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    Politique Internationale

    Démarrage en trombe de Mektoub

    Par L'Economiste | Edition N°:307 Le 04/12/1997 | Partager

    Pour un premier long métrage, Nabyl Ayouch a réussi un coup de maître. «Mektoub» a fait une première semaine fracassante et ce n'est qu'un début.


    Indiscutable, le succès du premier long métrage de Nabyl Ayouch. C'est la ruée vers les salles de cinéma. Le film a bouleversé tous les chiffres du box-office. Dès la première semaine, Mektoub a attiré 31.400 spectateurs. Il a enregistré des recettes brutes dépassant 640.000DH à Casablanca et Rabat. Un record absolu.
    «Nous avons eu les chiffres du week-end de la 2ème semaine. Le film se maintient et continue dans sa lancée. Deux autres copies seront rajoutées à partir de la semaine prochaine», affirme le réalisateur. En effet, le film sortira à Oujda et à Tétouan.
    Il faut dire que le film a bénéficié d'une forte campagne publicitaire. C'est même le premier film marocain dont la sortie en salles à été annoncée par des spots télévisés.
    Mais Nabyl Ayouch rappelle que «la publicité aide à vendre un bon produit mais n'en fait pas vendre un mauvais».
    En fait, ni le réalisateur, ni même son distributeur (La Centrale Africaine Cinématographique) ne s'attendaient à une telle réussite.
    «Il y a quelques mois, nous étions dans l'expectative. Nous nous demandions encore dans quelle mesure le film pouvait plaire et à quel public», explique Nabyl Ayouch.
    Une tournée en avant-première dans plusieurs villes du Maroc a permis un contact direct avec le spectateur afin de tâter le pouls.

    La pub, mais...


    «Si le démarrage a été aussi fulgurant, c'est en partie grâce à la publicité, c'est indéniable, mais il y a également d'autres facteurs qui ont joué», affirme le réalisateur.
    L'attitude du public marocain a changé, il est devenu plus exigeant, il demande à avoir un choix plus large, un cinéma de proximité qui lui raconte une histoire, qui le fait rêver, tout en restant proche de la réalité. C'est ce qui a été remarqué à plusieurs reprises, et soulevé lors des travaux de la journée du cinéma qui a été organisée le 16 octobre dernier(1).
    «Mektoub est un film différent et le public avait besoin de cette différence. J'ai voulu partir d'une réalité sociale forte et aller vers une fiction pure et dure», souligne Nabyl Ayouch. La réalité sociale est un scandale qui a bouleversé l'opinion publique marocaine pendant plusieurs mois: l'affaire Tabit.
    Il s'en est servi comme point de départ, «mais, dit-il, l'intérêt du film est ailleurs, il est dans le voyage du couple, dans sa découverte du pays, dans la poursuite, dans l'aven-ture...».
    Aux côtés de Rachid El Ouali, la «star fétiche», Amal Chabli dans le rôle de l'héroïne a fait un premier pas réussi dans le cinéma. Avant, elle n'avait tourné que quelques spots publicitaires. «Elle a été la grande surprise lors du casting. Elle a joué une scène très difficile et c'est elle qui s'en est le mieux sortie», explique Ayouch.

    Autre révélation du film, le jeune Faouzi Bensaidi. C'est un metteur en scène de théâtre qui joue aussi son premier rôle de cinéma.
    Le méchant a été encore une fois incarné par Mohamed Miftah. Pour le réalisateur, c'est un acteur de classe internationale. «Il crève l'écran», dit-il.
    Mektoub est une coproduction maroco-française entre Shem's et Playtime. Selon son réalisateur, le film a nécessité un budget total de 6 millions de DH. Le Fonds d'Aide en a fourni 1,2 million. S'y sont rajoutés des apports de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), la Fondation Hubert Benz et la Fondation Banque Populaire. Pour la première fois, des annonceurs ont été invités à participer par des produits en nature contre une apparition dans le générique ou dans un des plans du film. Une quinzaine de sociétés ont répondu.
    Le film a été tourné en neuf semaines, interrompues pendant quatre mois «pour des raisons politiques», explique Nabyl Ayouch.
    Il y a eu toute sorte de problèmes lors du tournage, généralement liés à l'infrastructure, les routes et l'hébergement. L'équipe a tourné dans des villages où même les pistes n'aboutissaient pas.
    Le montage images, son et mixage ont été réalisés en France. Ils sont d'une très bonne qualité.
    Mektoub représente le Maroc en Sélection Officielle du Festival International du film du Caire qui se tient du 1er au 13 décembre.

    Hanaâ FOULANI

    (1) Cf L'Economiste N°301 du 23 octobre 1997.

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