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Economie

Déficit hydrique
Une thérapie de choc enclenchée

Par L'Economiste | Edition N°:2842 Le 18/08/2008 | Partager

. Transfert des zones excédentaires vers celles déficitaires. Une opération de 4 milliards de DH en gestation. Zones prioritaires: El Haouz, Tadla, Tensift, Chaouia…SI le déficit hydrique s’accentue d’année en année, il reste cependant localisé. Même s’il gagne du terrain dans plusieurs zones surexploitées, le problème de la raréfaction de la ressource est néanmoins circonscrit. En même temps, le Maroc dispose d’importantes nappes éparpillées dans d’autres régions, lesquelles sont souvent excédentaires (le Gharb, le Nord, le Rif…).Face à cette problématique antinomique de l’excédent/déficit, une solution d’urgence s’impose. Un procédé de transfert du surplus des eaux excédentaires des bassins du Nord vers ceux du Sud est en cours d’étude. C’est la première fois que le transfert se fera de bassin à bassin. Des études techniques ont été lancées ces derniers mois pour mener cette opération dans les plus brefs délais. De source sûre, le démarrage de cette opération de transfert sera enclenché en 2009. Dès l’année prochaine, le coup d’envoi de la première tranche de cette opération sera donné. L’on prévoit également d’introduire cette action dans le projet de loi de Finances 2009.Le coût de la première phase de cette opération est estimé à 4 milliards de DH. En tout et pour tout, le procédé de l’ensemble des transferts devra porter sur un budget global de quelque 30 milliards de DH, précise un cadre du Secrétariat d’Etat à l’Eau.Globalement, les zones bénéficiaires de la première tranche sont celles qui connaissent une grande pression sur les ressources en eaux souterraines. A noter que la région des Doukkala est répertoriée comme étant une zone qui pâtit d’un gros déficit hydrique. Autre zone jugée prioritaire, le Haouz. «Cette région connaît une grande pression sur ses ressources en eaux souterraines ayant engendré une surexploitation avancée de certaines nappes, notamment celle du Haouz-Mejjate», précise un rapport du Secrétariat d’Etat à l’Eau. Parallèlement, l’approvisionnement de Marrakech, ville qui connaît une urbanisation galopante (projets touristiques, immobiliers, industriels…) induisant une forte demande en eau, ne peut désormais être assuré que si l’on recourt au procédé du transfert, déduisent des experts.A cet effet, l’opération bénéficiera dans un premier temps aux périmètres du Haouz, Tensift, Tadla, Tassaoute, Doukkala indirectement, Chaouia, R’hamana…Des zones où même si les eaux de l’Oum Rbia sont mobilisées dans leur totalité, «elles n’arrivent plus à satisfaire les besoins croissants», précise un rapport du département de tutelle.Aujourd’hui, la croissance démographique, l’urbanisation tous azimuts, les aléas climatiques, la pollution, la désertification, la concentration d’activités industrielles, touristiques, voire agricoles… sont autant de facteurs qui expliquent les grandes pressions sur la ressource. Le gaspillage et la mauvaise utilisation de l’eau par le ménage en sont également pour beaucoup.Par ailleurs, si les moyennes annuelles des précipitations atteignent plus d’un millier de mm dans le Nord. Dans le Sud, elles ne dépassent guère les 33 mm. C’est le cas notamment dans les bassins du Moulouya, dans le Tensift, le Souss-Massa et la zone saharienne. Ce qui représente environ 85% de la superficie nationale.Au sud du pays, le nombre de jours pluvieux ne dépasse guère la trentaine par an. Mais il n’y a pas que le Sud qui inquiète. De l’avis d’experts, la région Centre est à son tour sérieusement menacée. Or, à lui seul, le Centre compte près des deux tiers de la population totale du pays. Une zone qui représente, rappelons-le, le principal axe économique du pays avec la concentration d’activités industrielles, minières, agricoles... Ce qui est encore plus préoccupant, c’est que le déficit touche des zones à vocation agricole. A noter que parmi les cultures qui consomment beaucoup d’eau, l’on trouve les agrumes avec des besoins de 9.000 m3 par hectare. Autre fruit qui demande beaucoup d’eau, la tomate (8.000 m3 par hectare). La tomate sous serre a besoin de 7.500 m3/ha. Idem pour l’olivier, 6.900 m3/ha… Pour faire face à ces besoins, les experts sont unanimes. Il n’y a pas d’autre solution, exceptée celle du transfert du surplus des eaux excédentaires des bassins du Nord.


15 ans de surplus!

LA première tranche de transfert d’eaux des bassins programmée pour l’année prochaine prévoit le transfert du surplus du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, dans la région de Rabat. Si ce barrage a été retenu, c’est parce qu’il est surélevé. Ce qui lui permet de disposer d’un excédent d’eau qui va encore durer. L’on parle de 15 à 20 ans de surplus! D’aucuns se demandent si le prélèvement de la ressource d’une région et son transfert vers une autre ne doit pas être rétribué à la zone d’origine? Une remarque recevable, certes. Mais le cas échéant, la question ne se pose pas. Pour la simple raison que le prélèvement ne prive pas la région source de son eau. C’est un excédent qui est évacué d’habitude dans la mer. Amin RBOUB

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