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Economie

Démantèlement tarifaire accéléré
L’industrie papetière en fera-t-elle les frais?

Par L'Economiste | Edition N°:2375 Le 04/10/2006 | Partager

. Les producteurs, en colère, se mobilisent. Un manque à gagner estimé à 100 millions de DH/an. Les investissements menacés?BRANLE-bas de combat chez les producteurs de papier et carton. Objet de la colère: un décret signé par Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie. Le texte, non encore visé par les autres départements compétents, porte sur l’accélération du démantèlement tarifaire. Une mesure qui concerne toute une liste de produits avec le papier et carton en tête. L’objectif affiché est de lutter contre la contrebande et la sous-facturation alors que les producteurs affirment que le marché est très peu touché par le commerce illicite. Quant aux problèmes de sous-facturation, les opérateurs déclarent avoir fait des propositions concrètes au gouvernement, notamment la mise en place de centres techniques de contrôle pour aider les douaniers à détecter les fraudes, en particulier sur les nomenclatures ou la qualité et grammage du papier. Ils étaient presque tous là, lundi dernier, pour une réunion de crise au siège de la CGEM: Aziz Qadiri, président de la Fédération des industries forestières, de l’emballage et des arts graphiques (FIFAGE), Youssef Fassi Fihri, DG de Papelera de Tetuan, Mohcine Sefriou, PDG de Safripac, Mounir El Bari, président de l’Association des fabricants et producteurs de papier (AFPAP) et DG de Sifap et Hicham Kadiri, président de l’association des fabricants de carton ondulé (AFCOM) et par ailleurs directeur général de CMCP. «Un symbole fort, signe que la confédération nous soutient», déclare à l’Economiste le président de la FIFAGELes producteurs et fabricants dénoncent le manque de concertation qui a entouré cette décision et estiment que celle-ci pourrait mettre en péril leurs entreprises. «Cette décision si elle est appliquée ne serait ni plus ni moins la signature de l’arrêt de mort du secteur», lance Qadiri. Et d’ajouter: «Au moment où nous sommes en train de clôturer nos budgets, le gouvernement nous annonce cette mesure. On ne sait plus à quelle sauce on va être mangé». Le secteur de fabrication de papier emploie actuellement 1.800 personnes et affichait un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de DH en 2005 pour une production de 200.000 tonnes. Les entreprises sont toutes en région: Tanger, Tétouan, Meknès, Kénitra et El Jadida. La crise que déclencherait la nouvelle tarification toucherait aussi quelques milliers d’emplois indirects, soutiennent les papetiers. En effet, les ramasseurs de vieux papier pourraient subir la pression sur les prix. Ils fournissent aux fabricants entre 40 et 100% de la matière première, soit quelque 80.000 tonnes par an. Le secteur est en cours de réorganisation et de valorisation, affirment les papetiers. Une étude sur l’amélioration des filières de ramassage est menée avec l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME). Cette étude devrait pousser à optimiser la collecte. Le papier recyclé n’intervient aujourd’hui que pour 2,5 kg dans les 13 kg consommés annuellement par les Marocains.Même les mesures de compensation, censées «faire passer la pilule» et promises par le gouvernement «sont restées lettre morte», dénonce la profession. En effet, plus question de réduction du coût de l’énergie après la flambée des prix du pétrole. A l’heure où nous mettions sous presse, nous n’avons pas pu recueillir l’avis du département de Mézouar.Le démantèlement tarifaire n’est pas une surprise. Il devait se faire néanmoins d’une manière graduelle, de sorte à laisser le temps aux entreprises de s’y préparer. Pour l’accord d’association avec l’UE celui-ci est de 10% l’an. Or le décret, selon les papetiers, accélère ce processus et le taux passera pour le droit commun de 50 à 25% pour le papier et de 32,5 à 10% pour la pâte. De ce fait, expliquent-ils, les taux pour le papier, selon l’ALE avec l’UE vont dégringoler de 30 à 12,5% en 2007. Un manque à gagner pour la profession estimé à 100 millions de DH par an. «C’est énorme!», s’indignent les papetiers unanimes. Compte tenu de la concentration des échanges extérieurs du Maroc avec l’Union européenne, cette baisse «disproportionnée» aura des retombées néfastes sur le secteur». Pour nous, il n’y aura pas d’alternative. Ce sera la fermeture», insiste Fassi Fihri. «Nous travaillons déjà sur des marges de 5% et on nous impose des baisses de 15%, c’est impossible», se plaint, pour sa part, Sefrioui. Pour se préparer à l’ouverture totale des frontières en 2012, les industriels ont entamé une série d’investissements pour leur mise à niveau. Ceux-ci ont atteint, l’année écoulée, plus de 356 millions de DH pour: Safripac, Sifap, Sipat, Papelera de Tetuan, CMCP, Lex-papier, et en amont Cellulose. Pour les trois prochaines années ce ne sont pas moins de 1,32 milliard de dirhams d’investissement qui sont programmés.Amine BOUSHABA

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