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Déontologie: Le carnet de route de la Fédération des éditeurs

Par L'Economiste | Edition N°:2401 Le 15/11/2006 | Partager

. Distinguo entre les domaines privé et public. Les éditeurs posent le droit de traiter de la gestion du pouvoir. Ils prônent la classification des informations en consacrant le principe de la transparence Une charte de déontologie en bonne et due forme, traçant les limites, mais également les domaines d’exercice de la liberté de presse. Les éditeurs des journaux nationaux, réunis dans le cadre de la Fédération qui porte leur nom, ont fait fort. Leur charte de déontologie, signée lundi soir, le 13 novembre, à Casablanca, est un manifeste pour une meilleure organisation morale du métier. L’initiative s’inscrit dans «une démarche globale», rappelle Abdelmounaïm Dilami, président de la Fédération des éditeurs de journaux et PDG d’Eco-Médias. Elle vise tout autant à «moderniser la profession» et «la prémunir», souligne-t-il. L’action a commencé avec le contrat-programme qui se penche sur les aspects économiques et, de fait, implique des actions de mise à niveau des entreprises du secteur. Elle se poursuit aujourd’hui avec la Charte de déontologie devant installer les règles de crédibilisation du métier. Une sorte de carnet de référence pour l’ensemble des intervenants dans le domaine. . La vie privée du RoiUne année de travail a été nécessaire pour aboutir à la mouture finale aujourd’hui adoptée par la quinzaine des membres de bureau de la Fédération. Une quête patiente de consensus, utile pour installer la pratique journalistique sur des fondements solides. Le principe de base de cette action a été celui de préserver la liberté de presse, sacrement de toute action éditoriale, tout en veillant à indiquer les voies d’un exercice crédible de la profession. La Charte s’est appliquée à démontrer, à ce sujet, qu’il n’y a pas de dilemme. Elle a surtout déblayé tous les terrains, levant le voile sur des non-dits, tordant le cou à des tabous et surtout initiant les chemins pour une maturation du processus démocratique. Le premier domaine ciblé est ainsi le traitement relatif à la personne du Roi et aux membres de la Famille royale. La Charte de la Fédération fait ainsi le distinguo entre ce qui relève des domaines privé et public. La violation de la vie privée tombe sous le coup de la loi. C’est, par ailleurs, inscrit dans les textes. Les membres de la Famille royale ont de fait le droit de préserver leur vie privée. Mais, il est également souligné le droit des journalistes d’informer sur les activités du Chef de l’Etat. Le propos est nuancé mais néanmoins clair. Le premier des dix articles de la Charte insiste sur «le droit de traitement journalistique de la gestion pouvoir… et le suivi des revendications de réforme» dans le pays. La référence est transparente au débat sur la réforme constitutionnelle qui prend de plus en plus forme. De quelle manière les journaux doivent-ils y apporter leur contribution? C’est également suggéré dans le texte qui met en exergue trois conditions: «professionnalisme, sérieux et honnêteté intellectuelle». Ces règles reviennent en leitmotiv dans cette charte qui veille à rappeler les bases de toute pratique professionnelle: «Vérification et recoupement des informations». La Charte invite les journaux, en cas de manquement, à diffuser des démentis. Pratique souvent négligée, mais combien utile pour la crédibilité et la bonne image. Le traitement du dossier du Sahara est également inscrit parmi les priorités de la Charte. Là encore, les nuances sont soulignées. Les éditeurs de journaux se mettent en porte-à-faux par rapport à une presse qui chercherait à «inciter ou encourager le séparatisme» et «à faire l’apologie de la violence ou à la justifier». Par ailleurs, ils soulignent le droit des journalistes à l’accès aux informations à leurs sources. En filigrane, est dénoncée l’opacité qui entoure cette question. A ce propos, la Charte soulève un lièvre. Le droit d’accès à l’information est un véritable casse-tête pour les journalistes marocains. Il met en difficulté les professionnels de la presse, mais également leurs vis-à-vis institutionnels. L’Etat serait le premier gagnant en organisant ce domaine. C’est ce qu’ont fait des pays comme les Etats-Unis, l’Angleterre ou encore des pays scandinaves. La Charte de la Fédération suggère des pistes en indiquant l’obligation de ne pas diffuser les informations de pouvant relever du «secret défense». C’est cette classification des informations que la Fédération, comme d’ailleurs les représentations professionnelles, appellent de leur vœu. L’objectif étant de favoriser la transparence. Un dernier point mais central de cette charte: le respect de la diversité religieuse, culturelle et ethnique. Pas de concession à ce niveau. C’est ce qui fait l’exception marocaine et que les éditeurs des journaux, dans une position à l’évidence politique, semblent déterminés à préserver. Dans le même ordre d’idées, la Charte dénonce «la violence et le terrorisme» et se lève «contre le discours de haine et de discrimination raciale».


Dignité humaine, principe sacré

La Charte de la Fédération des éditeurs ne pouvait en faire l’économie. Le respect de la dignité est un principe sacré. Le respect de la vie privée, de la culture, de la foi et de l’honneur des personnes. Les recommandations sont égrenées dans le texte. Le sensationnalisme tombe ainsi sous le coup de ce code voulant à l’évidence tracer la voie d’une pratique professionnelle crédible. Le pari semble difficile à relever. L’intention y est cependant. La Charte insiste sur la protection des mineurs. Il est désormais interdit, par la foi de ce texte engageant les journaux nationaux, de  publier les photos des enfants ou de dévoiler leurs identités dans des affaires liées au crime de sexe ou autres. Qu’ils soient victimes, témoins ou présumés coupables.Khadija RIDOUANE

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