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Démantèlement d’une cellule terroristeL’émir récidiviste avait changé d’obédience

Par L'Economiste | Edition N°:2337 Le 09/08/2006 | Partager

. Lahssen El Khattab n’avait eu que deux ans de prison ferme dans l’affaire de la Salafia Jihadia. Le groupe a été pris au moment où il organisait des élections!. Cinq militaires transférés au tribunal des arméesUn peu plus de trois ans après les attentats de Casablanca, le 16 mai 2003, la menace terroriste plane toujours. Les services de sécurité ont démantelé plusieurs cellules, mais celle qu’ils ont arrêté fin juillet et début août est la plus importante de toutes, du moins numériquement: 44 personnes, dont 5 relèvent des autorité militaires (cf. notre édition du 8 août 2006.www.leconomiste.com). Fin juillet dernier, six cellules terroristes ont été démantelées par les services centraux de la DST (direction de la surveillance du territoire). Ainsi, les 44 personnes appartiennent à une nouvelle mouvance baptisée «Jamaât Ansar El Mahdi» (voire encadré). 33 d’entre elles ont déjà été déférées devant le juge d’instruction, Abdelhak Echentouf, le spécialiste national des affaires de terrorisme. Si l’on croit une source à l’annexe slaouie de la Cour d’appel de Rabat, où se trouve le QG d’Echentouf, «l’instruction préliminaire a été bouclée le 8 août pour le premier groupe arrêté». Le juge d’instruction a ordonné la mise en détention préventive des 33 mis en examen pour «association de malfaiteurs» et «terrorisme». Ces prévenus doivent également répondre à une inculpation plus grave: «Complot contre l’Etat marocain» et «terrorisme envers les citoyens», souligne la même source. 11 autres personnes de ce groupuscule ont été arrêtées et déférées devant le ministère public près la Cour d’appel de Rabat la semaine dernière. Elles sont mises en examen sous les mêmes chefs d’inculpation. Quant aux cinq militaires, tous subalternes et employés à la base aérienne de Salé, ils ont été arrêtés à Hay Inbiaât, un quartier de constructions «clandestines» de Salé. Ils ont été arrêtés avec leurs épouses qui sont mises en examen pour «appartenance à une jamaâ islamia interdite ». Les hommes, peut-être impliqués par leurs épouses, tombent sous le coup de la loi militaire et ont été transférés au tribunal des armées. Eux aussi sont accusés de «complot contre l’Etat» et «terrorisme», mais en plus ils devront répondre «d’avoir enseigné le maniement des explosifs aux membre de la jamaâ», souligne-t-on dans l’entourage du juge d’instruction.Contactée par L’Economiste, une source à la DST indique que «les arrestations sont intervenues à un moment où les prévenus préparaient les élections des émirs des six cellules au quartier Inbiaât à Salé». Les enquêtes, dit le communiqué officiel du ministère de l’Intérieur, «ont révélé que ce groupe envisageait de financer ses activités par le recours au braquage d’institutions financières et de convois de transport de fonds, ainsi qu’aux moyens de collectes d’argent». Les fonds devaient également venir des «contributions de certains de ses membres, ainsi que des crédits de consommation contractés par les émules de ce groupuscule». Aux domiciles des prévenus, la police a trouvé un scanner et une imprimante couleur devant servir à falsifier des billets de banque. Les limiers de la PJ ont également trouvé un talkie-walkie, des explosifs artisanaux, des matériels de laboratoire et des tracts de propagande.La Brigade nationale de la Police judiciaire et les Renseignements généraux ont participé à la surveillance et à l’arrestation du groupe aux côtés des agents de la DST. Les enquêteurs étaient sur la piste du groupe depuis plusieurs mois. Le groupe comportait six cellules, qui projetaient de perpétrer des actes terroristes dans plusieurs villes. Le recrutement et l’endoctrinement des membres ont été réalisés dans les régions de Tétouan, Sidi Yahya El Gharb, Sidi Slimane, Salé, Casablanca, Youssoufia et Béni Mellal.


Emir récidiviste

L'émir du groupuscule, Jamaât Ansar El Mahdi, est Lahssen El Khattab. Une personne connue des services de polices et qui a déjà eu maille à partir avec la justice: il a été condamné dans l’affaire de la Salafia Jihadia qui a éclaté après les évènements du 16 mai 2003. Il n’avait écopé que de deux ans de prison ferme, ce qui avait étonné plusieurs responsables de l’appareil judiciaire eu égard à la gravité des chefs d’inculpation qui le frappaient. En prison, il est resté très actif. Il a été l’un des instigateurs des grèves de la faim des prisonniers salafistes en 2005 à la prison d’Outita à Sidi Kacem, où El Khattab a passé la majeure partie de sa peine. Une rumeur dit qu’il a bénéficié d’une grâce, soit par complicité et corruption soit par pression de son groupe sur le ministère de la Justice. Cette rumeur est fausse: c’est sa peine qui était disproportionnée avec les faits qui lui étaient reprochés.. Chiisme d’obédience iranienneJamaât Ansar El Mahdi, qui vient d’être démantelée par les services centraux de la DST, est d’obédience chiite. Elle fait partie de plusieurs groupuscules islamistes très influencés par la révolution islamique iranienne de 1979. C’est dans les années 80, une décennie marquée par l’enracinement de cette révolution islamique, que les prémices de ce courant apparaissent au Maroc. Les premiers éléments à être influencés par cette mouvance sont les membres de la Chabiba islamia ayant fait le voyage jusqu’en Iran pour «étudier la révolution islamique». Conscients de l’importance prise par ce mouvement et surtout de la gravité de son idéologie, qui prône une révolution islamique à l’iranienne au Maroc,  les services de sécurité procèdent à des arrestations, dès le milieu des années 80, notamment dans les rangs du «Mouvement des moudjahiddine marocains», le plus connu parmi les chiites du Maroc. Depuis, les groupuscules de cette obédience se font très discrets, mais les dernières arrestations montrent qu’ils n’avaient pas disparu.Naoufal BELGHAZI

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