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Culture

Debbouze: «Ma mère, c’est l’homme que je préfère»

Par L'Economiste | Edition N°:1794 Le 21/06/2004 | Partager

. Il joue son one man show à guichets fermés. Portrait d’un «jeune comédien» engagé dans l’action sociale «Comment je définirais ce show, on va dire que c’est celui de la maturation» (au lieu de maturité). Jamel ne peut pas répondre à une question sans un brin d’humour. Et les spectateurs marocains ne demandent que cela. Jamel Debbouze a choisi cette période estivale, pour entamer sa tournée au Maroc et présenter son deuxième one man show «100% Debbouze». L’annonce de la tournée ne laisse pas indifférent. Selon le staff de Jamel, à Casablanca et Marrakech, les deux villes où il se produira, tous les tickets sont vendus. C’est d’ailleurs pour cela que l’humoriste a annoncé une date supplémentaire, le 26 juin, pour les Casablancais. Ce spectacle de Debbouze est à grande connotation autobiographique. Il porte essentiellement sur ce que cet artiste a vécu, durant ces trois dernières années. C’est selon lui, le spectacle le plus difficile qu’il a eu à préparer. «Je sors d’un succès, celui du film Astérix. Je ne peux pas me contenter d’un texte moyen. C’est ainsi. Le succès est avant tout un handicap», dit-il. Une heure et demie durant, Jamel raconte des épisodes de sa vie professionnelle: «Le fabuleux destin d’Amélie Poulain», «Astérix», la chanson avec le rappeur américain Snoop Doggy Dog et d’autres. Mais aussi sa vie privée et familiale, comme son déménagement de Trappes à St-Germain-des-Prés. En France, où la première du spectacle a eu lieu le 23 décembre 2003, les critiques n’ont pas tari d’éloges. Mais c’est ici au Maroc que Jamel veut se laisser griser par son succès. «C’est toujours un vrai plaisir que de jouer devant la famille», dit-il. Les motivations artistiques et le désir de partage avec le peuple marocain ont mené Debbouze dans une tournée «survitaminée». A l’image de ses prestations sur scène, qui reste pour lui le meilleur support artistique. Le contact direct avec le public sera déterminant: ou ça passe ou ça casse. Si on lui demande sa définition de l’artiste, ce n’est sûrement pas celle de la version «Star Academy» qu’il va donner. Pour Jamel, quand on est artiste, on le sent partout dans son corps et dans sa tête: «c’est viscéral». «On ne devient pas artiste parce que le directeur de la chaîne l’a voulu. Ou encore à coup de prime et de maquillage». S’il est si sévère dans sa conception et définition de la célébrité, c’est bien parce qu’il appartient à cette génération d’artistes qui ont dû «galérer comme des chiens» pour réussir. Il n’oublie pas d’adresser un «merci» sincère à Smain, un nom-phare de la scène humoristique magrébine en France, qui «lui a ouvert la porte et lui a permis de faire ce qu’il aime, à savoir la scène». Le «jeune comédien», comme aime à se définir Jamel, refuse aussi toute forme d’intolérance. «Je me bats tous les jours pour faire comprendre à qui veut m’entendre qu’Arabe ne rime pas avec extrémiste. C’est dans ce sens que juste après le 11 septembre, j’ai organisé l’anniversaire de Puff Duddy à Marrakech. Et croyez-moi, les 300 New-Yorkais qui étaient présents, sont tous repartis avec des djellabas et des babouches». Son action auprès de L’Heure Joyeuse a été fortement appréciée. Sa relation avec son entourage et plus précisément, sa petite famille, reste très forte. «Ce sont eux qui me permettent de relativiser et de garder les pieds sur terre». D’ailleurs, ce n’est pas sa Ferrari noire, ou son «appart» à Saint-Germain, qui empêcheront son père de l’envoyer chercher une demi-baguette de pain. Quant à sa mère, elle restera «l’homme qu’il préfère».


«Nous sommes en phase d’élaborer les plans du projet de studio»

- L’Economiste: Où en est votre projet de création de studios à Marrakech?- Jamal Debbouze: Malheureusement, le projet va prendre un peu de retard, car je me suis séparé de mes premiers associés. Actuellement, c’est Luc Besson qui nous a rejoints. Une chose qui me fait plaisir d’ailleurs. Nous avons bouclé le volet financement. Et nous sommes en phase de définir les plans du projet qui contiendra entre autres, une école de l’audiovisuel. - Est-ce qu’il n’est pas difficile de faire rire les gens, surtout que les bons humoristes ont la réputation d’être de grands tristes?- C’est beaucoup plus facile de faire rire que de faire pleurer. Mais forcément, il existe une tristesse. D’ailleurs, pour pouvoir être «marrant», il faut avoir une profonde tristesse. Personnellement, je suis très heureux actuellement, mais dans mes moments de tristesse, je suis tellement chargé que ça me donne de l’inspiration. Il s’agit de parvenir à un équilibre. - En parlant d’inspiration, quelle en est la source pour Jamel?- La force des comiques et des humoristes, c’est de pouvoir voir des choses auxquelles les gens ne prêtent pas forcément attention, mais qu’ils font chaque jour. Je peux ainsi m’inspirer de vous, de lui, de la vie. Il n’y a pas de source précise. Je réagis à ce qui me touche. D’une manière générale, je capte tout ce qui me procure une sensation. Mais j’ai une petite règle. Dès que ça suscite quelque chose en moi, je suis sûr que cela fonctionnera sur scène. - Quel regard portez-vous sur votre travail?- Rien n’a jamais été facile pour moi. Je me suis fait tout seul. Ce qui veut dire, beaucoup de travail, de persévérance, et parfois un peu de tristesse. Mais cela reste mon combat, et c’est à moi de le gérer. Aujourd’hui, c’est encore plus difficile, car il faut garder le niveau si ce n’est l’améliorer. J’essaie de travailler toutes mes apparitions à la télévision ou sur les différents supports médiatiques. Je suis stressant avec les gens qui m’entourent, car je doute. Mais, c’est notre métier et c’est ce qui nous permet d’avancer. - Comment vous voyez-vous dans 10 ans?- Dans 10 ans, j’aurais 39 ans mais je garderai toujours le physique d’un «beau gosse» de 27 ans. Je serais au bord d’une piscine à Marrakech, en compagnie de Melyssa Milano. Nous aurons plusieurs enfants, car j’adore les enfants, et nous mangerons du makfoul et de la tangia. Et ma mère sera derrière moi pour m’ordonner de me laver les mains avant de manger. Trêve de plaisanteries, je n’ai pas de plan de carrière. Jusque-là, je n’avais rien prévu. Tout est arrivé à moi, par le coeur que je mettais à l’ouvrage.Propos recueillis par Houda BENBOUYA

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