenter correctement et être en bonne santé (capacité mesurée par la proportion des enfants de moins de cinq ans souffrant d'une insuffisance pondérale), enfanter dans des conditions salubres, pouvoir s'instruire et s'informer (corrélé par le taux d'analphabétisme chez les femmes). Pour le Maroc en 1993, la pénurie de capacité concernait 49,7% de la population.

    Mohamed BENABID

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